print

"Moi : Osmane le pirate somalien" : le livre référence de l’Amiral Laurent Merer sur la piraterie

dimanche 17 janvier 2010

J’ai souhaité, pour la seconde fois, apporter mes réflexions sur un ouvrage Moi, OSMANE PIRATE SOMALIEN écrit par un marin, l’Amiral Laurent MERER un homme qui connaît bien le milieu de la piraterie et qui a un regard tout autre que les spécialistes ou les diplomates sur ce phénomène croissant dans certaines régions du globe. La piraterie existe depuis toujours et a parfois même été au service de pays. Mais les dérives, les prises d’otages très médiatisées, sont-ils des actes terroristes ? Sur ce point l’Amiral écrivain est sévère, certainement parce que lui, il les a côtoyés.

Cet ouvrage est écrit par un marin et quel marin ! Amiral, écrivain, conférencier et grand voyageur et défenseur de la mer et des marins l’Amiral MERER a été confronté au terrorisme et à la piraterie dans l’océan Indien lorsqu’il y dirigeait des opérations navales. Son approche du phénomène est celui d’un spécialiste, il sait de quoi il parle.

Cet ouvrage est très contemporain, très objectif tout autant que celui qui a tenu la plume, pour en faire un . Dans la première partie de son roman l’écrivain décrit une réalité. Même si les personnages de son livre sont fictifs on peut facilement s’imaginer que le fond est tout à fait véridique.

L’ouvrage de l’Amiral écrivain est si proche de la réalité qu’il pourrait faire l’objet d’un documentaire télévisé, d’un article de Grand Reporter. Dans un second temps, l’auteur analyse la situation en nous rappelant que la sécurité et la sûreté dans quatre régions du monde sont un vain mot et qu’elle reste très aléatoire. En effet, les richesses transportées par des navires (poubelles ou non) créèrent ou créent des envies aux populations dans certaines régions pauvres où les hommes manquent de tout y compris du strict minimum. Je ne cherche pas à pardonner ces pirates, mais après avoir lu ce livre je comprends mieux l’histoire de ces adolescents, qui prennent des risques démesurés. Mais ont-ils le choix ? La pêche ne leur permet plus de vivre et eux aussi veulent une part de richesses qu’ils voient passer au large de leurs côtes.

Les pirates se trouvent aujourd’hui, et ce n’est pas un hasard, dans quatre régions du monde (la mer des Caraïbes, le golfe de Guinée, la Corne de l’Afrique et le détroit de Malacca). Ces actes de piraterie vont-ils se déplacer avec les nouvelles voies maritimes ? Ces pirates sont déterminés, parce qu’ils sont pauvres, parce qu’ils savent aussi que les pays occidentaux ne peuvent pas grand chose face à l’immensité des océans.

Nos Marines Nationales et Européennes ne font qu’acte de présence. Les armateurs qui s’organisent depuis des décennies pour immatriculer leurs navires dans des paradis fiscaux, afin d’échapper aux lois sociales et fiscales, n’ont pas dépensé suffisamment d’énergie pour parer à la piraterie. Les armateurs sont impuissants devant ces pirates. Ces pirates ont compris que les marins « otages » (eux aussi issus pour un grand nombre de pays pauvres) ne sont pas prêts à laisser leur vie pour défendre des biens (navires et cargaisons).

L’histoire d’OSMANE et ses amis est une histoire banale pour certaines populations du globe et tellement injuste pour notre regard d’européen. J’espère que les lecteurs trouveront comme moi un réel plaisir à lire cet ouvrage même si l’analyse de l’auteur sur la situation nous met à certains moments face à nos responsabilités.

Lorsque j’ai posé cet ouvrage sur le chevet, je me suis dit que ces hommes dont on a pillé et continuons à piller les richesses, qu’ils ne sont pas des terroristes (cette analyse n’engage que moi).

Personnellement en tant que Président de l’association MOR GLAZ, j’avais été interrogé par les médias sur une prise d’otage de marins français qui travaillaient en Afrique pour un armateur français. Je rappelais alors que tout acte qui met en danger la vie d’autrui est condamnable, mais que ferions-nous, si comme Osmane, nous étions habitants de pays pauvres, sans aucun espoir pour nous et nos familles ?

Ces pirates ont trouvé un moyen de trouver de l’argent, au lieu de les chasser si nous décidions de les aider une fois pour toute en partageant plus équitablement.

Merci à l’Amiral écrivain qui nous fait réfléchir sur nos comportements. J’aurais souhaité qu’il n’emploie pas le terme de terroriste, pour le reste l’ouvrage correspond à l’homme que j’ai pu apprécier lorsqu’il était Préfet Maritime de l’Atlantique.

Amiral, merci « Moi, OSMANE PIRATE SOMALIEN » devrait lors de la prochaine prise d’otages faire mieux comprendre que ces hommes, ces pirates sont dépourvus de tout et que des milliards de tonnes de marchandises passent à quelques milles de côtes où la population est privée parfois des produits de première nécessité... Parce que ces pirates mettent en difficultés les sociétés occidentales pour autant sont-ils des terroristes ?……..

Je ne pardonne pas, mais je m’interroge,.

Jean-Paul HELLEQUIN

Président de l’association MOR GLAZ

©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info

Forum
Brest ouVert - http://www.brest-ouvert.net