Brest ouVert

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S’opposer aux caméras de vidéo-surveillance à Brest

un communiqué des Vert-e-s de Brest du 28 août 2010

L’incendie récent du club house du gymnase de La Cavale vient de relancer le débat sur la vidéosurveillance à Brest. La droite brestoise se place dans la ligne dure de M. Estrosi, se faisant l’écho d’une idéologie sécuritaire qui pourtant montre ses faiblesses dès qu’on l’étudie un peu sérieusement. La vidéosurveillance n’empêche pas les actes de vandalisme ou de violence contre les personnes, elle en modifie simplement le mode opératoire (utilisation de cagoules par exemple). La vidéosurveillance n’est donc pas un moyen de prévention, mais ce n’est pas non plus un moyen réellement efficace de répression : si on regarde les chiffres officiels, à Lyon par exemple, ville qui compte 200 caméras sur la voie publique, ce sont à peine 1% des délits qui sont résolus grâce aux enregistrements.

Ni préventif, ni répressif, l’intérêt des caméras de vidéosurveillance est donc tout à fait contestable ! Si l’incendie du club house est un acte puéril et condamnable, placer toute une société sous surveillance au prix de nos libertés individuelles et collectives constitue, à nos yeux, un acte bien plus grave. Nous tenons d’ailleurs à rappeler à chaque habitant qu’il possède un droit sur les images le concernant, droit garanti par la loi 95-73 du 21 janvier 1995 : nous pouvons tous demander à voir les enregistrements sur lesquels nous figurons (bus, banques, voie publique...), et nous avons aussi le droit de vérifier que ces enregistrements ont bien été détruits dans le délai prévu par la loi (un mois). Un refus doit être motivé (et les motifs de ce refus sont également encadrés par la loi). La vidéosurveillance (et ses avatars que sont la vidéo-protection et la vidéo-tranquillité) est aujourd’hui en train de gagner une bataille idéologique alors même qu’elle montre tous les jours sur le terrain, comme dans les études qui lui sont consacrés, qu’elle n’est en aucun cas un outil intéressant pour la sécurité des personnes. La politique sécuritaire est un échec, qui augmente les violences sans résoudre les problèmes, et montre une incapacité de gouverner en développant le bien-être ensemble.

Tout ceci les Verts l’ont rappelé lors du débat municipal sur les caméras de vidéosurveillance à la médiathèque de Ponta, auxquelles nous nous sommes opposés. Si la paix d’un quartier est nécessaire au bien-être de chaque habitant, les expériences montrent que les caméras ne font qu’entretenir un climat de suspicion, faisant de tous les usagers des délinquants potentiels. Vivre sous le regard permanent de l’autorité n’est pas propice à l’apaisement et à l’épanouissement.

Nous espérons que les débats nauséabonds qui se sont multipliés cet été auront rappelé aux socialistes brestois que les libertés individuelles et collectives subissent en ce moment des attaques frontales auxquelles il convient de résister, tous ensemble.

Julie Le Goïc

Porte-parole des Verts du Pays de Brest

Posté le 31 août 2010 par Julie Le Goïc
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Nouveau commentaire
  • Septembre 2010
    22:15

    Vidéoflicage à Brest

    Quel est la position des Verts concernant la vidéosurveillance qui sera mise en place dans les stations du futur tramway de monsieur le maire ?

    L’info concernant la mise en place de ces caméras de vidéosurveillance sur la voie publique avait été évoquée lors de la campagne des municipales de 2008. Cela n’a provoqué aucune réaction... pas même des Vert-e-s brestois. Le miracle des campagnes électorales.

    Concernant le vidéoflicage en général, vos lecteurs et lectrices trouverons quelques sources d’informations pour approfondir leur réflexion suite aux quelques articles que j’ai pu écrire sur la question.