Je souhaite une meilleure année 2010 pour « Les nouveaux lépreux »
une réaction de Michel Marzin, ancien adjoint à l’action sociale à Morlaix (29)
A Morlaix (29), la nouvelle municipalité de droite a fait ériger des grilles condamnant l’accès d’un arbre et un lieu fréquenté par les marginaux, rue de Brest.
Une première fois démontées le 30 mai 2009 , en marge d’un « pique-nique festif » auquel participaient 80 personnes, militants associatifs, élus et citoyens, elles l’ont été une nouvelle fois, le 19 décembre, à l’initiative du collectif Au pied de mon arbre.
Le maire Agnès Le Brun a porté plainte pour « dégradation de bien public et vol en réunion » et a annoncé qu’elle refera poser les grilles au nom de sa légitimité à faire respecter l’ordre public.
Michel Marzin, ancien ancien adjoint à l’action sociale, porte-parole des Verts, a voulu adresser ses voeux publiques dans le contexte de cette affaire emblématique.

Personne n’en veut : ça fait tâche, ça dévalorise le quartier. Il faut les cacher, les chasser si nécessaire.
Leur problème est connu mais on ne le nomme pas. Je l’appellerais « le syndrome du rejet ».
En effet, quand ils consultent, les médecins les rejettent après quelques heures d’observation : leur mode de vie marginal ne relève pas en tant que tel de la maladie.
La majorité des travailleurs sociaux les rejette aussi puisqu’ils refusent d’adhérer à « un projet de vie ». Les bourgeois se comportent en bourgeois, et les victimes du syndrome rejettent en bloc cette société qui les méprise.
Elles suivent pourtant un double traitement efficace : un analgésique puissant, naturel absorbé en quantité malgré ses effets secondaires redoutables, et ils ont un accompagnement psychologique canin efficace. Que leur manque-t-il pendant les grands froids ?. Il leur faut un toit tout simplement, une bicoque pas trop vitrée, pas trop chauffée, avec un mobilier solide, facile à nettoyer, mais sans voisins proches et pas trop loin des « bistrots conviviaux ». Ça ne coûte pas cher.
Cela est-il faisable ?. Oui, facilement : il y a des centaines de mètres carrés désaffectés « en friche » qui répondent au besoin. Il suffit de trouver un volontaire qui ouvre le soir, fait chauffer un peu de soupe et revient fermer le lendemain matin après avoir fait le ménage.
Pourquoi les élus ne gèrent-ils pas ? Yvon me dit avec son sourire inaltérable « je te soutiens sans problème », René ajoute « ma ne goust sort ebet, mad eo evidon », Jacques suit « l’autogestion m’a toujours tenté, vas-y ». Agnès, préfère surveiller ses grilles répugnantes, mais c’est pourtant elle qui détient la clef (au sens propre) puisqu’elle est présidente es qualité du conseil d’administration de l’hôpital où se trouvent des locaux adaptés, vides et disponibles.
C’est la seule solution selon les ONG, qui recensent jusqu’à 30% d’évolutions positives après cette marque de sollicitude de la société pour ces nouveaux lépreux.
Je veux bien servir de guide et sonder les bonnes volontés.
Bloavez mad da tout an dud !
Michel MARZIN, ancien adjoint à l’action sociale.
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info
Un peu de couleur et de chaleur estivales.
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