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Une visite sur place peu rassurante

L’ex Clémenceau : premier voyage d’une délégation citoyenne brestoise à Hartepool

mardi 2 juin 2009

Les 26 et 27 mai, une petite délégation de membres du comité brestois de vigilance sur le démantèlement de l’ex Clémenceau s’est rendu à Hartlepool (nord est de l’Angleterre), ville portuaire et industrielle où la veille coque est appelée à être démontée, après moult péripéties.

Cette délagation revient inquiète des conditions du démantèlement sur place, une chose semble certaine déjà, le timing du démantèlement ne sera pas respecté, le retard s’accumule. déjà... Par ailleurs, la société Able UK vient de demander une aide publique arguant que le prix de revente de l’acier n’est plus du tout celui du moment où le contrat a été signé. Les engagements pris devant l’opinion publique par l’Etat Français seront-t-il tenus ? La question mérite d’être posée dès maintenant.

Roger Abiven, président d’AE2D (Agir pour l’Environment et le Développement Durable), participait à cette délégation ; il répond aux questions de Brest-ouvert.

Brest OuVert : Roger Abiven, quelles sont les raisons de ce déplacement à Hartlepool ?

Roger Abiven : L’ex Clémenceau parti de Brest, notre objectif n’as pas changé, avec deux préoccupations supplémentaires

  • agir en solidarité avec nos Amis d’Hartepool en leur apportant notre soutien
  • et interpeller les autorités françaises pour qu’elles contrôlent les opérations de démantèlement conformément aux engagements pris et présentés à la CLIC du 3 décembre 2008.

Brest OuVert : Comment cela c’est passé, sur place, à Hartepool ?

R.A. : Nous avons eu un accueil hors du commun des Amis d’Hartepool. Nous avons pu tenir une rencontre de travail pour faire le point avec quelques militant(e)s sur la situation locale liée à la présence de l’ex Clémenceau et sur un projet de partenariat associatif entre citoyens d’Hartelpool et Brest.

Nous avons pu obtenir une rencontre officielle inattendue et chaleureuse avec Carl Richardson (président du conseil - chairman) qui a permis de faire un large tour d’horizon. Il nous a encouragé à poursuivre et à développer l’action citoyenne et associative, et notre collaboration avec les Amis d’Hartepool. Brest OuVert : Avez vous pu visiter le chantier Able UK où se trouve l’ex Clémenceau ?

R.A. : Nous avons connu une tentative avortée de la visite du chantier Able UK, l’entrée nous a, en effet, été interdite malgré un échange de courriers qui nous avait laissé espérer une possibilité de visite. Nous avons pu cependant, de l’extérieur, prendre quelques photos. Sur quelques une on reconnaît l’ex-Clémenceau.

Sur la rive gauche de l’estuaire de la Tees où est implanté le chantier d’Able UK, se côtoient centrale électro-nucléaire, plusieurs sites industriels chimique, sidérurgique, de raffinage, de réparation navale, de démantèlement de plate-formes et de bateaux. A moins de deux kilomètres de ces sites, nous avons pu voir une immense décharge de matières dangereuses appartenant à Able UK et cela à quelques centaines de mètres d’une zone d’habitations (Seaton Carev), et à quelques dizaines de mètres d’une boite de nuit et à courte distance d’une zone comportant une réserve naturelle (oiseaux migrateurs...), bordée de plages.... !

Brest-ouvert : le comité brestois réclame-t-il toujours la mise en place d’une filière de démantèlement à Brest ?

R.A. : Oui, bien sur, nous restons persuadé qu’elle permettait la création d’emplois et de développement d’un pôle de filière européenne de démantèlement de vieux navires

Nous voulons aussi poursuivre notre action pour constituer un réseau d’éco-citoyens et de travailleurs s’organisant pour créer enfin un démantèlement de vieux navires respectueux de la santé des travailleurs et de la population et de l’environnement.

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