Brest ouVert

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Le potentiel est très important

L’énergie de la mer en France : à quand le décollage ?

Nous avons sans doute déjà loupé le train de l’éolien, ne ratons pas celui de l’hydrolien...

La France, qui a signé le protocole de Kyoto, s’est engagée à produire 21 % de son énergie sous forme renouvelable d’ici 2010, les obstacles à lever seront importants et l’exploitation "hydrolienne" ne peut réellement s’envisager avant 2010-2015. La France représente le deuxième gisement hydrolien d’Europe (40% du potentiel européen ) avec
6 GW, équivalant à 2 ou 3 centrales nucléaires, le potentiel est donc énorme. La houle, à elle seule, représente 417 térawattheures (417 milliards de kWh) par an dissipée sur les côtes françaises (selon Sciences et Avenir octobre 2007). Si l’on inclue les territoires et départements d’Outre-Mer, ce sont 11 millions de km2 marins qui peuvent être concernés par ce potentiel d’énergie liée à la mer.

Le décollage en France de cette filière longtemps attendu semble aujourd’hui avoir reçu un premier signal fort avec la décision de l’Etat et de la région Bretagne de doter le port de Brest d’une plateforme technologique de soutien logistique à la réalisation de champs éoliens offshore. Un budget de 75 millions d’euros y sera affecté.

Voir la brève sur Brest ouvert

Dans un précédent article, nous avons dressé un panorama de la situation des énergies marines à l’échelle planétaire, aujourd’hui nous effectuerons un focus sur l’état et les perspectives de développement de cette nouvelle filière industrielle énergétique en France.


Bientôt, en 2012, l’électricité à l’Ile d’Ouessant viendra de la mer,
bientôt aussi ,des hydroliennes sons les ponts de Paris ? Non, ce n’est pas une blague.
La ville de Paris lance en effet un appel d’offres pour en installer 8 sous 4 ponts qui fonctionneront au printemps 2010 -> lire la brève sur Brest Ouvert.

Peut -on pour autant en conclure que la manche est gagnée, non, car plus globalement, la France qui a pourtant une expérience certaine dans l’énergie
marémotrice avec le barrage de la Rance
(le plus grand de ce type du monde), a perdu son avance.

A noter qu’avant la réalisation du barrage de la Rance, un premier chantier d’usine marémotrice commence à l’Aber-Wrac’h (Finistère) en 1925, mais faute de financement il ne verra pas le jour et sera abandonné en 1930.
Concernant l’usine marémotrice de la Rance, les premières études remontent à 1943, par la Société d’étude pour l’utilisation des marées et les premiers travaux ne commencent que près de 20 ans après, en 1961.

Les travaux durent trois ans et se terminent en 1966. L’usine marémotrice n’a pas cessé de fonctionner depuis, elle est la principale source d’électricité de la Bretagne. Elle produit 500 GWh/an. Le coût de production d’électricité est évalué à 12 cents d’euros du kWh. L’usine qui n’a pas été sans avoir un fort impact sur l’environnement naturel a cependant démontré sa capacité à produire de l’électricité grâce à la marée.

Depuis, d’autres projets ont fleuri, mais le financement de la recherche développement de ces technologies et encore moins les conditions d’exploitation ne se sont montrées favorables, citons entre autres :

- un coût élevé du câble électrique
(0,5 M€/km) engendrant des coûts
structurels importants,

- des acteurs (laboratoires, organismes scientifiques, industriels) réticents à se mettre en
synergie,

- une règlementation "tatillonne", qui freine les entreprises et investisseurs,

- un tarif de rachat de l’énergie marine fixé depuis seulement 2007 non incitatif (150 €/MWh pour l’hydrolien en France contre 275 pour le Royaume-Uni)

Un espoir cependant est apparu, avec, dans la foulée du Grenelle de l’environnement, le Grenelle de la mer qui a affirmé vouloir « prendre acte de l’urgence et décide d’engager un
plan ENERGIES BLEUES
 », pour mettre en place d’une politique industrielle volontariste pour les énergies marines. La programmation des investissements
prévoit 6000 MW d’énergies marines en 2020.

Ce plan doit permettre de définir une stratégie de développement des
énergies marines, un cadre cohérent d’actions au sein de la politique
maritime intégrée et d’assurer un soutien à des pilotes pré industriel. Des objectifs précis sont définis :

- 3 sites pour les hydrauliennes
- un pilote Energie thermique des mers
- un pilote d’éoliennes flottantes
- un dispositif de pompe à chaleur/froid par territoire d’Outre
mer (climatisation de l’Hôpital de Tahiti dans les 2 ans)
- un soutien à 2 projets houlomoteurs.

Le « Plan Energies Bleues » est lancé pour :
- définir des dispositions permettant de financer des démonstrateurs et structures
logistiques pour accélérer la maturation des technologies et opter pour celles qui
apparaissent comme les plus prometteuses
- favoriser un déploiement précoce des technologies par le biais de dispositifs
incitatifs adaptés à la maturité de chaque technologie (lancement d’appels d’offres,
mise en place d’un tarif de rachat etc.)
- investir dans des infrastructures de raccordement mutualisables, assurer une
restructuration ou une adaptation d’un certain nombre de capacités industrielles
(chantiers navals par exemple) et portuaires (assemblage, installation,
maintenance), notamment pour l’installation de l’industrie des énergies marines

- faire exploiter aux régions cibles (Bretagne, PACA, Guadeloupe, Martinique,
Réunion, Polynésie etc.) leurs atouts pour qu’elles deviennent des références, en
appui des pôles de compétitivité.

Ce plan, novateur est le premier à fixer des objectifs assez précis, témoignant d’une volonté politique, qu’il reste cependant à évaluer dans les réalisations concrètes.

Le gouvernement, au diapason, mutiliplie les déclarations. Le 8 mars 2009, Le ministre de l’Écologie, de l’ Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire. Jean-Louis Borloo, de passage à Brest pour les 25 ans d’Ifremer , avait annoncé que L’État allait faire passer de 30M€ à 100M€ l’enveloppe destinée à financer des prototypes sur les énergies marines renouvelables.
- lire la brève sur Brest-ouvert

Mais c’est surtout le discours de Nicolas Sarkozy, le président de la République, au Havre, le 16 juillet 2009 portant sur la politique maritime de la France, qui met l’accent sur le potentiel des énergies renouvelables marines en indiquant qu’une partie du futur grand emprunt national serait utilisé à leur développement. On pourrait y voir une leur d’espoir et se dire que l’Etat français a pris la mesure des enjeux. Attendons pour voir avant se réjouir.

- extraits de ce discours du président de la République qui concernent en particulier les énergies marines :

« Je crois énormément au potentiel prodigieux des énergies marines. Depuis l’usine marémotrice de la Rance, la France possède une longue expérience, sans équivalent au monde, de ce qu’il faut faire, et aussi de ce qu’il ne faut pas faire sur le plan écologique. M’exprimant sur le défi des énergies renouvelables, le 9 juin dernier, j’ai pris l’engagement d’une parité des efforts de recherche entre le nucléaire et les énergies renouvelables. Cela revient à renforcer de près de 200 M€ par an les moyens de la R&D sur les énergies renouvelables, au premier rang desquelles figurent les énergies marines (...) Un effort important devrait être consenti sur les technologies émergentes, comme les éoliennes offshore et flottantes, mais aussi l’ énergie de la houle et des courants, l’énergie thermique des mers dans les eaux chaudes ou encore la biomasse marine. La loi découlant du Grenelle de l’Environnement va permettre de faciliter l’installation des équipements (...) Il faudra que tous se mobilisent pour réaliser cet investissement majeur, plus de 6000 MW, l’équivalent de 4 EPR. Je souhaite que d’ici le début de l’année prochaine une planification stratégique ait défini les zones de déploiement, afin de sécuriser les projets et de faciliter le raccordement au réseau » .

Nicolas Sarkozy d’annoncer : « Voilà pourquoi je souhaite qu’une grande plate-forme technologique soit mise en place sur les énergies marines, avec pour chef de file l’IFREMER. Dans un lieu à déterminer, que j’imagine dans une région littorale, il s’agira de concentrer les moyens de recherche publics et privés, et de valoriser l’innovation au profit des entreprises françaises, les grandes comme les petites. J’attends que cette plateforme technologique unique, qui peut être la première sur le plan mondial, soit constituée d’ici à la fin de cette année » .

A signaler que la région Bretagne a aussitôt pris la balle au rebond et a postulé officiellement pour accueillir cette plateforme. Elle accueille déjà, à Brest, depuis le 15 juillet 2008, un centre de recherche et d’essais d’envergure nationale sur les énergies marines.

Finalement, c’est le 2 décembre 2009, à Brest, lors des 5eme Assises de l’Economie Maritime et du Littoral, le premier ministre a annoncé que Brest avait été choisie accueillir la plate-forme technologique d’essais et de recherche des énergies marines, de rang mondial, dont le 16 juillet 2009, au Havre, Nicolas Sarkozy avait annoncé la création.

Les villes du Havre, Nantes et Brest étaient sur les rangs. C’est le site d’Ifremer précisément sur le technopôle Brest-Iroise, que cette plate-forme abritera un centre de documentation spécifique qui sera en charge du pilotage des recherches et du suivi des sites d’expérimentation.

Brest, "ville de la mer", avec la présence de grandes écoles, d’industriels tel DCNS, ou des instituts comme Ifremer, avait de solides atouts à faire valoir.

Quelques milliards d’euros d’investissement seraient en jeu. De nombreux emplois concernés.

Brest sera tête de réseau, il y aura aussi des centres d’expérimentation, un site par source d’énergie :

- à Paimpol-Bréhat (courant),

- Le Croisic (houle), un laboratoire en pleine mer (à 15km du Croisic) est prévu : le SEMREV (site d’expérimentation en mer pour la récupération de l’énergie des vagues)
-* voir le document les Energies Marines Renouvelables dans les pays de Loire

Energies Marines renouvelables dans les pays de Loire

- la Réunion (énergies climatiques).


Manque de reconnaissance en France

Le chiffre d’affaires potentiel du marché des Energies marines renouvelables est estimé de 4 à 6 milliards d’euros et de 30.000 à 50 000 emplois en France, à l’horizon 2020.

En dépit de ce grand potentiel, des déclarations gouvernementales voire même présidentielle, et de l’existence d’un certain nombre d’initiatives individuelles ou collectives, le sentiment général qui se dégage de la situation en France est un certain désintéressement et un
manque de reconnaissance en France
qui se traduit notamment par des financements qui se situent encore à un niveau faible, voire très faible.

L’État s’est fixé pourtant un objectif ambitieux : produire 6 000 mégawatts grâce aux énergies marines renouvelables d’ici 2020. Pour tenter d’y arriver, on veut avoir recours à la technologie jugée « la plus mûre » : celle de l’éolien offshore. La Bretagne contribuerait pour 2400 mégawatts. Et 400 dès 2012 ( 60-80 éoliennes sur une superficie de 45-55 km2). Mais l’implantation de ces éoliennes se heurte à un certain nombre de résiatances (pêcheurs,..) et les promoteurs se heurtent à un parcours d’obstacles éprouvant capable d’en décourager plus d’un.

Pour les autres technologies, ça patine encore plus... Surprenant parce que la France, dans les années 70, avait une certaine avance en termes de recherche et d’expérimentation. L’IFREMER (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), à l’époque le CNEXO (Centre National pour l’Exploitation des Océans) ), s’était penché aux énergies renouvelables marines - houle, marée et courants marins - ainsi qu’à l’énergie thermique des mers avec l’avant-projet d’une centrale thermique de 5MW à Tahiti. Mais le pétrole redevenu "abordable" sonna le glas de ce projet.

On ne peut que constater que notre pays est aujourd’hui à la traîne dans ce domaine. L’utilisation de l’énergie provenant de la mer, de la houle et des courants n’est pas réellement reconnue. Elle souffre notamment de ne pas avoir d’« expériences test » in-situ. Pourtant certains estiment que la France pourrait couvrir entre 5 et 10% de ses besoins en électricité en utilisant l’énergie des marées.

Une absence qui s’explique par un manque de financements financements publics et privés, elle- même due au poids très important du nucléaire dans notre pays et, sur le plan des énergies renouvelables, à la concurrence de l’éolien en phase d’exploitation.

Ainsi, le très officiel rapport au parlement du Ministère de l’Economie et des Finances, « Programmation pluriannuelle des investissements de production électrique Période 2005-2015 » , fait même l’impasse sur les énergies marines !

L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’energie), en partenariat avec IFREMER, a bien réalisé une étude, pour déterminer le potentiel de nos côtes et des implantations de sites possibles, aussi bien en matière d’éolien offshore que d’exploitations des courants et des vagues. Le premier volet de l’étude (éolien offshore) a été rendu public décembre 2006, le second (courants et houles) en 2007.

L’opérateur historique français d’électricité, EDF, avait décidé, en 2003, de consacrer à l’énergie marine un projet de Recherche et de Développement, nommé « Hydroliennes en mer » . Son objectif était « d’identifier les sites prometteurs, réaliser des études d’impact et d’insertion dans l’environnement marin et enfin caractériser les technologies d’hydroliennes les plus performantes ». Deux campagnes de mesures de courants et de vagues ont eu lieu :

- dans le Nord Contentin, (au large de Barfleur sur une durée de 15 jours entre le 3 et le 25 janvier 2005)

- en Bretagne (durant le printemps 2005).

Cette phase d’étude a été menée, selon EDF, en étroite concertation avec l’ensemble des parties prenantes : les pouvoirs publics, l’administration, les élus, le monde de l’environnement marin, les professionnels de la mer, les scientifiques... Une étude qui a abouti sur un projet de la ferme pilote qui sera réalisé en 2011 près de Bréhat
- lire la brève sur Brest-ouvert

Cette phase d’étude a été menée, selon EDF, en étroite concertation avec l’ensemble des parties prenantes : les pouvoirs publics, l’administration, les élus, le monde de l’environnement marin, les professionnels de la mer, les scientifiques, les plaisanciers... A l’issue de cette démarche exploratoire, EDF devait prendre la décision de mettre en place un prototype sur un ou deux sites pré-étudies en Manche.

Seul, le récent rapport (décembre 2006) du groupe intitulé « une ambition maritime pour la France » rapport Poséidon, issu du Centre d’analyse stratégique et du Secrétariat général de la mer, destiné à élaborer les éléments constitutifs d’une politique nationale de la mer, inclut un chapitre sur l’exploitation des énergies marines (éoliennes off shore, courants)....

Pour télécharger le rapport Poséideon

Sur le plan universitaire et de recherche, signalons que 3 thèses sont en cours d’élaboration sur le campus brestois. Elles utilisent des outils de simulation (notamment un site fictif servant de modèle de référence situé dans e raz de sein, à une profondeur de 35m, et avec une force du courant 1m/seconde). Ces travaux de recherche sont soutenus par le Conseil régional de Bretagne, le Conseil général du Finistère et Brest Métropole Océane.

Mais, en dépit de nombre d’initiatives individuelles ou collectives, le sentiment général qui se dégage de la situation en France est un certain désintéressement. Il est surprenant dans la mesure où le potentiel des eaux maritimes françaises (marées, courants..) est très important (40% du potentiel européen est français).

Carte des courants marins Bretagne Manche

Les projets en France sont concentrés dans le Finistère

Certains estiment le potentiel énergétique de la mer exploitable le long des côtes françaises de l’ordre de 5 à 6 gigawatts soit le second en Europe, après le Royaume Uni, estimé à 10 gigawatts, soit aussi 10 fois plus que le puissance éolienne française actuelle.

En France, s’il y a bien eu un concours sur l’utilisation de l’énergie des vagues en 1981, organisé par le CNEXO (ex-IFREMER et l’ANVAR - l’Agence nationale pour la valorisation de la recherche) qui avait distingué deux projets, parmi la vingtaine proposée :
- un dispositif producteur d’électricité permettant de rendre autonome en énergie une bouée marine proposé par la « Société Stéphanoise hydromécanique et frottement » ,

- un dispositif flottant à déferlement présenté par M. Jean Liaud

Suite à cette distinction, ces deux inventions avaient été récompensées d’une « médaille de la recherche et de l’invention » au salon nautique international de Paris en 1982.

Deux autres dossiers n’avaient pas été primés mais avaient été retenus :
- un rotor à ailes planantes présenté par les A.C.M. (Ateliers et Chantiers de la Manche)
- un système de double bélier hydraulique présenté par M.Despujols.

Un houlomoteur hydropneumatique flottant présenté par M. Marcel Pillet n’avait pu concourir, ce qui a entrainé un long contentieux.

Les retombées concrètes de ce concours national semblent néanmoins limitées, pour ne pas inexistantes, le désengagement de l’Etat étant bien réel. En 1996, un maître de conférences de l’Ecole Centrale de Nantes écrivait que depuis 10 ans son laboratoire de Mécanique des Fluides n’avait plus aucun financement pour les problèmes touchant à la récupération de l’énergie des vagues. Quelques projets ont pu se faire jour, ici ou là, ces dernières années (ex:HARVEST du laboratoire grenoblois LEGI).

Mais aujourd’hui, dans notre pays, c’est en effet dans le Finistère, que sont concentrés les projets les plus avancés . La position géographique du département et surtout les compétences du Finistère dans le domaine des sciences de la mer, la présence de sites marins en mer littorale parcourus par des courants puissants (le Raz Blanchard, le Fromveur à Quessant et le Raz de Sein) en sont les principales raisons.

En France, à ce jour, aucun prototype ne fonctionne encore in-situ, même si le « mammouth » EDF, a aussi, son programme de Recherche et Développement sur l’exploitation de l’énergie des courants de marée engagé depuis deux ans.

Par ailleurs, le programme d’EDF vise plusieurs objectifs techniques :
- identifier les sites prometteurs,
- réaliser les études d’impact et d’insertion dans l’environnement marin,
- caractériser les technologies d’hydroliennes les plus performantes.

D’ici l’été 2005, EDF veut évaluer les « profils hydroliens » de la Bretagne-Nord, en lançant une campagne de mesures au large du Finistère et des Côtes d’Armor.

Edf cherche des sites où les courants atteignent au moins 4 noeuds et où la profondeur est relativement importante. Peu de sites français répondent à ces nécessités ( le Raz Blanchard, Ouessant (le Fromveur et le nord ouest de l’île), chenal du Four, raz de Sein, roches de Portsall, goulet de Brest).

Un prototype EDF pourrait être construit ensuite dans les 2 ou 3 ans, probablement sur les côtes finistériennes. l’échéancier est prévu ainsi :
- identification des sites (2004-2005)
- tests techniques (modélisation, prototypes...) en (2006-2007)
- études de faisabilité et éventuellement réalisation (en 2010).

Déjà, au printemps 1979, un premier engin, de taille modeste (un prototype dont le rotor avait une aire de 7 m²) produisant de l’électricité à partir de la houle, fut testé dans le port de Doélan, en Bretagne. La hauteur de la houle étant de 80 centimètres, les expérimentateurs récupérèrent une puissance de 3 kW).

Et puis plus récemment, toujours dans le Finistère, apparurent des projets à vocation industrielle.

Tout d’abord celui proposé par une société quimpéroise, Hydrohelix Énergies créée en 2001. Aujourd’hui cette société qui s’appelle désormais «  Sabella », cherche à réaliser des hydroliennes à turbines géantes avec 6 pales, installées en série ; c’est la force des courants marins qui est alors utilisé pour produire de l’énergie.

En 2005, des essais en bassin ont été concluants. On a vérifié que l’hydrohélienne permet de récupérer l’énergie cynétique des courants de marée et de la transformer en énergie électrique. Pour ses promoteurs, ces machines respectent les écosystèmes et n’ont pas d’incidence sur la navigation, les structures étant totalement immergées (posées et fixées à même le sol à 20 à 40m de profondeur).

Dans une zone de courant de 4 noeuds minimum, pas trop loin des côtes, ( une centaine de sites potentiels recensés en France) chaque parc serait constitué de cinq hydroliennes de 15 à 20 m de diamètre. Ces dernières transformeraient l’énergie cinétique des courants en électricité qui serait acheminée, via des câbles, sur le continent et connectée au réseau national. Chaque hydrolienne produirait 200 kilowatt et fonctionnerait 3 000 heures par an.

Cette société a pris des contacts avec la mairie d’Ouessant car la mer d’Iroise connaît de redoutables courants dans le Fromveur. Cette société a aussi des projets de parc hydrolien à Clohars-Fouesnant, Ile de Sein, Plogoff, Roscanvel (dans le Finistère) mais aussi à la Hague.

La société a réuni autour d’elle un réseau de partenariat avec des entreprises locales regroupés dans le projet « Marénergie ». Labellisé par le pôle Mer Bretagne, le projet "Sabella"a reçu des aides des collectivités territoriales (région, département, communautés de Quimper et Brest) et de l’ADEME Bretagne à hauteur de 350 000 euros.

Marénergie annonce d’abord alors que 3 millions d’euros sont nécessaires pour construire une première centrale-test, une première hydrolienne d’une puissance de 200 kW, en 2008, en Bretagne. Le budget global de l’opération (quatre autres machines devraient suivre, portant la production à 1 mégawatt), d’ici 2 ans, a été évalué à 10 millions d’euros.

Ainsi, malgré sa labellisation, « Marénergie » peine à trouver les fonds nécessaires qui lui manquent et la fabrication du prototype hydrolien de 200 KW de la société Hydrohelix est actuellement arrêtée. Finalement, on apprend (fin été 2007) que les promoteurs de ce programme ont réuni 750 000 euros, suffisants pour réaliser un modèle réduit à l’échelle un demi (3 m de diamètre sur 5,5m de haut reposant sur une plate-forme de 6m sur 8, pesant en tout 8 tonnes). Il s’agit donc d’un « démonstrateur » pour le moment, d’un engin de taille réduite d’une capacité de production de 10kw. L’objectif est de permettre de tester le potentiel et l’éventuel impact de l’engin sur le milieu (il sera équipé de nombreux capteurs).

Ce premier prototype d’hydraulienne « labellisé » , appelé "Sabella", a été immergé à 19 m de profondeur, au fond de l’estuaire de la rivière Odet (Finistère sud) à Bénodet, en janvier 2008, pour une campagne d’essais de 4 mois. Il a été ensuite retiré de l’eau pour être montré à la grande fête maritime de "Brest 2008", avec l’objectif avoué de trouver de nouveaux financeurs pour passer à une vraie unité industrielle d’ici 2 ans.

Un second projet " "Eussabella", plus récent et plus conséquent, pourrait assurer l’indépendance énergétique verte de l’Ile d’Ouessant. Voir la brève sur brest-ouvert.

Il y a aussi le projet porté par la société brestoise « Hydrocap Energy » . Start-up créée à Brest en 2004, soutenue sur sa maison-mère ICCAP dotée d’une large expérience technique, industrielle et opérationnelle en milieu offshore pétrolier, travaille sur un projet propriétaire et breveté, de conversion de l’énergie de la houle offshore en énergie hydraulique, électrique ou, en hydrogène (procédé PALMS). Il s’agit d’exploiter avec des houlomoteurs la force de la houle. Le principe est simple : des barges flottantes récupèrent à travers leur ancrage tendu sur le fond (grâce au principe de la poussée d’Archimède) une énergie actionnant une turbine hydraulique, susceptible elle-même d’alimenter par exemple une génératrice d’électricité.

Ce projet avance mais il est encore en recherche de financement.

Issu du même giron (la société ICCAP), citons le projet de la société Windcap, autre startup créée en 2006, concernant un projet de production d’énergie par la houle : la Plateforme Combinée Seacap.

Plateforme combinée Seacap

Le système consiste en une plateforme en mer dotée de trois pieds-flotteurs qui coulissent en fonction de la houle. Ce mouvement est utilisé pour fournir de l’électricité.

A noter que le système combine l’action de la houle et celle du vent par l’adjonction sur la plateforme, d’éoliennesWindcap.

Sur ce projet, la société Wincap s’est associée à des étudiants des écoles brestoises d’ingénieurs, l’Ensieta (École nationale supérieure des ingénieurs des études et techniques d’armement), l’Enib (Ecole Nationale d’Ingénieurs de Brest) et à un industriel étranger.

Citons enfin le projet Hydro-Gen, inventé et breveté par deux anciens officiers de marine, ingénieurs de l’Ecole Navale, passionnés de technologie maritime.

Il diffère des autres projets puisqu’il promeut le principe de la roue à aube.

Ce projet fait appel à plusieurs partenaires : l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Brest (L’ENIB) pour l’élaboration des plans et de la structure, le lycée technique Vauban de Brest pour la réalisation d’un prototype opérationnel. Il est soutenu par l’ADEME (l’Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie). Les porteurs de projet se sont associés en 2006 avec la société d’océanographie brestoise Actimar qui est chargée pour le projet Hydro-Gen de la recherches de sites, des études d’impact et des demandes de concessions (le site de Plouhinec sur la rivière d’Etel dans le Morbihan est pressenti pour un essai in situ sur 2 ans). Mais aux dernières nouvelles (avril 2007), le préfet du Morbihan s’est opposé au choix de ce site, les promoteurs du projet Hydrogen se sont alors adressés aux élus de la commune de Roscanvel, commune du bord de la rade de Brest, pour obtenir la possibilité de tester la machine (dès fin 2007) à la pointe des Espagnols, un site à l’entrée du goulet de la rade où les courants sont particulièrement forts. Les élus de Roscanvel se sont montrés intéressés.


L’outre Mer, vitrine des énergies marines

Le Grenelle de la mer l’a clairement indiqué : le développement et la production de l’énergie marine en Outre-mer est une priorité. L’insularité et l’éloignement de ces régions les rendent donc très dépendantes
de l’approvisionnement en énergies fossiles dont le coût global est surenchéri par le
transport, les EMR apparaissent donc particulièrement adaptés. L’Etat vise d’ailleurs à une autonomie énergétique de l’Outre Mer, à l’horizon 2030.

Il est donc préconisé de :
− privilégier les départements et régions d’Outre-mer comme zones de déploiement
précoces des technologies d’énergies marines
− étudier la faisabilité de la mise en place d’un démonstrateur d’énergie thermique des
mers dans chaque DOM et TOM.


L’exploitation énergétique des algues marines

L’exploitation énergétique des algues marines reste cependant encore très limitée (cela pourrait bouger assez vite) ; signalons cependant le programme Shamash, basé à Sophia - Antipolis (Alpes Maritimes). Il s’agit d’un projet pluridisciplinaire et collaboratif regroupant regroupant sept équipes universitaires françaises dont l’INRIA Sophia Antipolis et le Laboratoire Océanographique de Villefranche-sur-Mer, ainsi que le CNRS, la Commission à l’Energie Atomique, des Universités, le CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) et une PME Valcobio. Rattaché à deux pôles de compétitivité (Cap Energie à Cadarache et le Pôle Mer à Toulon), il est financé sur trois ans à hauteur de € 2.8 millions et implique des spécialistes en micro-algues, en biocarburants, en photo-bioréacteurs...

Ces équipes travaillent activement sur les microalgues comme carburant possible depuis décembre 2006 après avoir été labellisé par le pôle de compétitivité "Mer" de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. L’objectif qui leur est fixé par l’Agence nationale de la recherche (ANR) est ambitieux : rendre rentable la production des acides gras issus des microalgues et leur transformation en biocarburant.


Un schéma régional breton sur les énergies marines

Le salut viendra-t-il des régions ?
La Région Bretagne, pour sa part, s’engage, elle veut réaliser un schéma régional des énergies marines qui propose de une concertation (à la fois technique et politique) sera lancé en 2008 pour élaborer un schéma régional sur les énergies marines. L’objectif est de construire une vision partagée des perspectives ouvertes aujourd’hui par les énergies marines et un cadre commun pour développer recherche, innovations et activités dans ce domaine.. Dans son Plan pour l’Energie en Bretagne (juin-juillet 2007), elle propose la constitution d’instances techniques et de concertation rassemblant les acteurs concernés pour expliciter collectivement le type de projets à promouvoir et la manière de les mettre en œuvre, se traduisant par l’élaboration de documents de cadrage sur le développement des énergies marines renouvelables en Bretagne.

Plan énergie pour la Bretagne

Ainsi, la région Bretagne se propose de lancer une déclinaison régionale de l’étude nationale ADEME/IFREMER en distinguant une première phase prioritaire sur l’éolien offshore et de manière parallèle, une réflexion identique sur les énergies houlomotrices et de courant notamment au travers d’échanges avec les autres régions et réseaux européens (Conférence des régions périphériques maritimes).

Le soutien à des expérimentations et démonstrateurs est aussi annoncé

Premier volet d’un projet global porté par le pôle de compétitivité Mer (pour exploiter l’énergie des courants marins), le prototype d’hydrolienne Sabella a été baptisé à Bénodet le 28 mars 2008. La Région Bretagne saisit ce temps fort pour affirmer sa volonté de devenir "la" Région française d’expérimentation et de développement des énergies marines et d’accueillir notamment un centre de recherche et d’expérimentation d’envergure nationale.

Un centre de recherche et d’essais sur les énergies marines à Brest

La Région Bretagne accueille, depuis le 15 juillet 2008, à Brest, un centre de recherche et d’essais d’envergure nationale sur les énergies marines. Cette structure nationale fédére les initiatives de Recherche et Développement publiques et privées dans ce domaine. elle associe la Région, IFREMER, DCNS et EDF.

Et Brest vient d’être choisie pour accueillir la plate-forme technologique d’essais et de recherche des énergies marines.

A noter aussi que la région Pays de Loire a aussi son projet de centre d’essais. C’est l’équipe du Searev qui finalise l’installation d’un site d’essai au large du Croisic (Loire-Atlantique), dont l’ouverture est prévue à l’été 2010.

- l’actualité en Bretagne

Pour le développement des énergies marines, La France dispose d’un potentiel marin important, elle a un passé technologique (usine marémotrice de la Rance) en ce domaine et elle peut s’appuyer sur ses nombreux laboratoires, organismes scientifiques et
réseaux d’industriels aux compétences utiles Elle a donc des atouts indéniables.

Pour réussir le décollage de la filière, le Grenelle de la Mer lui fixe deux axes prioritaires :

- s’engager résolument dans la R&D (recherche et développement)

  • créer un appel à manifestation d’intérêt pour la création de démonstrateurs
  • mettre en place des dispositions permettant de financer des structures logistiques
    associées dans toutes les filières afin d’accélérer la maturation de ces technologies, et
    permettre la sélection des plus prometteuses pour la phase de déploiement.

- Préparer le déploiement des énergies marines et la structuration de l’offre

  • investir dans des infrastructures de raccordement mutualisables pour la desserte des
    zones identifiées comme favorables, et assurer une restructuration ou adaptation d’un
    certain nombre de capacités industrielles (chantiers navals…) et portuaires.
  • identifier des sites propices au développement des énergies marines et établir un
    schéma d’implantation de chaque technologie par façade maritime.
  • faire un état des lieux des compétences nécessaires pour développer les filières,
    identifier les manques et mettre en place des formations adéquates.
  • favoriser un déploiement précoce de ces technologies par le biais de dispositifs incitatifs
    adaptés à la maturité de chaque technologie (lancement d’appels d’offres, mise en place
    de prix de rachat, ...).

Plus concrètement, les acteurs devront :

- faire progresser les rendements énergétiques
- améliorer la fiabilité, le temps de pose pour baisser les coûts de maintenance et d’installation
- apprendre à travailler ensemble. Les grands groupes tels EDF, doivent apprendre à collaborer avec les petits acteurs (PME, laboratoires) plein de créativité, d’imagination...

Les pouvoirs publics devront répondre à la nécessité :

- d’un bon réseau électrique à terre dans les communes du littoral,
- d’une simplification des procédures,
- de la définition de politiques de soutien de la filière , stables et clairs,
- de l’établissement de zones de déploiement de machines ( exemple Belge) en mer, une planification territoriale,
- de la mise en place de sites de tests et d’essais pour les prototypes

La signature de la convention IPANEMA, Initiative PArtenariale Nationale pour l’émergence des Energies MArines, signée à Brest, le vendredi 17 octobre 2008, par l’Etat, de nombreuses régions et par des grandes entreprises, est -elle de nature à apporter des éléments de réponse ?

Une lueur d’espoir dans un océan d’incertitudes... ?

Cet avenir ! Il n’est pas tracé !

Nous sommes au début du chemin, il passera peut être par :

- des installations multi-énergies associant par exemple, éolien et turbines sous-marines ou houlomotrices

et sans aucun doute
- une résolution du problème du stockage de l’énergie pour les installations installées au large, loin des côtes, des recherches sont en cours et elles avancent bien.

Le fait qu’une grande société française comme DCNS affirme vouloir devenir un acteur clef de cette nouvelle filière industrielle en Europe, montre que les choses évoluent désormais à un autre rythme dans notre pays et que l’on va passer à une autre échelle dans les mois et années à venir (voir labrève sur Brest-ouvert).

A suivre de près...


Des liens

http://www.iccap.fr/

http://domsweb.org/ecolo/eolien.php

http://www.thewindpower.net/

http://www.enerzine.com/

http://www.econologie.com/

http://oleocene.org/

http://www.windpower.org/fr/tour/wres/index.htm

http://energiesdelamer.blogspot.com/

PowerPoint - 6.3 Mo
"Les énergies marines" 6,2 Mo
PDF - 90.5 ko

PLAN ENERGIE POUR LA BRETAGNE
Une ambition et une stratégie pour relever le défi
énergétique et climatique

réunion – juin - juillet 2007

Posté le 25 juin 2010 par Christian Bucher
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info
Nouveau commentaire
  • Juin 2010
    19:53

    L’énergie de la mer en France : à quand le décollage ?

    par Skapad

    Il est agréable de lire des chiffres aussi ronds que ces 100 millions d’euros dédiés pour cette technologie et qui serait en mesure d’effacer à jamais la sempiternelle chanson hivernale à propos du manque de production d’électricité ici en Bretagne...et tout cela dans un délai de 10 à 15 ans, du boulot à la pelle et seulement si l’on y mettait vraiment le prix !

    - 100 millions d’euros ! Pourtant, ce n’est rien en comparaison des budgets pharaoniques consacrés pour les machines nucléaires dites de 4 éme génération, un nom de façade pour requalifier le super phénix qui lui avait déjà échoué avec des millions de francs engloutis, et un chantier de démantèlement des plus dangereux. (le modérateur sodium liquide est un explosif quand il est au contact de l’air et de l’eau, deux éléments extrèmement rare sur notre planète)

    - 100 millions pour hydrologique

    - 650 millions pour les réacteurs à neutrons rapides de la 4 G !

    - Le réacteur philosophale du CEA , dont ils nous assurent d’une probable exploitation industrielle en 2040 ! C’est à dire 20 ans trop tard pour un effet salutaire sur l’effet de serre et pourtant trop souvent vanté en capacité d’efficacité par les promoteurs du nucléaire. 650 millions sur le 1 milliard d’euros en R&D concédés au CEA par l’emprunt ! Et la CDC qui vient de sonner l’alerte en déficits, que dit elle là dessus ? Rien ...rien de rien ...nada !

    - Alerte et mobilisation , car la première échéance importante est fixée par la loi du 28 juin 2006 se situe fin 2012, l’agenG4 et neutrons rapides du Super Super Phénix, le retour ….Made in CEA !!!

    Depuis le site du CEA :


    […Introduction : Vers un nucléaire durable

    Pour faire face aux besoins croissants en énergie, à l’épuisement progressif des ressources fossiles et à la logique de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de plus en plus de pays souhaitent se tourner vers l’énergie nucléaire.

    Aujourd’hui, elle assure 16% de la production mondiale d’électricité, avec plus de 400 réacteurs en fonctionnement. A l’horizon 2030, l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) prévoit une augmentation de 20 à 80% de la puissance nucléaire installée dans le monde. 45 réacteurs électronucléaires sont en construction dans le monde et de l’ordre de 130 autres sont prévus, principalement en Chine, en Inde, au Japon, aux États-Unis et dans la Fédération de Russie. En outre, certains pays qui ne comptent pas encore de réacteurs de puissance dans leur parc électrique ont décidé d’opter pour le nucléaire, notamment au Moyen Orient et en Asie.

    L’emprunt national lancé par le gouvernement en début d’année a alloué 1 milliard d’euros à la recherche dans le nucléaire civil. Sur cette somme, 650 millions d’euros sont destinés, sur la période 2010-2017, au développement du prototype de quatrième génération que la France s’est engagée à mettre en service à l’horizon 2020, Astrid. Ce projet s’inscrit dans chacun des trois défis de l’Emprunt national : "l’économie de la connaissance", la "compétitivité des entreprises" et les "équipements industriels innovants"

    …//…

    Plus mature, la filière RNR sodium peut répondre plus facilement au cahier des charges extrêmement exigeant de la quatrième génération. Elle apparaît comme la seule raisonnablement compatible avec l’échéance de 2040. D’où la priorité plus forte qui lui est accordée. C’est cette filière qui servira de référence au prototype français Astrid qui doit être mis en service à l’horizon 2020.

    …//…

    La première échéance fixée par la loi du 28 juin 2006 se situe fin 2012, date à laquelle les pouvoirs publics devront pouvoir disposer de premiers éléments budgétaires (notamment en termes d’investissements, coûts de fonctionnement et partenaires définis), mais aussi techniques, pour une prise de décision de construction du prototype. Aussi, le CEA prévoit-il de réaliser un Avant Projet Sommaire (APS) pour une première évaluation du coût d’investissement à cette échéance, la définition des options techniques innovantes et des options de sûreté, ainsi que du planning de déploiement.

    L’objectif est une construction d’Astrid à partir de 2017 pour un chargement du cœur en combustible à l’horizon 2020.Ce calendrier ambitieux sera soumis à chaque étape clé à une revue critique de changement de phase.


    Alors, c’est pas tant la tête à résident qui compte dans ce cas là, c’est pour ce sujet, ce qu’il va signer ou non, tant en R&D délirant que de la prolongation de la récréation à neutrons rapides ou non.

    A l’heure de la crise financière et de la dette publique astronomique, si il y a un endroit ou des efforts devront etre faits, c’est bien ici, car il est hors de question de continuer à satisfaire les rêves éveillés d’une caste de technocrates et du clergé nucléocrate, qu’il est temps de siffler la fin de la partie...

    Alors ! Que dit-on dans les hautes sphères des appareils et à ce sujet ?

  • Décembre 2009
    07:48

    L’énergie de la mer en France : à quand le décollage ?

    par Skapad

    Énergies marines : Des chiffres et du vent !

    Attention aux manipulations médiatiques ......

    Pour abonder....

    L’après Brennilis, la fin du nucléaire ? Par Aurélie Thépaut le 10/12/2009

    http://www.bretagne-durable.info/ecomag/dossier/l’après-brennilis-fin-nucléaire

    Extrait

    […//…Selon Pierre Maille, président du conseil général du Finistère et président de la Cli, « Brennilis a joué son rôle expérimental ». D’après lui, l’abandon du nucléaire en Bretagne est aussi le signe qu’il faut se tourner vers d’autres types d’énergie…

    …//…

    en indiquant que la situation de faible production bretonne est « une opportunité pour développer plus encore la diversification des modes de production. » Et ce, notamment afin de développer des savoir-faire dans des domaines technologiques et de services susceptibles d’émerger dans la décennie à venir. Les nouvelles énergies bretonnes pourraient bien, cette fois, venir de la mer !...//…]

    - Ce que je retiens de cet article - l’extrait ci dessus - en dehors de son titre alléchant et du juste constat du Président du CG 29 à propos du potentiel développement breton pour ces nouvelles technologies, aura nécessairement besoin d’un appui politique autre que de la simple intention. Car près de 30 ans après l’abandon « mitterrandien » de la centrale nucléaire de Plogoff, le "trop" d’espoir misé par Pierre Maille sur le développement des énergies marines en Bretagne n’est étayé par aucun plan de financement crédible, et qui dans l’exercice n’est resté pour l’instant qu’au stade de l’incubation.

    Et pourtant, certains industriels ne manquent pas d’opportunisme à surfer sur la vague verte du moment, grâce aussi à la duplicité bienveillante de nos médias régionaux. D’ailleurs depuis la visite du premier ministre à Brest au sujet de l’incubateur hydro-éolien, et bien avant également, beaucoup de choses ont été dites sur le développement de ce secteur par l’entreprise DCNS.

    Un nombre invraisemblable d’article sur ce sujet qui s’apparente surtout a du " vert lavage " pour cet industriel et avant tout installateur de réacteur nucléaire pour les sous marins SNLE et autres joujoux militaires. Ce pôle de compétence, intitulé « incubateur » et de ce qu’en dit la définition sur wikipédia, me semble très mal approprié.


    Extrait
     :

    [...Un incubateur d’entreprises est une structure d’accompagnement de projets de création d’entreprises. L’incubateur peut apporter un appui en termes d’hébergement, de conseil et de financement, lors des premières étapes de la vie de l’entreprise.

    À la différence d’une pépinière ou d’un hôtel d’entreprises, un incubateur s’adresse à des sociétés très jeunes ou encore en création, et leur propose un ensemble de services adaptés.

    Les incubateurs peuvent se différencier entre eux par les services qu’ils proposent, leur caractère lucratif ou non, ou encore le type de projets qu’ils ciblent....]

    - Un nombre considérable de documents journalistiques qui ont fait la part belle aux bonnes intentions venteuses, mais qui n’expriment à aucun moment la réalité des chiffres en investissement pour la recherche et le développement sur ces énergies nouvelles. Sauf à l’apparition d’un minuscule papier parut sur le Télégramme de Brest ce 10-12-09**, ou l’on peut y lire l’annonce du service de presse de DCNS et de « l’énorme » investissement humain de 20 ingénieurs (dans un premier temps) par cet industriel dans un secteur ou tous désormais misent sur des marchés de plusieurs dizaines de milliards d’euros dans la décennie qui se présente !

    Soit 1.5 million d’euros par an ; sur les 64 millions du budget R&D de DCNS, ou encore le 1/1000 agent à vent, ou encore l’équivalent en dépense des six mois de la campagne publicitaire d’AREVA en éclairage "énergivore et idiot" de la Tour Eiffel durant la présidence française à l’Union Européenne ! Lui , le bling, en était ravi !

    Alors, il faudra encore d’autres efforts avant de prétendre à une quelconque exploitation industrielle de ce potentiel énergétique marin....

    «  Messieurs les décideurs, il est temps de se bouger, l’état d’urgence est depuis longtemps dépassé.  »

    ** http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/dcns-un-incubateur-sur-les-energies-marines-a-brest-10-12-2009-692894.php


    Photo montage (essai)

    http://webmail1fb.orange.fr/webmail/fr_FR/download/DOWNLOAD_READ_JPG.html?IDMSG=2155&PJRANG=2&NAME=PUB+mensong%C3%A8re+DCNS.jpg&FOLDER=INBOX.OUTBOX