Qualité de l’eau en Bretagne : combien de temps le contribuable et le consommateur vont-ils continuer à payer pour ce désastre écologique et sanitaire ?
L’intervention des élus Verts

Ce rapport nous montre que le prix de l’eau a encore progressé pour atteindre 3,66 euros au 1er janvier 2009. C’est le prix le plus élevé des 16 communautés urbaines de France. Ce prix est bien au dessus du prix moyen de 2,80 Euro TTC pour le bassin Loire-Bretagne, selon les chiffres de l’Agence de Loire Bretagne.
Il est à noter que les tarifs cités en référence par l’Agence confirment que, dans le cas d’une gestion en régie publique, les tarifs sont inférieurs à ceux pratiqués dans le cas d’une gestion déléguée.
Ceci est une information qui doit être versée au dossier de l’avenir de la gestion de l’eau, qui s’ouvre dès maintenant .
La qualité de l’eau de la rade de Brest reste préoccupante. Le rapport nous indique, selon les chiffres fournis par la DDASS, des zones de baignade durablement affectés par la pollution avec une seule plage, classée A , c’est-à-dire de bonne qualité bactériologique. Il faut également noter que ces normes vont être prochainement divisées par 4, ce qui risque d’entrainer le déclassement de certaines plages (la plage du Minou, par exemple) et de certaines zones conchylicoles.
Au robinet, la potabilité est assurée mais au prix de traitements de plus en plus sophistiqués et coûteux.
L’eau brute du bassin de l’Elorn, qui est notre principale source d’approvisionnement, est toujours soumise à un flux incessant de pollutions chroniques auquel il faut ajouter son lot de pollutions accidentelles ou volontaires.
Les pesticides sont présents en abondance dans les rivières bretonnes, et il arrive, selon le Président du Conseil scientifique de l’environnent en Bretagne, que l’on trouve des concentrations dépassant 40 fois la norme autorisée, comme pour le glyphosate.
Mais, l’une des manifestations les plus visibles de cette pollution chronique sont les algues vertes, dont la toxicité a été prouvée cet été au travers de la mort d’un cheval, auquel il faut ajouter les suspicions sur le décès d’un chauffeur de camion transportant ces algues.
Sur la seule commune d’Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc, il a fallu ramasser cette année 20 000 tonnes d’algues et jusqu’à 700 tonnes par jour cet été.
Près de 100 sites en Bretagne sont concernés par ce phénomène, qui pollue nos côtes depuis maintenant 40 ans.
Malgré ses courants, la rade de Brest n’y échappe pas complètement, les algues vertes sont largement présentes (au Moulin blanc, à l’embouchure de l’Elorn ou de l’ Aulne en particulier) les flux de nitrates transportés par les principaux cours d’eau qui s’y déversent sont permanents et importants (ils varient toujours autour de 30 000 tonnes par an).
Il faut dire, qu’en 20 ans, selon l’Institut français de la mer, les teneurs en nitrates ont très peu baissé en Bretagne, la teneur moyenne des cours d’eau bretons est passé de 38mg/litre à 33mg/litre. On sait pourtant, de façon scientifique que seule une réduction des flux d’azote entre 30 et 60% pourrait permettre d’espérer des résultats tangibles.
La responsabilité de l’État est énorme.
Tant qu’il accordera, par l’intermédiaire de ses préfets, des dérogations pour les extensions d’exploitations et de plans d’épandage dans les zones déjà en excédents structurels, tant qu’il autorisera des restructurations concentrant encore un peu plus des élevages dans les zones les plus saturées, il est difficile d’espérer améliorer la situation. Et ce ne sont pas les mesures annoncées récemment par le gouvernement qui permettront de résoudre le problème de façon durable, car elles ne s’attaquent pas aux causes du problème, c’est-à-dire la surfertilisation des sols par les nitrates d’origine agricole.
Combien de temps le contribuable et le consommateur vont-ils continuer à payer pour ce désastre écologique et sanitaire ?
Aujourd’hui, tout le monde en convient, et les personnes qui étaient présentes à Hillion, hier, l’ont réaffirmé avec force, seules des règlementations strictes et surtout scrupuleusement respectées, ainsi que des dispositifs encourageant d’autres pratiques agricoles (remplacement du mais par la prairie, conversion à l’agriculture biologique ou durable, par exemple,) peuvent permettre de trouver les voies d’une solution, tout en maintenant l’emploi dans l’agriculture.
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