Filmer, échanger, reportage de 5 jeunes landais entre Aquitaine et Pérou
Un article repris de la page de présentation du site "Filmer Echanger qui rend compte de cette initiative de solidarité et placé sous une licence creative commons
Notre projet s’inscrit dans la démarche actuelle de réflexion autour du modèle de développement de nos pays dits « développés ». Ainsi, nous nous montrons soucieux de promouvoir les valeurs humaines et solidaires au sein des échanges économiques.
Nous comptons réaliser un reportage documentaire sous forme de film abordant les thématiques du commerce équitable et de l’économie sociale et solidaire. Celui-ci est destiné à être utilisé comme support pédagogique à disposition de nos partenaires péruviens et comme instrument de sensibilisation en France.
Depuis mars 2008 nous avons filmé divers acteurs du commerce équitable en France (grandes surfaces, associations, boutiques indépendantes, marques) et une Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) : initiative originale d’économie sociale et solidaire. La première partie du reportage est aujourd’hui terminée.
Du 02 juillet au 04 août 2008, nous nous sommes rendus au Pérou afin de réaliser la seconde partie du reportage. Nous avons pu visiter de nombreuses coopératives et nous entretenir avec des acteurs du commerce équitable et de l’économie sociale et solidaire du Pérou (fédérations d’artisans, banques solidaires, coopératives, tourismes alternatif et responsable...).
Réflexion d’équipe
Notre réflexion d’équipe est axée en premier lieu sur le rapport des pays du Nord et du Sud, c’est à dire un rapport déséquilibré, profondément injuste. Les pays du Sud sont vus seulement comme des tiers productifs où nous pouvons imposer notre culture occidentale. En second lieu, nous considérons le système de consommation et de production dominant comme néfaste pour l’Homme, tant il détruit le lien social, renforce l’individualisme et le repli sur soi.
De fait, nous nous soucions de faire prévaloir des valeurs humaines, d’entraide, de partage, de souci de l’autre mais aussi de modération et de responsabilisation de la consommation. Ainsi, nous souhaitons découvrir et promouvoir des systèmes alternatifs, comme les Systèmes d’Échanges Locaux, les Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne ou le Commerce équitable, bref, l’économie solidaire
Le reportage documentaire sous forme de film
Le principe
Échanger sur l’économie solidaire. C’est à dire échanger nos visions différentes du commerce équitable, puis plus généralement des idées concernant l’économie solidaire, autrement dit comment faire ici et ailleurs pour rendre ce monde plus juste. C’est aussi partager nos points de vue sur un modèle de développement. De quelle manière ? En tournant un reportage en deux parties complémentaires.
Première partie, en France
Ici on se concentrera sur le commerce équitable dans la mesure où il est la partie émergée de l’« iceberg » économie solidaire : le commerce équitable est extrêmement médiatisé et se voit relativement bien connu par les Français, tout du moins de nom. On explorera la vision du commerce équitable en France, son avenir, ses questions par ses différents acteurs. On explore également les pistes de l’économie sociale et solidaire en France par le biais de l’AMAP PCA (tout en restant conscient de ce qu’il existe de nombreuses autres initiatives, comme les Systèmes d’Échanges Locaux (SEL) par exemple). Ce film sera monté en mai-juin en France pour ensuite être diffusé au Pérou puis complété au retour par le film péruvien.
Programme du tournage
a) Micro-trottoir dans un rayon « commerce équitable » d’un supermarché. Questions types : est-ce que vous achetez beaucoup de produits issus du commerce équitable ? Pour quelles raisons ? Pourquoi achetez vous des produits issus du commerce "traditionnel"…
b) Entretien avec M. Puech, directeur du magasin Carrefour de Mont-de-Marsan ; ici il est question de la pratique et de la vision du commerce équitable par la grande et moyenne distribution. Questions types : qu’est-ce que gagnent et perdent les enseignes de la grande et moyenne distribution à commercialiser des produits du commerce équitable ? Quelle est votre manière de pratiquer le commerce équitable ? Qui sont les consommateurs de commerce équitable ?
c) Entretien avec un représentant de la marque française de commerce équitable Alter Eco. Questions types : quel est le fonctionnement d’Aler Eco ? Comment se fait le choix des producteurs ? Quelles sont les retombées concrètes pour les producteurs ? Commerce équitable et grande distribution vont-ils bien ensemble ?
d) Entretien avec la boutique Artisans du Monde de Bordeaux. Artisans du Monde est l’instigateur historique du commerce équitable en France. Questions types : Comment fonctionne la fédération Artisans du Monde ? Quel rapport avec la grande distribution ? Le commerce équitable, aménagement du mode de développement ou volonté de changement ? Rapport à l’économie sociale et solidaire.
e) Entretien avec la boutique Alter Mundi de Bordeaux. Alter Mundi est une chaîne française de distribution de produits issus du commerce équitable. Questions types : identiques à celles d’Artisans du Monde.
f) Entretien avec M. Vilches, consul honoraire du Pérou à Bordeaux, et responsable de la Maison du Pérou, boutique de commerce équitable péruvien créée il y a 20 ans et fonctionnant directement avec les artisans, sans intermédiaire. Questions types : pourquoi ne pas travailler avec des coopératives ? Le commerce équitable au Pérou, une "révolution" ?
g) Visite de l’Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP) gérée par l’association des Paysans et Consommateurs Associés (PCA) basée au cinéma bordelais d’Art & Essai Utopia. Les AMAP sont des initiatives rangées sous l’étiquette de l’économie sociale et solidaire. Questions types : lorsque l’on est un consommateur, que gagne-t-on et perd-t-on à venir dans une AMAP ? Quels sont les objectifs d’une AMAP ? Qu’est-ce que l’économie sociale et solidaire ?
Ce premier film est élaboré en relation avec nos partenaires péruviens. En effet, pour un support d’échange efficace, il nous faut connaître leurs besoins, leurs questionnements, quant à la vision française du commerce équitable, aussi bien les consommateurs que les acteurs associatifs ou institutionnels.
Seconde partie, au Pérou.
Cette seconde partie est donc d’abord à destination des français. Elle a pour but de montrer le fonctionnement des coopératives au Pérou, leur intérêt pour leurs adhérents, mais aussi d’échanger nos visions sur le commerce équitable, l’économie sociale et solidaire et d’autres thématiques s’y rapprochant.
Cette partie est construite sur une découverte du commerce équitable autour de l’action de notre partenaire,l a Centrale Interrégionale d’Artisans du Pérou (CIAP). Nous filmerons de la production à la distribution. Enfin, nous verrons comment les associations FOVIDA, GRESP et CEAS viennent renforcer l’action de la CIAP, tant au niveau technique que commercial ou encore politique. En effet, la pratique du commerce équitable au Pérou s’établit dans un contexte de libre-échange forcené : le pays a un des marché les plus ouvert au monde. Enfin, nous verrons comment la CIAP explore aujourd’hui la piste de l’ouverture d’un marché intérieur de commerce équitable.
a) rencontres avec des artisans et petits producteurs faisant partie de coopératives et découverte de leur travail, de leur vision du commerce équitable, de l’intérêt du fonctionnement en coopérative, ce que ça leur apporte concrètement (Comment vivaient-ils avant ? Comment les revenus plus important générés par cette activité leur permettent-ils de développer des actions collectives ? ).
b) découverte du fonctionnement de coopératives et entretien avec des responsables autour des thèmes du commerce équitable et de l’économie solidaire.
c) entretiens avec le GRESP, FOVIDA, CEAS et CIAP autour des mêmes thèmes.
Troisième partie, la diffusion du film
Au retour, c’est-à-dire durant le mois d’août nous monterons le film péruvien (découpage des séquences, organisation de notre propos, sous-titrages, création d’une jaquette). Ensuite, il sera temps de le diffuser.
Tout d’abord le film sera placé sous licence libre (le principe est expliqué sur cette page wikipédia) Creative Commons, en effet nous souhaitons rester cohérents dans notre démarche de proposition de modèles alternatifs. De fait, il pourra être utilisé par quiconque sous réserve qu’il respecte les conditions fixées au préalable.
Le site internet rendra ainsi possible le visionnage du film. Nous le placerons également sur les plates-formes de vidéos en ligne (Dailymotion, Youtube, Googlevidéo…)
Ensuite, nous proposerons le film à différents festivals comme celui de Biscarosse par exemple ou encore le festival du film d’Attac à Mont-de-Marsan. Il est également question de proposer le film aux cinémas, comme l’Utopia à Bordeaux ou l’Atalante à Bayonne.
Enfin, le film pourra être diffusé lors de conférences donnée pour nos partenaires. Les partenaires péruviens se verront remettre des copies du film afin d’élargir leur action : ce support pourra servir de moyen de sensibilisation, d’information aux producteurs non encore inscrits dans le commerce équitable.


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