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Un projet écologiste européen pour répondre à l’ampleur de la crise écologique, économique et sociale

mercredi 6 août 2008

un texte repris du site des verts

La crise alimentaire qui secoue la planète a révélé à ceux qui ne voulaient pas le voir combien les tensions sur les ressources naturelles allaient conditionner l’avenir. La persistance et l’aggravation des inégalités ; les menaces nées du dérèglement climatique ; la coïncidence de crises globales majeures (alimentaire, énergétique, financière...) et leurs conséquences pour la stabilité politique de plusieurs régions du monde... Autant d’enjeux qui vont dessiner le siècle à venir et justifient, si nous voulons préserver la paix et élargir la démocratie, la poursuite et l’approfondissement de la construction européenne. L’Europe, espace politique, social et culturel en constitution, mais espace économique déjà plus ou moins unifié, est le seul échelon pertinent d’articulation des tentatives de régulation mises en œuvre par les Etats et les collectivités territoriales et locales. Pour prévenir et corriger les désordres du monde, c’est au plan européen qu’il faut penser l’action, et peser sur les décisions publiques.

De ce point de vue, le projet proposé par l’Elysée et le gouvernement pour la présidence française de l’Union manque singulièrement d’ambition. Pire : du fait des déclarations et des gesticulations du chef de l’Etat, nos partenaires européens s’interrogent sur la constance et l’ampleur de notre engagement, et sur cette navrante et persistante obsession à ne voir dans l’Europe que « la France en plus grand ». D’autant que le « non » irlandais confirme la panne d’une Union Européenne vécue d’abord comme un espace économique ultra-libéral, panne que ne résoudra pas un nouveau bricolage au sommet. C’est une refondation de l’Europe qui est à construire avec les citoyens européens, et répondant à leurs attentes ; une Europe fédérale écologique, sociale et politique, préparée par l’élection d’une Constituante. Cette nouvelle Constitution européenne devra être ratifiée par referendum par l’ensemble des peuples des 27 pays en même temps.

Les choix proposés comme priorités de la présidence française ; eux restent marqués par le court terme et par une incapacité flagrante à prendre acte de l’ampleur des changements en cours.

Les Verts ne sont évidemment surpris ni de cette faiblesse ni des contradictions qui s’expriment dans l’entourage du Chef de l’Etat. Mais ils n’attendaient pas en tout cas de Nicolas Sarkozy qu’il porte l’ambition d’une Europe levier du développement soutenable.

Cette ambition, les Verts devront l’exposer aux citoyens, pendant la durée de la Présidence française, puis lors des élections européennes de juin 2009. Pour l’expliquer, les Verts pourront s’appuyer sur le travail programmatique du Parti Vert européen (PVE), dans une démarche réellement européenne et non strictement nationale.

À partir du manifeste du Parti Vert Européen, tel qu’il sera élaboré dès le Conseil de Paris (octobre 2008) et finalisé à Prague au printemps 2009, Les Verts développeront, au cours des douze mois qui viennent, leurs propositions pour : Une Europe de la paix, respectueuse de l’environnement, au service des droits humains et de la non-discrimination ; une Europe solidaire des pays du sud ; Une Europe démocratique, écologique et sociale, solidaire des pays du sud ; Une Europe qui prend à bras le corps les grands enjeux du changement climatique, de la gestion des ressources (eau, énergies, terres arables), qui rompt avec le productivisme destructeur des biens (la PAC) et des personnes (social et services publics) ; Une Europe des citoyens qui donne tout son sens à la vie politique et qui structure une dynamique constitutionnelle ; Une Europe active sur le plan international pour permettre des rapports équilibrés Nord-Sud et qui anticipe les migrations climatiques dans sa dynamique d’accueil.

Le programme se déclinera autour de l’axe central de la décroissance de l’empreinte écologique au niveau de l’Europe et du refus du libéralisme, avec des axes prioritaires :

1/ Faire de la lutte contre le changement climatique la priorité du mandat 2009 - 2014 par une politique volontariste d’économie d’énergie, de développement des EnR, accompagnée par un programme de sortie du nucléaire,

2/ Promouvoir une politique européenne de préservation de la biodiversité et faire entrer la nature dans l’aménagement du territoire. Privilégier la ville durable et les constructions écologiques.

3/ Développer une agriculture de qualité, produisant autrement, soucieuse des équilibres territoriaux et alimentaires sur l’ensemble de la planète

4/ Construire une politique sociale européenne qui rejette le dumping social, l’aggravation des inégalités, préserve les services publics et promeuve une harmonisation par le haut des droits sociaux notamment dans le travail et la santé

5/ Faire de l’Europe un outil de régulation de la mondialisation économique et financière

6/ Produire et consommer autrement

7/ Faire de l’environnement un moteur pour l’innovation par la recherche et l’éducation

8/ Donner la priorité à la santé environnementale : prévenir avant de guérir

9/ Soutenir une Europe modèle contre la corruption et le népotisme

10/ Instaurer une citoyenneté européenne et à chaque échelle de territoire dans le cadre d’un fédéralisme à visage humain

11/ Faire respecter les droits culturels de chaque individu se trouvant sur le territoire de l’Union

12/ Travailler à la construction d’un espace Euro-méditerranéen, en partenariat avec les sociétés civiles concernées, et d’espaces pertinents autour des Outremers,

13/ Mettre en œuvre une gouvernance planétaire et anticiper la question des réfugiés politiques, économiques et climatiques.

14/ En ce qui concerne l’égalité des droits entre les femmes et les hommes, faire de l’adoption de la « clause de l’Européenne la plus favorisée » le but à atteindre.

15/ Redéfinir une politique de l’immigration respectant les droits humains fondamentaux, dont la liberté de circulation et d’installation, le droit au regroupement familial. Restaurer véritablement le droit d’asile.

Pour y parvenir, les Verts entendent confronter et enrichir leurs propositions et leurs modes de parole et d’action avec celles et ceux qui incarnent, hors le champ des partis, l’écologie : militants associatifs ou syndicaux, militants des droits humains, des luttes altermondialistes, militants des partis régionalistes, acteurs de l’innovation sociale et de l’économie verte, de la protection de l’environnement, des solidarités locales et globales, de la lutte contre les discriminations...

Nous voulons faire le pari que cette ouverture sera féconde.

D’abord, sur le plan politique, en ce qu’elle pourra permettre une recomposition et un élargissement de l’écologie politique. Ensuite, sur le plan électoral, parce que nous aurons transmis aux électeurs la conviction que nous avons entendu leurs aspirations à une écologie forte et rassemblée, fière d’elle-même et de ses propositions, capable d’aller plus loin que le diagnostic des crises, capable de proposer, d’expliquer et de mettre en œuvre les transitions et les mutations nécessaires. Ce faisant, les Verts s’attacheront à réduire l’écart persistant entre, d’une part la perception de plus en plus large dans la société française des enjeux et des risques écologiques et, d’autre part, notre insuffisante capacité à traduire ce changement des perceptions en résultats électoraux. Nous inviterons notamment José Bové, Dany Cohn-Bendit et Nicolas Hulot à participer à un débat, lors des Journées d’Eté, sur le projet politique et les conditions d’un rassemblement des écologistes pour les Européennes de 2009.

Notre stratégie doit être pensée en cohérence avec toute la séquence politique 2008-2012. Si nous souhaitons la victoire d’une majorité de gauche et des écologistes aux élections Présidentielle et Législative, nous savons que celle-ci ne saura engager véritablement les mutations nécessaires que si, dans cette majorité alternative, les Verts pèsent ; si, dans le projet que soutiendront les électeurs, l’écologie est bien plus qu’un petit plus. Pour réussir l’ensemble de cette séquence politique, les Verts doivent réussir les élections européennes.

Il est trop tôt pour désigner aujourd’hui celles et ceux qui seront les porte-parole d’une telle démarche. Au préalable, un dialogue sans exclusive doit s’ouvrir, en particulier aux Journées d’Eté. Lors du Cnir de septembre 2008, devront être arrêtés les contours, les conséquences organisationnelles et les modalités concrètes (calendrier, modes de désignation des candidats...) de préparation du projet européen dans le cadre d’un rassemblement des écologistes, et en lien avec le PVE.

D’ores et déjà, le Conseil national interrégional des Verts, appelle à la constitution de listes écologistes de rassemblement pour les élections européennes de juin 2009. Politiquement autonomes, ces listes proposeront un projet pour l’Europe, fondé sur les valeurs de sobriété et de solidarité, pour la décroissance de l’empreinte écologique de notre continent.

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