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Délibération "Restic" au Conseil de Communauté urbaine de Brest, le 26 juin 2009

Comment voter pour le passage d’une route dans une vallée naturelle ?

L’intervention de Julie Le Goïc, élue verte

samedi 27 juin 2009

Monsieur le Président, chers collègues,

«  Pour mettre en œuvre ses missions de service public, la collectivité produit, consomme et gère des ressources et des services. Sa responsabilité vis-à-vis des générations futures s’exerce à plusieurs niveaux [...] Les ressources locales, qu’il s’agisse de matière ou d’énergie, ne se renouvellent pas au rythme où elles sont consommées. De même que l’arbitrage entre urbanisation et autres activités dans la gestion du foncier marque le paysage pour des décennies. Par ailleurs, certaines dégradations faites au milieu sont irréversibles, d’autres nuisent à la santé publique. [...]

On assiste depuis plusieurs décennies au mitage de l’espace agricole à l’échelle du pays. La lutte contre l’étalement urbain et la densification du territoire métropolitain sont les deux facettes d’une même problématique. Le plan local d’urbanisme a intégré ces objectifs par la limitation des extensions d’urbanisation autour des centres urbains existants et de quelques sites à enjeux stratégiques [...] L’eau est une ressource certes renouvelable mais néanmoins fragile. Les ressources d’eau brute, les zones humides, la faune et la flore des milieux aquatiques font l’objet de mesures de protection dans le cadre global de la préservation de l’environnement qui inclut par ailleurs des objectifs de promotion de la diversité des paysages et de la biodiversité dans les espaces naturels et en ville. La collectivité doit par ailleurs favoriser la compréhension de l’ensemble de ces enjeux par le grand public pour l’amener à évoluer dans ses pratiques. »

Ce texte, dans lequel je retrouve mes fondamentaux de Verte, n’a pas été écrit par les Verts Brestois, ce n’est pas non plus un extrait du programme d’Europe Ecologie. Ce texte est un extrait du document de travail de l’Agenda 21 produit par la mission Développement Durable de BMO.

Considérant ce qui est dit ici, et considérant la délibération sur le contournement nord de Lambézellec, je me trouve un peu perplexe :

Comment voter pour le passage d’une route dans une vallée naturelle, protégée par la Diren en tant que zone humide, créant ainsi une infrastructure dont l’impact sera irréversible sur la faune et la flore, et donc sur la biodiversité de notre pays de Brest, ainsi que sur la diversité des paysages, et tout ceci en contradiction flagrante avec les bases mêmes du développement durable sur lequel toute notre collectivité travaille depuis plusieurs mois ?

On le sait, aujourd’hui les habitants réclament des projets, une vision d’avenir, à construire avec eux. Quelle est la cohérence de notre vision de Brest demain, quand on vote d’un côté ce contre quoi on se proclame de l’autre ?

J’entends déjà certains protester, le passage par la vallée étant à leurs yeux tout à fait compatible avec le développement durable. On nous parle de réhabilitation, d’effort paysager, ce qui m’amène à penser qu’il y a un malentendu de taille sur la notion même d’espace naturel. La nature ne se réhabilite pas comme on retape un stade. La "stang’alardisation" [1] de notre patrimoine naturel n’est en rien une protection ou une préservation de celui-ci. C’est une illusion, aussi jolie, fade et fausse qu’une visite à Disneyland.

C’est pourquoi, monsieur le président, chers collègues, en cohérence avec le travail effectué par la mission Développement durable, je voterai contre la présente délibération.

[1] (référence au parc botanique de Stang Alard à Brest)

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