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Jean-Yves Le Drian : du "duc républicain" au roi des Bretons ?

un communiqué de Christian Guyonvarc’h

Un communiqué de Christian Guyonvarc’h, UDB, repris par Brest-ouvert


Les propos que Jean-Yves Le Drian a tenus, le 18 septembre sur l’île Berder (Larmor-Baden), à l’occasion de l’université d’été de la fédération morbihannaise du PS, ont de quoi interpeller. En effet, la recherche du bon mot qui est censé tuer l’adversaire politique l’a conduit à se poser en successeur de Nominoé. Rien que ça... Nous n’excluons pas que Nicolas Sarkozy puisse un jour revendiquer la filiation de Clovis mais il est clair que la presse, alors, ne manquerait pas d’en faire ses choux gras.

Jean-Yves Le Drian pourra arguer qu’il voulait faire un trait d’humour mais, même quand on adopte le ton de la plaisanterie le choix des mots trahit souvent le rapport qu’on entretient avec le commun des mortels (1).

A l’occasion de la campagne des régionales, Jean-Yves Le Drian avait pris ombrage de certains propos de Guy Hascoet qui lui reprochait de refuser un débat public contradictoire, projet contre projet, avant le premier tour des régionales. Guy Hascoet avait comparé l’attitude hautaine de Jean-Yves Le Drian à celle d’un "duc républicain", en référence au duc tout court qui avait présidé le Conseil régional de Bretagne entre 1998 et 2004. Faut-il comprendre aujourd’hui que, si le propos avait déplu au président en exercice du Conseil régional, c’est parce que le titre de "duc" n’était pas à la hauteur de sa personne ?

Une autre question se pose au conseiller régional que je suis : le protocole de l’assemblée m’obligera-t-il à commencer mes interventions par un "Votre majesté"  ?

Jean-Yves Le Drian est un homme politique de qualité qui a fait le choix très honorable de se consacrer exclusivement à la Région. Il a obtenu une belle victoire électorale en mars 2010. Elle aurait pu l’être davantage encore s’il n’avait pas pris la responsabilité de refuser le rassemblement de la gauche et des écologistes dans leur diversité au motif qu’il désirait avant tout, par opposition au mandat précédent, une majorité qui lui soit totalement redevable car bâtie dès le premier tour. De tous les présidents de Région socialistes sortants, il fut le seul à refuser les conditions du rassemblement au second tour. Il avait eu durant six ans des vice-présidents écologistes et autonomistes loyaux, il voulait dorénavant des vassaux, évidemment ça ne pouvait pas durer.

Une majorité de Bretons a tranché en sa faveur. Cela étant il ne me semble pas que les Bretons aient renouvelé le bail de Jean-Yves Le Drian pour qu’il engage la Région Bretagne vers une personnalisation outrancière du pouvoir. La façon dont sont dirigées la Région Languedoc-Roussillon ou la France nous démontre chaque jour que c’est une voie qui nous éloigne d’une démocratie authentique. La Bretagne et les Bretons méritent autre chose. C’est pourquoi j’appelle le président du Conseil régional à suivre la voie d’une démocratie apaisée, donc pluraliste et participative où la contradiction est acceptée.

Le pouvoir, comme la jeunesse, est éphémère. Ceux qui sont amenés à l’exercer ne doivent jamais oublier cette constante pour ne pas confondre la fonction qu’ils incarnent temporairement avec leur propre personne.

Christian Guyonvarc’h

conseiller régional

simple roturier

(1) "Dans la société il n’y a que 5 ou 6% de gens intelligents. Moi je fais campagne pour les cons", Georges Frêche.


source :
Le Télégramme
édition du Morbihan
20 septembre 2010

Posté le 27 septembre 2010
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info
Nouveau commentaire
  • Septembre 2010
    11:45

    Jean-Yves Le Drian : du "duc républicain" au roi des Bretons ?

    par Skapad

    Energie en Bretagne : La provo’c du Baron nippon, l’accessoire Vrp à cochon !
    .par skapad samedi 25 septembre 2010, à 16:16.

    En marge de la conférence énergie Bretonne à Rennes le 24.9.2010

    « On vient de tourner la page Plogoff** », s’est enthousiasmé Jean-Yves LeDrian

    Extrait du Télégramme

    […60.000 foyers chauffés à l’électricité seront équipés de boîtiers permettant de réguler leur consommation énergétique et de limiter les pics de consommation…]

    - L’anecdote : 60 000 logements, à raison de 5 kw moyen en collectif et de 8 kw en habitation individuelle (pavillon), une évidence saute aux yeux et comme un fait exprès, à raison de 50% de logements en collectif environ, autant pour l’individuel, la puissance utile pour ce quota, avoisine la puissance du projet de Guipavas : 450 MW !

    Ce sera ou pas ? La mobilisation s’impose à tous …

    - L’essentiel dicta-technique :

    Comment ces boitiers intelligents vont-ils être programmés, sur qu’elles critères de jugement et par quelles officines seront-elles décrites précisément. De l’innovation de gestion, comme le prétendent les promoteurs de ce triple-type énergétique breton. Une doctrine, qui met en œuvre des techniques dont les utilisateurs n’auront que peu de possibilité d’en connaitre les justes fonctionnements et moyens d’action de contrôles citoyens. De la Techno-Gestion : Ce afin de diminuer les consommations d’énergie en Bretagne, justement là au moment ou les conditions climatiques imposent de forcer en principe physique la dose !

    Ici , à mon idée, il est clairement écrit le premier acte d’une dictature soft (et + ? ) qui se dessine en notre prochain avenir et de gestion de la politique énergétique. Le calque novateur, appuyé de nouveautés technologiques toujours de plus en plus sophistiquées de complexes et très éloignées des capacités de chacun d’en discerner les principes de fonctionnement. L’hyper spécialisation au service des puissants lobbies de l’énergie. A mon sens il y a tout lieu, quand bien même il apparait souvent chez celui qui vous le décrit ici des craintes parfois un peu exagérées, je suis persuadé que cette dérive autocratique d’un fournisseur en capacité de déterminer le droit de tous les consommateurs d’être encore un peu quelque peu maitre chez soi.

    - D’ailleurs, d’un point vu constitutionnel, n’y aurait-il pas là, l’ébauche d’une divagation de droit fondamental ?

    Loin de moi l’idée dépassée de profiter de toute avancée technique, néanmoins ces méthodes « innovantes » de contrôle des consommations par la voie hiérarchique descendante me semble la moins bonne. N’y a-t-il pas le risque de laisser faire des intérêts de droit privés (EDF est sous ce statut depuis que Jospin l’avait validé en Espagne au coté de la signature de Chirac, même si l’État en est le principal actionnaire, un actionnaire reste toujours un actionnaire parmi d’autres) ce afin d’éviter la main mise par un groupe industriel sur tout ou partie de notre capacité d’intelligence à gérer nos consommations d’énergie.

    - L’objectif réel par la mise en place de ce qu’il me semble être des dérives autocratiques, est plus complexe et moins avouable qu’il n’y parait, et il me semble que le politique, en affichant clairement son ambition de généraliser ces méthodes, ne prête que peu de crédit à la conscience des populations en général.

    - Un mépris qu’il est facile de constater sous toutes les coutures, le déni des droites à refuser l’évidence des mobilisations contre la réforme des retraites étant l’exemple le plus récent, néanmoins. Le scoop de l’article publié sur Le Télégramme en y prenant soin de mettre en évidence ce slogan provoquant de Sieur Le Drian « On vient de tourner la page Plogoff », étant ici , que le mépris est exprimé par des prétendus « opposants » dès lors qu’il s’agit de faire bonne figure aux JT nationaux, et dont nous pouvons constater du parfais mariage incestueux de part et d’autre dans ce qui parait être différent de l’échiquier politique en matière de programmation, quand il affirme clairement son allégeance au pouvoir Jacobin Parisien et pour ce qui concerne le traitement des politiques de gestion et d’aménagement des territoires régionaux pour la maitrise de l’énergie.

    - Le Drian gonfle à l’excès son rôle de décideur dans cette affaire.

    En réalité, ce qu’il faut faire savoir, du rôle du Président de Région dans cette affaire, c’est qu’il n’a en réalité que très peu de pouvoir sur les décisions politiques de cet ordre, il n’en a quasiment pas les moyens : politique, juridique, et financier, pour appuyer sa propre volonté politique régionale dans ce domaine. Les lois sur la décentralisation depuis Gaston Deferre , n’ayant que peu évoluées depuis. En effet les Régions , moins et à mesure en ce qui concerne les Départements, sont administrativement, politiquement et financièrement plus que tous subordonnées au pouvoir central Parisien. Dès lors et plus particulièrement quand qu’il s’agit de politique de gestion de l’énergie, l’État reste pour ce que j’en connais, le maitre à bord.

    Cea Areva Edf, en accompagnement obligeant par d’autres fournisseurs privés, tel GDF SUEZ ( l’État détient aussi et également des parts qui sont loin d’être négligeable) , c’est un peu plus costaud que le petit baron à cochon…..Il a surtout servit de prétexte, à faire valoir un prétendu débat en organisant de façon théâtrale les réunions et conférences sur l’énergie en Bretagne.

    Mission de communication parfaitement accomplie, du quasi Pro Proglio !

    Soyons vache : Le Drian c’est le nouveau Pro Proglio & Vrp à cochon ! Sacré breton qu’il est !

  • Septembre 2010
    20:39

    Jean-Yves Le Drian : du "duc républicain" au roi des Bretons ?

    par Chris Perrot

    L’approche féodale des socialistes (ou de l’UMP) vis à vis du pouvoir n’est pas une nouveauté ni l’apanage de la Région. Il suffit de s’intéresser au fonctionnement des territoires pour se convaincre de la mainmise de certains seigneurs (saigneurs ?) locaux sur leur fief. Evoquer la gestion seigneuriale de la chose publique amène à parler des courtisans et courtisanes qui dans leur bourg ont fait une sainte allégeance au seigneur local afin de se satisfaire leur ambition d’un siège à la table des agapes sans se frotter à la légitimité de la joute électorale. On pourra alors s’interroger de la capacité "grand écardiesque" de groupes politiques du cru à fustiger le système quand ils évoquent le contexte régional et a contrario à vendre leur blason le jour de l’élection quand ils veulent sièger au château du coin. Bon mot pour bon mot, je me permettrai de me citer : " En politique, à force de faire le grand écart, on finit toujours par abîmer le parti".

     ;-)

    Chris Perrot