Les candidat-e-s d’Europe Ecologie Bretagne se présentent : René Louail
Aujourd’hui René Louail, 2ème sur la liste EEB des Côtes d’Armor
Brest-ouvert commence une présentation des têtes de liste départementales d’Europe Ecologie Bretagne. Merci aux candidat-e-s d’avoir bien voulu répondre à quelques questions.
Aujourd’hui René Louail, 2ème sur la liste EEB des Côtes d’Armor. René Louail, syndicaliste paysan, ex porte-parole de la Confédération paysanne (avec José Bové) en de 2000 à 2004, co-président de Coordination Européenne Via Campesina, se livre au petit jeu de l’interview.

Brest-Ouvert : C’est la première fois que tu te présentes à une élection à caractère politique (régionales 2010) : qu’est-ce qui te pousse, te motive à franchir le pas et rejoindre Europe Ecologie Bretagne ?
Les grands défis dont l’humanité est confrontée (crises : climatiques, démographique, sociale, environnementale, alimentaire, énergétiques etc...) nous amène à traduire dans les faits un changement radical dans le domaine des politiques de développement, des modes vies, de transport, des consommations...
L’ouverture d’Europe Ecologie aux acteurs de la société civile est le seul projet capable de répondre à cette dynamique attendue, dans le prolongement des résultats aux élections Européennes. La région, avec l’ensemble des régions d’Europe peut créer un contre pouvoir aux politiques ultra libérales imposées par la commission européenne et la politique antidémocratique de Nicolas Sarkozy.
Mon engagement récent en politique correspond à une volonté de participer à traduire dans les faits la construction d’une politique alternative. La construction atypique d’Europe écologie nous donne cette possibilité de faire de la politique autrement, en totale adéquation avec le mouvement associatif, là ou s’exprime majoritairement la démocratie. Quoi de plus motivant que de participer dans une dynamique de rassemblement et de projets où tout notre combat est de mettre l’homme au coeur de la société. Cependant j’ai une exigence, il ne peut pas avoir d’ambiguïté, entre l’engagement syndical et politique.
B.O. : ton expérience syndicale paysanne est, elle, importante (porte-parole de la Confédération Paysanne de 2000 à 2004, co-président Coordination Européenne Via Campesina).
Peut-elle s’avérer un atout supplémentaire pour agir en sein du Conseil régional, pour assurer un avenir à l’agriculture bretonne ?
Je me suis investi dans le syndicalisme paysan depuis mon installation à l’âge de 22 ans, j’ai participé également dans la création d’associations de soutien aux agriculteurs en difficultés, milieu et fin des années 80, dans mon département et au niveau national.
J’ai été porte parole national de la confédération paysanne de 2000 à 2002 et ensuite j’ai été co-fondateur de la coordination européenne Via campésina (25 organisations européennes). Une expérience humaine, culturelle et politique extraordinaire, enrichi par les multiples déplacements et rencontres au niveau national et international, et surtout par la découverte de cette diversité culturelle tellement complémentaire pour vivre et construire ensemble.
Ce parcours permet de mieux comprendre et relativiser à la fois le développement de notre région où l’agriculture et l’agroalimentaire y occupent une place prépondérante. Nous produisons beaucoup, mais paradoxalement nous avons peu de valeur ajoutée, nous perdons dans le même temps beaucoup d’emplois et dégradons notre environnement. Fort de l’expérience d’autres régions en Europe, la Bretagne peut inverser cette tendance et le conseil régional, avec les autres collectivités territoriales, peut participer à construire une agriculture de qualité à forte valeur ajoutée, en créant des emplois, notamment des jeunes.
Mon expérience européenne permettra de continuer le travail d’échanges entre la région, le Comité des Régions à Bruxelles, la Commission Agricole du Parlement Européen et la Commission Européenne à une période décisive et stratégique puisque nous allons débattre dès début 2010 des questions budgétaires de la politique agricole pour redéfinir la PAC de l’après 2013. La Bretagne doit apporter sa contribution pour une autre légitimité de la PAC, en demandant une conditionnalité plus forte pour une agriculture qui protège, qui emploie et qui met la qualité de l’alimentation comme prioritaire.
B.O. : Comment imagines-tu ton action au sein du conseil régional ?
Toute mon action reposera sur un travail d’équipe, au sein du groupe Europe écologique, mais également avec nos partenaires qui souhaitent avec nous une politique de gauche. Nous mettrons en oeuvre une vraie politique sociale et environnementale forte. Nous aurons à renforcer nos partenariats avec le réseau associatif pour construire des projets innovants... En fait le contraire de ce que propose Bernadette Malgorn, qui souhaite décliner l’état en région par plus de centralisme en continuant à fragiliser le tissu associatif... Accentuer les inégalités... !
B.O. : Et La Bretagne de demain, tu l’imagines comment ?
Lorsqu’on s’engage dans un projet aussi ambitieux, on le fait avec d’autant plus de force qu’on aime sa région !
Forte de sa capacité à innover et s’adapter, la région doit offrir la possibilité à tous ses acteurs de créer des projets avec un regard sur le monde, non pas comme concurrents mais comme partenaires. Nous avons à favoriser le partenariat entre les différents acteurs régionaux ; entre des métiers de l’artisanat, de l’agriculture... pour créer des synergies porteuses de richesses.
La région doit également réfléchir pour accueillir cette jeunesse, parmi les mieux formées de France, en quête d’un premier emploi.
Nous avons un vaste chantier à ouvrir et dans les délais les plus brefs, pour que nous soyons "pilotes" dans les énergies renouvelables, notamment, l’éolien, l’hydrolien, le photovoltaïque etc...
Avec plus de 30 000 habitants/an, la question du partage et de l’usage du sol devient de plus en plus préoccupant. Il nous faudra réfléchir comment élargir les compétences de l’E.P.F.R. (établissement public foncier régional) pour éviter un accaparement injustifié des sols par une minorité.
Je souhaite que l’installation en agriculture relève de l’utilité publique, que nous puissions apporter une réponse positive à ces 500 jeunes porteurs de projets à forte valeurs ajoutée et de circuits courts, abandonnés par certaines organisations agricoles !!!
La défense de l’environnement, résultat d’un productivisme forcené, est une urgence, tout comme la préservation de la biodiversité animale et végétale La recherche publique, comme la formation continue sont autant d’atouts à développer pour notre région.
Une région ouverte sur le monde, accueillante, région qui doit prendre sa part de responsabilité par rapport à toutes ces populations, que certains appellent les migrants climatiques...
voir le site d’Europe Ecologie Bretagne
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info


Poster un message
Brest en Bretagne
