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La deuxième conférence internationale sur les énergies marines renouvelables (ICOE 2008) a fait le plein, à Brest

Les énergies marines renouvelables, nouvelles venues, dans le paysage énergétique

Elles auront besoin pour se développer d’un soutien affirmé de l’Etat

lundi 20 octobre 2008

La 6e semaine internationale des sciences et technologies de la mer, baptisée SeaTechWeek, ensemble de conférences, colloques, workshops réunissant les meilleurs spécialistes mondiaux des différentes disciplines marines, de la recherche à l’industrie, s’est déroulée, du 15 au 17 octobre 2008, à Brest.

Dans ce cadre, la «  deuxième conférence [1] internationale sur les énergies marines renouvelables (ICOE 2008)  »,

Cette 2ème conférence a fait le plein, elle a réuni 457 participants (53,8% de français, mais aussi beaucoup d’autres européens, des américains), soit le double de la première édition. A noter la présence de 15 électriciens européens et de grands groupes comme Siemens, Rolls Royce. Certains participants ont déploré l’absence des banques pourtant indispensables pour le financement des projets.

Acteurs des énergies marines, industriels, scientifiques, usagers de la mer (représentants des pêcheurs) ainsi que les acteurs institutionnels et politiques (élus du conseil régional de Bretagne, du secrétariat général à la mer,..) ont ont débattu durant 3 jours de l’ensemble de la problématique des énergies marines (y compris de l’éolien offshore) .

Il a été dressé un panorama exhaustif de l’état des connaissances, de la Recherche-Développement, des savoirs faire, des réalisations et projets dans chacun des domaines des énergies marines :

- énergies renouvelables en mer

  • vagues (houlomoteur),
  • courants (hydroliens, océaniques),
  • marée (marémoteur),
  • énergie thermique des mers (ETM ou OTEC),
  • gradient de salinité (pression osmotique), biomasse algale). Ces deux dernières énergies étant plus spécifiques des mers près de l’Equateur.

ou encore
- énergies renouvelables offshore

  • éolien offshore,

Les enjeux socio-économiques ou environnementaux dans leurs contextes régionaux, nationaux, européen et mondial, ont été largement débattus.


Un bouillonnement créatif

Cette deuxième conférence a démontré le bouillonnement créatif qui s’est emparé de ce champ des énergies renouvelables marines. Les projets sont légion, des technologies nouvelles apparaissent, murissent.

Premier constat ; le stade du prototype expérimental est en passe d’être dépassé, on commence à entrer dans la phase d’industrialisation.

En matière éolien, on voit apparaitre un nouveau type d’éoliennes offshore, les éoliennes flottantes voirle projet Winflo ou le projet norvégien Hywind

handicapé, en France par le manque de soutien de l’Etat

Le retard français a été pointé du doigt par les entrepreneurs français en rappelant le manque d’ambition de la France où En France, les pouvoirs publics ont fixé, pour les énergies marines , le faible objectif la PPI ( programmation pluri-annuelle d’investissement) 2006 en matière énergétique qui prévoit l’installation de 1 000 MW d’éolien off-shore en 2010, dont 4 000 MW en 2015, est en passe de n’être pas atteint. alors que des pays comme le Royaume Uni ou des pays du Nord de l’Europe parlent en GigaWatts :
- 30 gigaWatts en 2020 au Royaume Uni
- 35 gigaWatts en 2030 en Allemagne

Le responsable d’Enertrag rappellant, fort à propos, que dans notre pays, l’échelle des investissements publics en recherche est de 1 à 10 entre les énergies renouvelables et l’énergie nucléaire.

Une attitude étatique qui apparait en contradiction avec la directive européenne ENR (énergies renouvelables) qui prévoit 23% d’ENR en 2020. Et comme l’a rappelé le représentant de l’ADEME , pour atteindre cet objectif, cela suppose que toutes les filières ENR devront être fortement soutenues.


Les participants français à la conférence ont pointé :

- l’absence de politique de zonage
- le manque d’évaluation des sites
- les problèmes de connexion au réseau
- l’insécurité totale pour les porteurs de projets pourtant coûteux (1 million d’euros pour un prototype à plusieurs millions pour le développement)
- l’absence de guichet unique des administrations françaises et la lourdeur des procédures. Le responsable d’Enertrag a évoqué les 8 enquêtes publiques qu’il a du subir pour mettre en oeuvre son projet de ferme éolienne offshore de 105 mégaWatts au larfge de la côte d’Albâtre (seul projet d’éolien retenu sur 11, en 2005, dans l’appel d’offre du Ministère de l’Industrie). Ce type de projet cumulant les réglementations terrestres et maritimes. Un vrai casse-tête !

Une concertation le plus en amont possible

La question du processus d’acceptabilité des projets d’énergie marine a été longuement abordée, elle a fait l’objet d’une table - ronde associant :
- Madame Janick, vice-présidente du Conseil régional chargée de la mer
- M. Hubert caré, directeur général du Comité national des pêches
- M. Johan Vande lanotte, ministre d’Etat, ancien ministre de la mer du Nord, Belgique
- M. Antonio José Correia, Maire de la ville de Peniche , Portugal
- M. Gary Shanahan, dorecteur adjoint, service "Energie Marémotrice Severn", Ministère des Energies et Changements climatiques (UK).

Durant cette table-ronde il a été fait référence à l’exemple du site de Paimpol-Bréhat où vont être implantées, à l’initiative d’EDF, des turbines sous-marines OpenHydro fonctionnelles à l’horizon 2011-2012.

Une concertation avec les marins pêcheurs concernés a été menée visiblement correctement, ce qui fait qu’une majorité confortable 61% d’entre eux se déclarent désormais favorables au projet .

La ferme de Paimpol devrait être raccordée au réseau à partir de 2011. La zone de Paimpol pourrait aussi accueillir, dans l’avenir, d’autres essais de technologies marines différentes.

La conclusion la plus partagée de la table-ronde fut de considérer que la concertation devrait être menée le plus ne amont possible, en associant, au premier plan , les marins pêcheurs.

Les conditions du décollage de la filière

Les acteurs, de leurs côtés, devront :

- faire progresser les rendements énergétiques
- améliorer la fiabilité, le temps de pose pour baisser les coûts de maintenance et d’installation
- apprendre à travailler ensemble. Les grands groupes tels EDF, doivent apprendre à collaborer avec les petits acteurs (PME, laboratoires) plein de créativité, d’imagination...

Mais les participants attendent beaucoup des pouvoirs publics, ils ont insisté sur la nécessité :

- d’un bon réseau électrique à terre dans les communes du littoral,
- d’une simplification des procédures,
- de la définition de politiques de soutien de la filière , stables et clairs,
- de l’établissement de zones de déploiement de machines ( exemple Belge) en mer, une planification territoriale,
- de la mise en place de sites de tests et d’essais pour les prototypes

La signature de la convention IPANEMA, Initiative PArtenariale Nationale pour l’émergence des Energies MArines, signée à Brest, le vendredi 17 octobre 2008, par l’Etat, de nombreuses régions et par des grandes entreprises, est -elle de nature à apporter des éléments de réponse ? L’avenir le dira...

Cet avenir ! Il n’est pas tracé !

Nous sommes au début du chemin, il passera peut être par :

- des installations multi-énergies associant par exemple, éolien et turbines sous-marines ou houlomotrices

- une résolution du problème du stockage de l’énergie pour les installations installées au large, loin des côtes, des recherches sont en cours et elles avancent bien.

Pour en savoir plus :
- lire absolument le dossier "L’énergie de la mer : un gisement potentiel gigantesque et renouvelable !" sur Brest-ouvert


A voir aussi la liste des sites Européens de dispositifs, utilisant la houle et les marées, en place ou prévus à court terme ou plus long terme

Source La Tene Maps , in association with the European Ocean Energy Association

PDF - 1.2 Mo
Liste projets, sites, d’énergie marine renouvelable en Europe

[1] Cette conférence était organisée par EDF et Ifremer, en partenariat avec l’Association Européenne des Energies Marines (EU-OEA) et le Groupe Energies Marines de l’Agence Internationale de l’Energie (IEA-OES).

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