Ne rien lâcher !
Après le lobbying des groupes les plus rétrogrades pour réduire les mesures du Grenelle (fret ferroviaire, bâtiments basse consommation, agriculture biologique, baisse du prix des fruits et légumes ...), la crise financière servira-t-elle d’alibi pour relancer, non pas la production de biens et de services utiles, mais le vieux modèle productiviste ?
La tentation sera peut-être grande dans les mois à venir d’une unité républicaine ou régionale autour du sauvetage du vieux modèle de développement prédateur que certains envient presque aux pays émergents. Il nous faudra maintenir le cap d’un autre développement et en Bretagne, de notre Agenda 21.

Le Conseil Régional a su donner à la Bretagne un mouvement pour la projeter dans la société de l’après-pétrole avec une stratégie cohérente et réfléchie qui se construit prenant en compte toutes les conséquences des activités économiques (par exemple en travaillant sur le cadre d’un tourisme durable).
Le développement de l’éolien, l’innovation sur les énergies marines, l’écofaur (programme d’aménagement écologique des communes), le soutien à l’agriculture à cahier des charges (agriculture biologique et productions sans OGM), la promotion de la VAE (valorisation des acquis d’expérience) , l’exigence de bonnes conditions de travail pour les agents des lycées et les jeunes... sont autant d’entrées dans une seconde modernité qui réfléchit sur les conséquences de son développement.
Dans les semaines à venir, il faudra se démarquer : ne pas céder aux sirènes pour diminuer nos exigences sur la qualité des bâtiments parce que l’immobilier est en crise ou pour rentabiliser le nucléaire, ni soutenir à bout de bras les véhicules haut de gamme de "papa" parce que les constructeurs automobiles licencient, ou encore financer la malbouffe pour les travailleurs pauvres de plus en plus nombreux.
La crise financière et économique peut agir comme un révélateur sur le modèle de développement choisi : soit nous poursuivons le changement culturel que constitue le développement soutenable avec une économie au service des hommes et des femmes, décroissante en C02, avec le minimum d’effets négatifs sur l’environnement, soit nous rafistolons le vieux modèle pour cause de crise financière. Il faudra se placer du bon côté.
Pascale Loget - Vice-Présidente - Besprezidantez
Conseil régional de Bretagne - Kuzul Rannvro Breizh /Agenda 21
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