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Projet de centrale au gaz de production éléctrique en Bretagne

Il est prouvé que l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables pourraient créer en Bretagne des milliers d’emplois non délocalisables !

Un communiqué du Collectif urgence Réchauffement Climatique (CURC22)

dimanche 26 avril 2009

Le procureur vient de classer sans suite les 106 plaintes pour publicité mensongère déposées en janvier dernier, au motif de « l’abandon » du projet de GdF. Mais pendant ce temps, RTE et GdF continuent tous azimuts leur offensive de désinformation pour imposer un projet « proche » du précédent (presse du 24 avril), selon un discours qui séduit le président du syndicat départemental d’électricité, d’après ses propos récents dans la presse.

Centrale ou chaudières à condensation ?

L’augmentation de la consommation bretonne est due notamment, de l’aveu même de M. BENY, directeur de RTE Ouest, au développement de l’équipement des maisons en chauffage électrique (au lieu de chauffage au fuel ou au gaz).

Il n’est pas besoin d’avoir fait des études de thermicien pour comprendre qu’il est totalement aberrant de brûler du gaz en centrale (à 35 % de rendement) pour produire de la chaleur qui est convertie en électricité laquelle, après des pertes en ligne, est re-convertie par le particulier... en chaleur, avec une déperdition à chaque stade de la transformation ! Il serait autrement plus efficace d’installer chez les particuliers un chauffage au gaz. De surcroît, il existe désormais des chaudières à condensation d’un excellent rendement.

Le gaz ne peut pas couvrir les pointes de consommation

 La confusion est savamment entretenue dans l’opinion et chez les élus entre les centrales de pointe et les centrales d’extrême pointe. Le besoin mis en avant par RTE pour justifier son appel d’offres (de 100 à 400 heures par an) correspond à l’extrême pointe. Or, toutes les centrales d’extrême pointe (Brennilis, Dirinon et les autres) fonctionnent au fuel et non au gaz ; ce qui explique que pour ces périodes de fort tirage sur le réseau de gaz, GdF était contrainte de prévoir dans le projet de Ploufragan le recours au fuel. Alors non M. BENY, le gaz n’est pas l’énergie adéquate pour faire face aux pointes extrêmes de consommation dont vous agitez les chiffres.

Une centrale qui aggraverait l’effet de serre sans régler la question énergétique

Il n’est question que d’augmentation de la consommation au point qu’est même évoquée la saturation du réseau dans le sud de la Bretagne ! M. BENY nous dit d’ailleurs que le pic historique de 17 150 MW a été atteint le 7 janvier et évoque allègrement la perspective d’une augmentation à 18 000 MW et là « ça ne passe plus ». Soit à 850 MW de plus. Comment dans ce cas, une centrale de 230 MW va-t-elle nous sauver ? !

Si nos décideurs politiques s’y laissent prendre, comment prendrons-nous encore au sérieux les mêmes qui se sont "engagés" dans une diminution de 20 % de la consommation énergétique d’ici 2020, mesure reconnue comme impérative pour limiter l’effet de serre et les perturbations climatiques, et jugée encore insuffisante par l’ONU. Les mêmes décideurs ont inscrit dans la loi Grenelle 1 votée en octobre une diminution de 38% d’ici 2020 de la consommation énergétique du bâti existant ? A-t-on demandé à RTE et GDF comment ils s’inscrivaient dans ces objectifs. Rappelons que RTE défend un projet « proche » de l’ancien, lequel aurait émis plus de GES que toutes les industries bretonnes réunies soumises à déclaration.   Production centralisée ou sources diffuses renouvelables, il faut choisir le type de réseau

En marge de cet "engagement", on assiste en effet à un renforcement des capacités de production : centrale nucléaire à Flamanville + centrales thermiques pour pallier le manque de souplesse du nucléaire. Le réseau THT d’un système très centralisé est parallèlement renforcé : ligne Maine Cotentin + à terme ligne THT supplémentaire en Bretagne Nord car l’implantation d’une centrale à Ploufragan laisserait peu de place à la connexion au réseau d’éoliennes off-shore et autres projets. Nous perdons ainsi de vue que, alors même qu’il est urgent d’aller vers un réseau décentralisé de collecte et de répartition de l’énergie à même d’accueillir les énergies renouvelables, on assiste à l’inverse à un mouvement de renforcement de la centralisation d’un réseau conçu pour la seule distribution.

Parlons coupures et logique de profit

RTE veut nous faire craindre les coupures organisées (délestages) mais, paradoxalement, on devrait en revanche s’accommoder des coupures inorganisées, imprévues, qui frappent de plus en plus fréquemment car il « n’y a plus aucune politique d’entretien du réseau », ce que dénoncent en ce moment-même les salariés en grève et qui laisse muet le représentant de RTE.

Nos élus défendront-ils les intérêts privés industriels ou l’intérêt général bien compris ?

Où sont les mesures sérieuses et généralisées de maîtrise de la demande ? Notre malheur vient de ce que, avec la privatisation de EDF et GDF, les 100 millions € (du coût de la centrale) qui pourraient financer les lampes à basse consommation de la Bretagne et autres opérations de nature à diminuer efficacement les consommations sont consacrés par le privé à produire et vendre toujours plus, dans un marché où la concurrence fait rage.

Le monologue de RTE ne résiste pas au débat contradictoire

RTE et GdF resservent à la presse et aux élus le même discours depuis deux ans mais le 19 juin 2008, lorsque la CABRI a organisé un débat contradictoire de 3 heures (RTE et GdF face aux CURC, avec le bureau Horizons), ils se sont révélés incapables de justifier le projet. Il est regrettable que la presse n’ait pu être présente mais nous comptons sur le président de l’agglomération pour le rappeler aux membres du B15.

Nous avons tout à craindre du rapport qui sera produit par les élus bretons en juin prochain, tant les sirènes du « toujours plus » sont puissantes à leurs oreilles.

Devant cette offensive mercantile de désinformation, nos élus sauront-ils résister et reconnaître où se situe l’intérêt général d’une inversion de logique et de tendance ?

Messieurs les élus, la crise climatique nous impose de changer de paradigme, et ce dès aujourd’hui. Il est prouvé que l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables pourraient créer en Bretagne des milliers d’emplois non délocalisables. Ce sont les seules alternatives crédibles aux énergies fossiles qui permettraient de réduire de manière radicale les émissions de CO2.  

Avril 2009

Le COLLECTIF URGENCE RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE (CURC 22) : A.V.E.C., Terre & Mer, Cost ar Bio, Vivarmor nature, Réseau Cohérence, CANE, A.Q. La Poterie, A.T.T.A.C. 22, Sud Solidaires, Les Verts, l’U.D.B., le NPA.

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