Subventions de fonctionnement aux écoles privées : vote contre et abstention des élu-e-s Vert-e-s
Souhaitant une transparence des données et un vote qui s’en tienne aux montants des obligations légales les élu-e-s Vert-e-s n’ont pas voté les deux subventions proposées (1 vote contre 3 absentions)
C’est en soulignant leur attachement au service public d’éducation contre les volontés de marchandisation et en répétant leur soutien à l’intégration de Diwan que les Verts se sont exprimés vendredi sur le débat engagé vendredi au conseil municipal.
L’éducation n’est pas un marché
Certains parmi la majorité municipale refusent de rapprocher la question des subventions aux écoles privées du débat général sur la marchandisation de l’éducation.
Pourtant en Bretagne, les écoles au départ religieuses sont de plus en plus des écoles proposées en concurrence des écoles publiques.
Et aujourd’hui, lorsque la droite donne comme exemple les systèmes de certains états des USA où chaque parent dispose d’une somme d’argent qu’il attribue à l’école de son choix, nous sommes bien dans un marché de l’éducation où les familles, qui en ont les moyens, peuvent mettre davantage d’argent et avoir une meilleure éducation.
Une partie de l’émotion autour de ce vote est liée à ce contexte de mise au marché des biens de la culture et de l’éducation.
Et les Verts affirment clairement leur volonté que la ville de Brest se déclare en dehors du projet d’accord général sur la commercialisation des services (AGCS).
Pour une transparence
Au vu de certaines estimations et comparativement à d’autres villes, les subventions versées à Brest à l’enseignement privé, après cette augmentation, sont probablement moindres que le coût de fonctionnement pour un élève de l’école élémentaire publique.
Mais nous n’avons pas accès aux données.
Et nous entendons certains dirent que la ville verse plus, d’autres, que la ville verse moins.
Qu’en est-il ?
Les Vert-e-s se prononcent pour une transparence des données.
Bien sur on ne pourra pas forcément tout calculer, mais ce n’est pas la tonte des pelouses ou l’éclairage de locaux utilisés en dehors du temps scolaire qui changeront beaucoup les ordres de grandeur.
D’autres villes ont su le faire, et nous demandons que les services de la ville nous indiquent une estimation de la base de calcul définie par la loi : le coût de fonctionnement lié à l’accueil d’un enfant en école élémentaire.
Des mesures qui vont dans le bon sens mais dans une forme inacceptable
Si les chiffres nous montrent que le forfait doit être augmenté pour respecter la loi, nous pensons que l’affectation proposée va plutôt dans le bon sens.
Financer une aide aux familles selon le quotient familial pour le repas du midi pour permettre à tous les enfants de manger à midi est positif.
Accompagner les animations scolaires est préférable à une augmentation des loyers qui permettraient aux écoles privées de réaliser de nouveaux investissements.
Mais aujourd’hui ces mesures sont perçues par certains comme une augmentation de l’aide aux écoles privées.
Un soutien nécessaire à l’école Diwan
Nous tenons à marquer notre différence avec certaines organisations qui refusent cette augmentation des subventions et qui ont été jusqu’à empêcher l’intégration des écoles Diwan dans le service public par un recours aux tribunaux.
Les écoles Diwan ont toujours demandé leur intégration et si elles ne sont pas aujourd’hui dans le service public, c’est entièrement de la responsabilité de certains mouvements arc-boutés sur un service public fermé aux langues et cultures régionales
Un service public ouvert
Nous avons apprécié dans le discours de Yannick Hervé représentant du collectif brestois sa volonté d’ouverture de l’école sur le quartier, de davantage d’équité, son refus de la concurrence entre établissements avec les filières sélectives pour initiés, son souci de davantage de coopération.
Ce sont aussi nos préoccupations et nous y travaillons notamment dans le projet éducatif local.
Un débat qui ne fait que commencer
Nous avons regretté les tensions et certaines intolérances lors du débat public.
Mais nous avons beaucoup apprécié la rencontre et la discussion ouverte avec la délégation la semaine passée.
pour débattre de la place des parents dans l’école et donner envie d’apprendre à tous,
pour une école où l’on enseigne davantage la coopération que la compétition,
pour une intégration de Diwan,
pour une plus grande place faite aux enfants dans les collèges et lycées,
Nous souhaitons un débat qui se prolonge dans le temps et s’élargisse avec tous les acteurs éducatifs et notamment dans le cadre ouvert des projets éducatifs locaux
Aujourd’hui, l’absence de transparence, la subvention non justifiée par un respect de la loi nous amènent à ne pas voter ces propositions même si nous considérons que l’utilisation des fonds va dans un meilleur sens qu’une simple augmentation des subventions.


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