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Jusqu’au 15 octobre est soumise à l’enquête publique la création, au port de commerce, de 2 plate-formes de stockage d’une capacité de 5200 tonnes/an

Le projet de stockage de charbon, à destination des serres du Finistère, aux antipodes du développement durable !

Bonjour le Co2 !

vendredi 3 octobre 2008

Il est possible jusqu’au 15 octobre, d’écrire ses observations sur le registre d’enquête publique déposée en mairie centrale sur ce dossier de plate-formes de stockage de charbon présenté par la chambre de commerce et d’industrie de Brest.

Les 5200 tonnes annuelles de charbon provenant de Colombie, et ayant transité par le port de Rotterdam, seront déchargées 2 à 4 fois par an au port de Brest afin d’y être stocké. Ce combustible, encore assez bon marché, sera proposé aux serristes du Finistère, premier département français en termes de superficie de serres agricoles, qui doivent faire face à des coûts élevés d’énergie (renforcés par la crise sur les produits pétroliers et gaziers) pour chauffer leurs installations.

La tomate produite douze mois sur douze et exportée à grands frais n’est rentable que si le coût énergétique est contraint au maximum. Après les huiles usagées, le fuel lourd, voici le temps du charbon !

Peu importe que notre air soit rempli de CO2 en quantité supplémentaire, en contradiction complète avec les politiques publiques visant à réduire de moitié les émissions de gaz à effet à serre dans les années à venir !

Ce dossier d’installation classée présentée par la Chambre de commerce et d’industrie de Brest suscite légitimement nombre d’interrogations et de craintes.

Il est nécessaire de se rappeler qu’un stockage de coke de pétrole (produit certes différent mais comportant des similitudes), régularisé en 1996 (après 2 années d’exploitation illégale) avait entraîné de telles nuisances en termes de poussières notamment que de nombreux riverains et même des salariés travaillant sur le site du port s’étaient fortement mobilisés. L’exploitation avait, par la suite, été stoppée.

Dans ce contexte, il est évident que nous devons nous montrer aujourd’hui particulièrement vigilants concernant ce nouveau dossier de stockage de charbon.

Les impacts sanitaires

La population riveraine doit déjà subir un certain nombre de nuisances (sonores, olfactives, mais aussi poussières de toutes sortes (clinkers, ciment, soja, manioc, phosphates…). Si nous notons qu’il s’agira d’un charbon au préalable lavé de ses impuretés sensé limiter l’émission de poussières, il nous apparaît que le déchargement du charbon, même lavé, dans une zone couramment exposée au vent ouest, nord ouest , ne sera pas incidences en terme d’envol de particules. Ce n’est pas l’interdiction d’utilisation des grues par des vents de vitesse supérieure à 20m/s (72km/h) qui peut nous rassurer car il s’agit de situations relativement rares et pas vraiment significatives . Les nombreux incidents de rejets, parfois massifs, dans l’air de particules , relevés sur le site du port de commerce ne sont pas , eux non plus, de nature à rassurer la population sur le degré de responsabilité environnementale et sanitaire des entreprises portuaires en la matière.

Les impacts sur l’eau de la rade

La rade de Brest est un milieu naturel fragile, exposé déjà à de nombreuses pollutions. Enormément d’argent public a été dépensé pour réduire ces pollutions, notamment en termes d’assainissement, il serait inconcevable, inacceptable que cette nouvelle activité puisse être source d’un risque supplémentaire.

Si le dossier prévoit bien de raccorder les eaux de ruissellement du Parc A à la station d’épuration de la zone portuaire, il faut savoir que cette station n‘élimine pas les micropolluants de type hydrocarbures polyaromatiques, pourtant nuisibles pour le milieu. Dans ces conditions, nous voyons bien que ces rejets d’eau de ruissellement de stockage sont en total contradiction avec l’objectif affiché par la directive européenne sur un bon état écologique des eaux en 2015.

Impacts atmosphériques

Alors même que la question des gaz à effets de serre et du réchauffement climatique s’impose comme une question absolument centrale à tous les niveaux (du local au planétaire),

Alors même que les conclusions du « Grenelle de l’environnement » qui la prenne en compte vont faire l’objet de différentes mesures législatives,

il serait incompréhensible que les 5200 tonnes de charbon prévus annuellement à destination des serristes avides d’un combustible peu coûteux au mépris des rejets dans l’atmosphère

La combustion du charbon est en effet très polluante. Comme le pétrole, le charbon contient du soufre, qui en brûlant donne de l’anhydride sulfureux SO 2 (responsable principal des « pluies acides » ). La combustion du charbon dégage également des oxydes d’azote NOx.

Enfin et surtout la combustion du charbon produit quantité du dioxyde de carbone CO2, principal gaz à effet de serre. Nettement plus que le gaz ou le fuel.

Le recours au charbon par les serristes n’étant motivé que par une question d’économie de coût de l’énergie (huiles usagées, fuel lourd.. tout est bon comme combustible à partir du moment il peut produire de la chaleur) il y a tout à craindre que la combustion se déroule dans des chaufferies à peine modifiées non équipées de filtres performants (car coûteux).

Les carences effectives de l’Etat en matière de contrôle des installations classées (et fortiori des autres) ne permet pas de penser que les chaufferies garantiront, à aucun moment, une diminution voir même à une équivalence des émissions actuellement produites par les chaufferies des serristes du Finistère.

Un peut calcul rapide montre que sur la base de 2T200 de Co2 rejetées par tonne de charbon brûlé, on arrive au total de 11 440 tonnes de Co2 émises par les 5200 tonnes prévues par an. Ces 11 440 tonnes correspondent à une distance de 76 millions de km parcourues en une année par 4 000 automobiles moyennes (rejettant 140g Co2/km sur une moyenne de 17 000km/an).

Ces chiffres sont évocateurs en eux seuls de l’importance du problème.

Pour l’ensemble de ces raisons, ce projet est néfaste pour l’environnement et la santé publique, contraire aux objectifs de développement durable affichés par les autorités publiques et les assemblées élues et fortement soutenus par la population du Finistère.

L’enquête publique 1 mois, du 15 septembre au 15 octobre 2008. Le dossier est consultable en mairie centrale de Brest

Pendant toute la durée de l’enquête, les tiers intéressés pourront prendre connaissance du dossier consigner leurs observations sur le registre ouvert à cet effet ou les adresser en mairie au nom du commissaire-enquêteur.

Mr Jacques Soubigou désigné en qualité de commissaire-enquêteur recevra les déclarations des tiers en mairies :

- 1 ère semaine : le 15 septembre de 9 h à 12 h

- 2 ème semaine : le 22 septembre de 14h à 17h

- 3ème semaine : le 2 octobre de 14 h à 17 h

- 4 ème semaine : le 8 octobre de 9 h à 12 h

- 5 ème semaine : le 15 octobre de 14 h 17 h.

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