Brest ouVert

Lancé par les élu.e.s Europe Ecologie Les Verts de Brest, Brest-ouVert.net est un site d’information et de débat public ouvert à chacun.e selon la charte

Séance du 4 mai 2010

Débat parlementaire Grenelle 2 : l’intervention décapante du député vert Yves Cochet

Madame la présidente, mesdames et messieurs les ministres, monsieur le président de la commission du développement durable, messieurs les rapporteurs, la question que je me pose en premier lieu est la suivante
 : ce projet de loi Grenelle 2 est-il une avancée ou une régression ? Je vais essayer d’y répondre de manière équilibrée plutôt qu’avec le triomphalisme du ministre d’État.

Depuis le début du processus en 2007, les écologistes associatifs, qui en étaient partie prenante, comme nous-mêmes, les écologistes politiques, n’ont cessé d’affirmer qu’il est tout autant le résultat de nos combats militants depuis des décennies qu’une décision gouvernementale. Les deux ont joué et, de ce fait, le Grenelle n’est pas plus la propriété de M. Borloo ou de M.
Sarkozy que celle des syndicats, des associations, des collectivités territoriales ou la nôtre. Le Grenelle appartient à tout le monde, mais nous, nous voulons le sauver, car il est mal en point.

Voyons d’abord le contexte.

Depuis le sommet de Copenhague, ou peut-être un peu avant, il est marqué par une sorte d’écoloscepticisme. Certains lobbies y ont contribué ; sans doute quelque peu « défrisés » par les avancées du processus du Grenelle, ils se sont dit qu’il ne fallait pas aller trop loin. Lors du salon de l’agriculture, le Président Sarkozy lui-même a dit : « L’environnement, ça commence à bien faire ! » Parole malheureuse, inspirée par l’air du temps, mais parole vraie puisque plusieurs projets ou propositions de loi présentés en dehors de ce cadre ont « détricoté » le Grenelle de l’environnement. J’en cite quelques-uns.

Ce fut d’abord la loi du 25 juin 2008 relative aux OGM. Le sujet n’entre pas directement dans le cadre du Grenelle mais il avait tout de même fait l’objet d’un groupe de travail. Nous avons voté contre ce texte. En effet, même si la France a recouru à la clause de sauvegarde contre le Monsanto 810, il sera possible de produire des OGM dans notre pays, en fonction des décisions du comité scientifique du Haut conseil des biotechnologies. À nos yeux, c’est la porte ouverte à la contamination de l’agriculture.

Il y eut ensuite la loi « Chasse » du 31 décembre 2008 qui permet aux organisations de chasseurs d’obtenir le label d’association de protection de l’environnement.

En février 2009, une autre loi a autorisé le Gouvernement à adopter par ordonnance un régime d’autorisation allégée des installations classées pour la protection de l’environnement, les ICPE, sources de pollution et de nuisance. Nous y reviendrons à propos des éoliennes qui ne doivent justement pas être des ICPE.

Puis nous avons connu l’abandon de la contribution énergie-climat du Grenelle 1, qui concernait bien ces deux domaines. Est-ce une simple faute de communication ? Je pense que cela est malheureusement plus grave.
Enfin, les deux derniers rapports dans ce domaine nous ont vraiment déçus.

Je veux parler du rapport Ollier-Reynier sur les éoliennes et de celui de MM. Gatignol et Etienne du 28 avril 2010, pour l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques, sorte de plaidoyer en faveur des pesticides qui remet en cause le plan écophyto 2 018 du Grenelle 1.

Dès lors, quelle position allons-nous adopter ?

André Chassaigne a déjà annoncé que, de toute façon, et quelle que soit la façon dont le débat se déroulera, les députés au nom desquels il s’exprimait voteront contre. Nous ne disons pas cela : nous voulons sauver le Grenelle, qui est à nous autant qu’à vous. Néanmoins notre vote final dépendra de trois séries de considérations : Allons-nous préserver et même renforcer certains acquis du Grenelle, sur lesquels je reviendrai ? Les dispositions introduites par le Sénat ou lors du débat en commission et qui constituent autant de régressions seront-elles annulées par l’adoption de certains amendements ? Enfin, l’Assemblée, dans sa grande sagesse, adoptera-t-elle quelques avancées que nous proposerons par amendement ?

Je reviens d’abord sur les acquis du Grenelle. Il y en a, nous le reconnaissons, comme la prise en compte de l’ensemble du cycle de vie des bâtiments pour faire des économies d’énergie. C’est sans doute d’ailleurs le titre Ier du texte qui est le meilleur, comme cela était le cas dans le Grenelle 1. L’attestation de performance énergétique, le test acoustique réglementaire à l’achèvement des travaux et d’autres dispositions de ce type nous satisfont. M. Apparu, dont c’est le domaine, peut se réjouir si l’on va vers des logements de qualité acoustique et thermique, des logements « grenellocompatibles ».
Il y a aussi l’obligation des bilans d’émission de gaz à effet de serre pour les entreprises de plus de 500 salariés, les grandes administrations, les collectivités. C’est une bonne chose, et nous le disons.

Je cite encore la certification environnementale des exploitations agricoles. Nous sommes pour que l’agriculture soit à haute valeur environnementale et ce n’est pas à M. Jacob que j’apprendrai ce que cela peut être. Toutefois il ne faut pas que cela serve de masque à ce que la FNSEA appelle l’agriculture raisonnée. Nous sommes favorables non pas à l’agriculture raisonnée, mais à l’agriculture biologique, et il ne faudrait pas que le prétexte de la haute valeur environnementale freine les conversions à l’agriculture biologique. Nous verrons ce qu’il en sera en pratique.

Il est également indispensable de renforcer la trame verte et bleue, dont nous reparlerons à propos de la biodiversité. Un de mes amendements a même été adopté en commission, avec le soutien de Mme la secrétaire d’État. Comme il existe des contradictions dans cette énorme majorité que forment les groupes UMP et Nouveau Centre, nous verrons si le Gouvernement sait donner des orientations qui s’imposeront contre l’avis de certains députés de sa majorité.

Une nouvelle taxe sur les déchets est créée ; c’est très bien. La publicité pour les pesticides est encadrée et limitée au cadre professionnel ; on sait bien que les amateurs dans leur jardin sont les plus consommateurs de Round Up. On encadre aussi plus précisément le greenwashing – ou si vous voulez, pour nous exprimer en français, le verdissement « cosmétique » – de certaines entreprises qui distribuent de belles brochures vantant la croissance verte et le développement durable, mais n’en continuent pas moins à polluer. Il y a aussi le renforcement – auquel je suis très sensible pour y avoir contribué – des plans de prévention des risques technologiques, instaurés après la catastrophe d’AZF du 21 septembre 2001.
Je pourrais citer d’autres acquis car le Grenelle 2 contient de bonnes choses, je le reconnais en toute honnêteté. Cependant il faut aussi, tout aussi honnêtement, dire ce qui, dans ce texte, constitue une régression, suite au passage au Sénat et dans deux commissions de l’Assemblée.

La première est l’abandon de la taxe carbone. Pourtant, elle est inscrite dans le Grenelle 1 ; pourtant vous avez essayé d’y revenir dans la loi de finances initiales pour 2010. Certes elle avait beaucoup de défauts dans la présentation qu’en faisait le Gouvernement ; elle était un peu « riquiqui », avec une assiette insuffisante, un montant initial trop peu élevé pour être dissuasif pour certains et les inciter à réaliser des économies d’énergie.

Dans son rapport très mesuré, M. Rocard, qui est au fond un ami du Président de la République, demandait qu’elle soit au moins de 32 euros la tonne. Or on est à moins de 20 euros sous prétexte que le marché est bas. Pourtant le marché, cela va, cela vient. Un montant de 32 euros était un minimum. Pour ce qui est de la progression, vous aviez choisi une progression exponentielle. Or quand le point de départ est très bas, la progression semble toujours exponentielle au début, alors que le niveau reste bas. Mieux vaut une progression linéaire pour la taxe carbone, car au début les progrès sont plus nets, même si ensuite c’est l’inverse.

Je vous pose donc la question : le Gouvernement va-t-il remettre en chantier une vraie taxe énergie climat, sur une base plus large et avec une véritable fonction redistributive, qui soit tout à la fois efficace pour l’environnement et solidaire socialement ? Et va-t-il le faire bientôt ? Il ne s’agit pas de nous renvoyer après 2012 ni de nous demander d’attendre une harmonisation fiscale en Europe. Cela fait quarante ans qu’on l’attend ; on peut attendre encore longtemps !

Autre régression sur laquelle il faut revenir : pourquoi avoir repoussé l’étiquetage énergétique ? C’était pourtant l’engagement n° 52 du 25 octobre
2007 et l’engagement n° 63 proposait d’instaurer explicitement l’indication du prix carbone d’ici à la fin de 2010. Il reste quelques mois. Allez-vous le faire ?

En troisième point je veux citer la taxe sur les poids lourds :
l’eurovignette est également reportée.

Quatrième point, sans doute le plus médiatique : l’éolien est entravé.

L’engagement n° 55 du Grenelle prévoyait de développer les énergies renouvelables. Dans une sorte de volontarisme lyrique, la loi Grenelle 1 reprenait d’ailleurs cet engagement. Résultat : aujourd’hui, même quelqu’un d’aussi modéré que M. André Antolini, le président du syndicat des énergies renouvelables,… On ne peut pas contester qu’il soit dans le camp des modérés. Justement, par sa voix, les industriels eux-mêmes disent que vous tuez à peu près les deux tiers des projets éoliens. Cela signifie que nous ne pourrons pas tenir notre engagement de parvenir à 23 % d’électricité renouvelable en 2020.

Nous verrons, quand nous en arriverons à l’article 24, si vous tuez l’éolien. En tout cas, plusieurs alinéas de cet article doivent absolument être supprimés si vous voulez améliorer ce texte, notamment les alinéas 1, 2, 6, 15, 16 et 23.

Cinquième point : les documents d’urbanismes ne sont pas clairement compatibles avec les nouveaux schémas.

À quoi sert de créer de nouveaux documents, des schémas de cohérence territoriale élargis, des DTADD ou directives territoriales d’aménagement et de développement durable, des schémas régionaux de cohérence écologique ?

On va « les prendre en compte » nous dit-on ! Cela signifie, en fait, que des assemblées de bavards en débattront mais que, finalement, cela n’aura aucune influence réelle sur les plans locaux d’urbanisme. Il faut, au contraire, que les documents d’urbanisme soient compatibles. Nous présenterons évidemment des amendements en ce sens. La question est posée, monsieur le ministre d’État : rendrez-vous ces documents compatibles ?

Sixièmement, monsieur Borloo, j’ai discuté avec vos services de l’article 94 quater. On nous avait dit que, dans le cadre de ce texte, le nucléaire ne serait pas évoqué ; je croyais que le sujet était interdit.

Cela étant, c’est finalement le projet de loi qui aborde le sujet.
Monsieur le ministre d’État, selon vos services, l’article 94 quater constitue une grande avancée pour la démocratie car ce qui résultait auparavant du seul autoritarisme gouvernemental fait maintenant l’objet d’une étude d’impact mise à la disposition du public.
Sans que cela retombe sur le bel ordre des jésuites, il me semble qu’il s’agit bien là de jésuitisme.

M. Yves Cochet. M. Piron saura sans doute parfaitement nous éclairer sur la dialectique hégélienne instaurée entre les « modifications notables » d’une installation nucléaire de base et les « accroissements significatifs » de ses rejets. Le Gouvernement prétend qu’il n’y a pas de modifications notables ; nous disons le contraire. En tout cas, il doit y avoir une enquête publique, comme cela est prévu par le code de l’environnement.

Septième point : un très long article du texte porte sur la capture et le stockage du carbone, la CCS en anglais : carbon capture and storage. Vous avez introduit l’article 28 en pensant qu’il s’agissait d’une technologie d’avenir qui permettrait de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, en particulier pour certaines centrales thermiques.
Je connais bien le sujet sur lequel j’ai lu de très nombreux rapports, venant de tous les pays. Actuellement, il existe plus de mille projets de construction de centrales thermiques au charbon, mais seulement quatre d’entre eux font appel à la CCS tout simplement parce qu’elle augmente le prix de la centrale de 30 %.

Quel investisseur accepterait-il de payer 30 % supplémentaires pour faire plaisir aux écolos ? Aucun !

Quant à la technologie de séquestration géologique du carbone, elle n’est pas du tout au point. Tout cela reste très fragile et n’a donné lieu qu’à quelques petites expériences de laboratoire, sans réelle application grandeur nature.

De plus, au coût financier s’ajoute le coût en intensité énergétique. La CCS a un véritable effet pervers, puisque les centrales à charbon seront amenées à brûler encore plus de charbon pour séquestrer le carbone qu’elles produisent ! La déplétion du charbon, du gaz ou du pétrole sera donc encore plus rapide avec la CCS que sans la CCS.
Huitième point : dans ce projet de loi, la gouvernance est un peu trop frileuse ; nous y reviendrons.

Je souhaite que, à l’issue de la discussion générale, le Gouvernement nous dise quelles positions il défendra lors de nos débats sur les huit questions que je viens de poser.

Après les acquis du Grenelle qui nous permettront, je l’espère, de voter finalement ensemble un texte commun – même si, pour le moment, nous ne sommes pas sur ce chemin-là – je veux maintenant évoquer les amendements propres au paradigme écologique et à notre sensibilité. Je vous en donne une liste, mais je ne veux pas vous accabler. (Sourires sur les bancs du groupe
UMP.)

Ces amendements sont importants. M. le ministre d’État nous a annoncé qu’il avait fait un « monument législatif unique au monde ».Nous serions les recordmans du monde de la législation environnementale ; les Français seraient les meilleurs, (« C’est vrai ! » sur les bancs du groupe UMP) et il faudrait pousser un cocorico…

J’ai beaucoup discuté avec mes camarades européens à Bruxelles, à Luxembourg ou ailleurs. En fait, nous rattrapons seulement le retard pris par la France. « Même à l’époque de la gauche plurielle » ajouterez-vous sans doute, monsieur le ministre d’État.

En dehors du strict cadre du Grenelle, très incomplet, il existe des options encore plus fondamentales pour notre société.

Ainsi, il est clair qu’il faut sortir du nucléaire. Comment se fait-il que la France soit parmi les derniers pays au monde à s’entêter dans la voie de cette filière énergétique qui n’a pas d’avenir ? (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Dans quelques années, plus personne n’utilisera le nucléaire. Les coûts écologiques, énergétiques et même thermodynamiques et financiers ne supportent simplement pas cette filière. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Vous avez introduit un nouvel article 19 bis. Vous admettez que les moteurs thermiques des voitures ne sont pas bons  : cela pollue ; nos enfants ont des bronchites… Vous évoquez une révolution industrielle et vous souhaitez que notre pays, qui dispose de bonnes écoles, de bons ingénieurs et même, parfois, de bons industriels, soit à la pointe en matière de fabrication de voitures électriques. Or, monsieur le ministre d’État, c’est un leurre ! (Rires et exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Dans chaque filière et pour chaque technologie, il faut faire le bilan financier et, surtout, énergétique et thermodynamique global. On ne peut pas se contenter de prendre en compte la voiture. Ponctuellement et localement, je veux bien reconnaître qu’une voiture électrique n’émet pas de gaz à effet de serre et qu’elle fait moins de bruit qu’une voiture à moteur thermique ; c’est même l’évidence. Mais d’où vient l’électricité ? (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Avec l’article 19 bis, vous vous préparez tout simplement à faire, comme avec le Concorde ou le nucléaire, une grosse erreur industrielle. Le public va croire que la voiture électrique est propre, alors que ce qui compte, c’est la chaîne de l’offre. Si les industriels français fabriquent des voitures électriques, ils voudront les vendre dans le monde entier. Ce sera, par exemple, le cas de Renault en Israël. Or d’où vient l’électricité ?

Dans le monde, elle est majoritairement issue des énergies fossiles et, en France, majoritairement, du nucléaire. Autrement dit, globalement, plus on fabriquera de voitures électriques, plus il y aura dans le monde d’émissions de gaz à effet de serre et plus il y aura de nucléaire. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Mes chers collègues, c’est pourtant l’évidence ! (Rires et exclamations sur les bancs du groupe UMP.) Dans le monde, l’électricité vient bien majoritairement des centrales à flammes ! Si l’on veut plus d’électricité, il faudra plus de centrales à flammes et plus de nucléaire.
Dites-le franchement ! (

La voiture électrique n’entraîne pas moins de pollution, mais une pollution ailleurs. C’est une sorte de délocalisation de la pollution.
Dans un autre domaine, il faut que nous prenions en compte le cri d’alarme lancé par les apiculteurs qui ont des difficultés à reconstituer tous les ans leur cheptel. Les abeilles sont menacées : il s’agit d’un véritable problème dont nous devons nous saisir sur tous les bancs. M. Martial Saddier est présent qui est un grand défenseur des abeilles et des apiculteurs.

Il faut que le Grenelle 2 participe à leur défense et les mentionne clairement. Pour notre part, nous avons évidemment déposé des amendements en ce sens. On ne connaît pas très bien la cause de la mortalité des abeilles. Il est possible que des attaques systémiques – je pense aux pesticides ou aux insecticides comme le Cruiser ou le Proteus – fragilisent les essaims. Il faut donc que les produits en question soient interdits. (« Très bien ! » sur les bancs des groupes SRC et GDR.) Monsieur Borloo, vous devriez en parler à votre collègue ministre de l’agriculture.

Je ne ferai pas de longs discours sur les OGM, mais nous devons nous orienter vers leur interdiction. (Vives protestations sur les bancs du groupe UMP.) Mais si ! Vous avez peut-être pu consulter les résultats récents d’une étude russe, menée sur deux ans – et pas sur trois mois, comme l’a fait Monsanto – avec des animaux de laboratoire. Ils montrent qu’il y a beaucoup plus de problèmes avec certains OGM que ce que l’on croyait il y a seulement quelques mois.

Nous proposons encore trois véritables avancées écologiques.

Tout d’abord, nous voulons promouvoir une journée de sobriété carnée dans la restauration collective. (Rires sur les bancs du groupe UMP.)

Je propose donc que, une fois par semaine, dans la restauration collective, on s’abstienne de proposer de la viande et du poisson lors d’une journée végétarienne. (Mêmes mouvements.) Les questions d’environnement ne sont pas seules en jeu ; il y a aussi des problèmes de santé publique liés à une alimentation trop carnée. Nous en reparlerons. J’ajoute qu’en termes d’émissions de gaz à effet de serre, l’élevage est proportionnellement quatre fois plus émetteur que la culture céréalière. (Exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Peut-être ignorez-vous tous ces éléments. Cela ne m’étonnerait pas ! On se trompe totalement si l’on pense que la nature ne relève que de compromis entre les humains. Il existe des lois dans la nature
 : croyez vous pouvoir modifier la loi de Newton ? Elle ne changera pas.
(Rires et exclamations sur les bancs du groupe UMP.)

Si vous ne connaissez pas les lois de la thermodynamique de M. Kelvin, il faudra être très prudent pour légiférer sur le sujet. J’ai entendu l’un de vos collègues dire : « Les lois de Kirchhoff sont dépassées, il faut en voter d’autres. » Voilà qui devrait aussi vous faire rire. (Protestations sur les bancs du groupe UMP.)

Il faut introduire l’action de groupe dans le code civil. Il serait intéressant, notamment lors de catastrophes écologiques, mais également dans d’autres cas, de rendre possible ces actions. Les personnes ayant subi des préjudices, qui n’ont pas les moyens d’agir en justice, pourraient ainsi obtenir réparation. Monsieur le ministre d’État, vous êtes aussi un peu avocat ! Les actions de groupe peuvent aider les petites gens à se défendre.

Je terminerai (« Ah ! » sur les bancs du groupe UMP) en évoquant un sujet qui fait l’objet d’un non-dit absolu, puisqu’il ne figure ni dans la loi Grenelle 1 ni dans le projet de loi Grenelle 2 ; je veux parler de la déplétion pétrolière, le pic de production de pétrole. Il s’agit pourtant d’un phénomène dont les conséquences sociales et économiques sont aussi importantes que le changement climatique.

Lorsque, en 1974, je parlais du changement climatique avec René Dumont, je peux vous assurer que la droite et même la gauche traditionnelle rigolaient pas mal ! Maintenant, on rigole un peu moins, malgré Copenhague. Eh bien, aujourd’hui, je pourrais citer de nombreux rapports très sérieux sur le pic de production de pétrole ; pourtant ce sujet est totalement absent du Grenelle. On parle un peu de l’aval des émissions de carbone – le changement climatique –, mais on oublie totalement l’amont : le sous-sol.

Faut-il rappeler que 80 % de nos richesses matérielles proviennent entièrement du sous-sol ? C’est le cas, par exemple, des micros que nous utilisons, des voitures, des lunettes, des ordinateurs portables. Quelle ingratitude que de passer ce sujet sous silence ! Les ressources du sous-sol n’étant pas renouvelables, la déplétion est inévitable. Or celle de ces ressources qui se raréfient le plus, et de loin, c’est le pétrole, dont le marché est d’ailleurs le plus mondialisé : il représente 2 500 milliards de dollars par an. C’est énorme ! Pourtant, vous n’en parlez pas du tout.

Nous avons donc déposé un amendement, non pas pour que ce sujet fasse l’objet d’un nouveau titre du projet de loi – même si cela serait justifié –, mais pour que le Gouvernement nous remette, avant la fin de l’année 2010, un rapport sur le pic de production de pétrole, sur la controverse éventuelle qu’a fait naître ce sujet et sur ses conséquences aux plans géologique, économique et social. C’est un problème de première importance.

Mon discours est équilibré. Je ne suis pas certain de voter contre le Grenelle 2. (« Ah ! » sur les bancs du groupe UMP.) Mon vote dépendra du débat parlementaire : si le texte demeure tel qu’il est sorti de la commission, je ne le voterai pas. J’espère donc qu’il sera amélioré, lors de nos débats, par nos amendements. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe GDR et sur plusieurs bancs du groupe SRC.)


Vous pouvez consulter le site de l’Assemblée nationale l’intégralité des débats

Posté le 6 mai 2010 par Christian Bucher
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info
Nouveau commentaire
  • Mai 2010
    18:55

    Débat parlementaire Grenelle 2 : l’intervention décapante du député vert Yves Cochet

    par Alain Jégou

    LA COMPLAINTE DU PHOQUE EN ALASKA

    Je ne vois pas en quoi cette intervention est "décapante".

    A quelques points et virgules près, il s’agit toujours de la même ritournelle :
    Taxe carbone, pas taxe carbone,
    voitures électriques où pas.
    Al Gore doit bien se frotter les mains.

    Mais tout cela reste au fond bien superficiel.
    Et les véritables problèmes ne sont toujours pas posés.
    Pas une ligne sur une quelconque notion de décroissance, l’avenir de notre planète, notre mode de vie, l’avenir de nos enfants.

    Et pendant ce temps là, la banquise fond…
    Et les partisans du réchauffement climatique se chamaillent avec ceux qui crient à l’imposture...

    Car personne n’a toujours rien compris au film.

    Alors, si vous voulez lire un truc bien "décapant",
    En voici un qui décape bien :
    (Vous pouvez aussi décréter que c’est un truc de gros naze, complètement mythomane, Si ça vous rassure, ce sera beaucoup plus simple comme ça, j’espère au moins que cela vous étonnera un peu.)

    .
    .

    Complainte du phoque en Alaska...

    Personne n’a toujours compris pourquoi les masses d’air chaud et humide de l’océan Pacifique remontent des côtes de la Californie en droite ligne au Nord de l’Alaska,

    El la Californie brûle...

    Pourquoi en Mars, les masses d’air de l’Atlantique Nord descendaient du Groënland directement vers les Açores, histoire de se réchauffer et de de charger un maximum en humidité, puis étaient remontées directement vers le Cap Nord.

    Ni pourquoi maintenant en Mai cela a changé, et que nous avons maintenant des descentes d’air venant du Nord Est à l’Ouest de l’Europe, et des remontées d’air chaud et humide du centre de la Méditerranèe vers la mer de Barentz...
    ( ce schéma de circulation inversé, vents de nord est en juillet en Bretagne, étant aussi celui que nous avons eu durant plusieurs été )

    Et le Portugal, l’Espagne, la Grêce brûlent...

    Et tous les printemps, la banquise est découpée en énormes apéricubes dans la mer de Beaufort, au nord de l’Alaska,
    Tout juste là ou il y a d’énormes installations pétrolières..
    Alors que le détroit de Béring est tout juste dégagé.
    Et ça , visiblement, ça n’intrique personne...

    ça n’intrigue personne de savoir que Barack Obama vient d’autoriser l’exploitation du pétrole dans le "sanctuaire" de la faune arctique, réserve naturelle crée en 1926...

    Là où vivaient tranquillement depuis des millénaires, les ours polaires et les renards bleus, les boeufs musqués, les sternes arctiques et les narvals, les peuples Inuits et leurs troupeaux de rennes

    Et tout le monde est persuadé que les océans vont nous submerger.
    Sauf que quand cela arrive, des services très spécialisés nous l’annoncent très précisément où et quand, et dans les détails, une semaine à l’avance...
    Et qu’en fait les océans n’ont toujours pas bougé..

    L’Arctique détient 25% des resssources mondiales de pétrole.
    et des minerais en quantités gigantesque.

    Et pour le pétrole, depuis des décennies, la planète ne cesse de s’embraser.

    Des centaines de milliers de soldats, des milliers de chars d’assault, d’hélicoptères, d’avions, de navires de guerre, de sous-marins, de satellites, sont déployés en Irak, en Afghanistan, peut-être bientôt en Iran, contre les peuples de ces pays, pour mieux s’accaparer leurs ressources à bon compte.

    Alors qu’en arctique, il n’y a personne !!!

    Ah oui, il y a juste un problème : la glace...

    Et bien, et alors ?

    il suffit de la faire fondre !!!

    ça va pas la tête ?

    Et pourquoi donc ?

    Croyez vous que certains dirigeants n’en seraient pas capables ?

    Supposez qu’ils déploient ne serait-ce qu’une toute petite partie des moyens qu’ils déploient pour leurs guerres pour installer quelques immenses émetteurs du genre micro-ondes...

    Mais comment ?

    C’est déjà en fait un vieux projet, validé en 1994 par les Etats Unis.
    Ils avaient alors pour objectif de maitriser totalement le climat pour 2020.
    Ils ont seulement quelques années d’avance...

    La technique a été imaginée par le savant croate Nicolas Tesla, probablement le plus grand scientifique dans le domaine des ondes et de l’énergie ( pourtant resté méconnu, il ne faut surtout pas que l’on sache ce qu’il a inventé).
    Les brevets ont été déposé par Bernard EASTLUND.

    Ils sont consultables sur Internet.

    Comment ?

    Avec des ondes, dans différentes fréquences, pour échauffer et déplacer d’immenses masses d’air

    Avec quoi ?
    Ce que l’on nous a présenté comme étant des "radio-télescopes interféromètres", à priori destiné à observer les étoiles, mais qui en fait servent surtout à autre chose...
    Il suffit d’observer l’orientation des antennes sur la plupart de photos ( hors phases de construction et de maintenance, pour comprendre qu’elles ne visent en rien les étoiles, mais des zones où des satellites situés à la certicale de l’équateur

    Où ça ?
    Un peu partout sur la planète, il existe des dizaines d’installations, certaines gigantesques :
    ALMA, dans le désert de l’Atacama, EISCAT, Arecibo, Canaries, Lowell télescope en GB, radiotélescope de médecine à Bologne,
    et d’autres installation partout sur la planète : Australie, désert du Névada, Swallbar en Norvège, Haarp en Alaska, etc.. etc

    Et, au fait, j’oubliais, savez vous pourquoi est ce que ça change entre Mars et Mai ?
    Parce qu’en hiver l’océan Atlantique est plus chaud que la Méditerranée, mais qu’à partir de mai, c’est la Méditerranée qui l’emporte ( En Mai, la Méditerranée est à 22°C contre 16°C aux Canaries...) Et il est donc plus intéressant de remonter de l’air directement de la Sicile vers le Nord.

    C’est une histoire complètement débile ce truc vous allez me dire... Encore un mec qui a trop fumé, il commence à voir des renards bleus...
    Ce n’est pas si grave, de toutes les façons comme on vit dans un monde de fous, un de plus, un de moins...
    Et puis, ça peut toujours en rassurer certains de se dire que les autres sont complètement à la masse...

    C’est vrai qu’à Brest – c’est pareil ailleurs - on a tendance à appliquer à la lettre une maxime bien connue à l’Ecole Navale :

    "Saluer tout ce qui bouge, et peindre le reste en gris"

    C’est sûr qu’avec çà, on ne risque pas de se poser beaucoup de questions...

    N’oubliez pas ce qu’ils disaient :

    Plus c’est gros, plus ça passe - Hermann Göering

    On ne vous dit pas tout à la Télé, y’a trop de gens qui la regardent- Coluche

    Et donc l’enjeu est tout autre...
    Allons nous ^pouvoir arrêter cette marche en avant totalement folle, ce processus complètement suicidaire qui fera qu’un jour nous aurons réussi à TOUT détruire ?
    Je vous laisse méditer ce sujet
    ( toutes les infos sur les technologies utilisées sont sur internet, et sinon, je me tiens à votre disposition pour vous les expliquer)

    Bonne soirée à tou(te)s

    Alain Jégou

    P.S :
    C’est la même chose au sud de l’Australie, en direction de l’antarctique. Et le sud de l’Australie brûle aussi...

    Et un petit Bonus :

    « LA COMPLAINTE DU PHOQUE EN ALASKA »
    Beau Dommage
    (paroles et musique : Michel Rivard)

    Cré-moé, cré-moé pas
    Quéqu’ part en Alaska
    Y a un phoque qui s’ennuie en maudit
    Sa blonde est partie
    Gagner sa vie
    Dans un cirque aux États-Unis

    Le phoque est tout seul
    Y r’garde le soleil
    Qui descend doucement sur le glacier
    Y pense aux États
    En pleurant tout bas
    C’est comme ça quand ta blonde t’a lâché

    REFRAIN :
    Ça vaut pas la peine
    De laisser ceux qu’on aime
    Pour aller faire tourner
    Des ballons sur son nez
    Ça fait rire les enfants
    Ça dure jamais longtemps
    Ça fait plus rire personne
    Quand les enfants sont grands

    Quand le phoque s’ennuie
    Y r’garde son poil qui brille
    Comme les rues de New York après la pluie
    Y rêve à Chicago
    À Marilyn Monroe
    Y voudrait voir sa blonde faire un show

    C’est rien qu’une histoire
    J’ peux pas m’en faire accroire
    Mais des fois j’ai l’impression qu’ c’est moé
    Qui est assis sur la glace
    Les deux mains dans la face
    Mon amour est partie pis j’ m’ennuie

    REFRAIN