Les usines à lisier COMETHE de Plouguin et Plabennec : la fausse solution !
Après Milizac, Lannilis, le traitement collectif du lisier n’en finit pas de faire parler de lui. Une enquête publique concernant le projet d’usine à lisier de Plouguin est en cours jusqu’au 30 juin. Un projet similaire, toujours soutenu directement par la chambre d’agriculture du Finistère va suivre à Plabennec. Sur place, aussi bien à Plouguin qu’à Plabennec, une résistance s’organise.
Pour les Verts, c’est clair : c’est non !
Les algues vertes présentes en nombre sur les plages du littoral nord nous révèlent cette année encore, avec la montée des températures l’ampleur du phénomène. Des (dizaines..) années d’imprévoyance et de laxisme ont fait du Nord-Finistère un territoire où la marée de lisier ne cesse de monter.
Aujourd’hui, tout le monde s’accorde pour dire qu’il faut « l’endiguer » rapidement pour retrouver la qualité de l’eau.
Mais les Verts du Pays de Brest refusent la solution des usines à lisier, que ce soit LSE à Lannilis ou COMETHE à Plouguin et à Plabennec. Et ceci pour plusieurs raisons,
d’abord concernant l’avenir de l’élevage breton en relation avec les attentes de la société :
l’usine collective va figer un système de production porcine basée sur la production hors-sol de masse, la concentration territoriale et le procédé de lisier sur callebotis. Ceci va à l’encontre du désir de nombreux consommateurs et des normes européennes qui vont demander de plus en plus de respect de la santé animale, de la traçabilité, des labellisations, de valorisation ;
sur le plan technique et économique
le procédé de méthanisation COMETHE ne détruit pas l’azote. Il le transforme en cristaux solides qui doivent être vendus 70 euros la tonne sans savoir si le marché existe vraiment à ce prix ;
l’obligation de payer 8 euros du m3 va précipiter la faillite de nombreux éleveurs de porcs aujourd’hui en difficulté financière. Quelques autres vont en profiter pour s’agrandir encore sous le prétexte de continuer à fournir la quantité nécessaire au fobctionnement de l’usine lisier ;
le dossier d’enquête publique de Plouguin montre que vont s’échapper de l’usine COMETHE des émanations de gaz toxiques : hydrogène sulfuré, ammoniac, gaz carbonique, oxyde d’azote, dioxyde de soufre . De plus, la présence d’une cuve d’acide sulfurique concentré, et d’un stockage important de gaz et d’une torchère souvent allumée , sont source de dangers permanents d’explosion.
Pour les Verts :
la transformation de porcheries sur lisier en porcheries sur paille devrait être considérée comme un moyen de traitement individuel aidé (la production de fumier réduit naturellement la moitié de l’azote des déjections) ;
le Conseil Général du Finistère (à l’image du Conseil Général des Côtes-d’Armor), ne devrait subventionner (par cohérence) que les procédés individuels biologiques de traitement des déjections ( possibilité de procédé ambulant de ferme en ferme géré par une CUMA ).
Mais au delà les Verts réaffirment que la réduction du volume global des cheptels reste une nécessité incontournable pour sortir de l’impasse actuelle. Affirmer qu’il peut en être autrement relève d’une irresponsabilité condamnable.
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J’ai de la famille potentiellement concernée par la proximité d’implantation de ce projet d’usine de traitement de lisier sur la commune de Plabennec. Ce qui est assez remarquable dans le traitement de ce dossier c’est le manque d’anticipation et de transparence objective des acteurs tant du côté des promoteurs que des oppposants. Faut il encore cautionner ce modèle breton productiviste à outrance et de toute façon non concurrentiel avec la production de l’Est de l’Europe ? N’est il pas opportun de s’interroger sur le devenir plus global de notre agriculture plutôt que de continuer cette marche forcée en avant : ce projet d’usine de traitement de lisier de porcs est en complet décallage avec la conjoncture de production porcine qui n’arrive plus a écouler sa marchandise et viendrait permetttre au producteurs d’en produire encore plus car les effluents trouveraient un débouché : on marche sur la tête...
Mais bien au dela de l’acteur paysan c’est le rôle même de ce dernier qu’il faut repenser et repositionner dans un soucis de développement durable et harmonieux avec son environnement. Le paysan nouricier de la population d’après guerre est révolu, le paysan acteur partie prenante de préservation de nos campagnes et de leur mise en valeur à des fins éducatives, touristiques voir culturelles n’est pas un modèle incompatible économiquement à condition que l’Etat accompagne cette évolution...
De l’autre côté de la fracture , il est effectivement troublant de constater que l’opposition à ces projets ne s’organise anarchiquement que sous le coups de l’émotion succitée par une procédure d’enquête publique. Certaines personnes semblent découvrir à cette occasion l’existence d’un tel projet : faut il s’interroger sur la pertinence démocratique des porteurs du projet , incapables d’argumenter bien en amont de l’opportunité d’un tel projet .Ou est ce encore l’inintéret de nos concitoyens à la chose publique qui porte à considérer qu’il n’y pas lieu de s’y impliquer que lorsque nos intérêts particuliers sont menacés. Toujours est il que lorsqu’un tel projet est découvert par le publique au stade de l’enquête dite publique, il est déjà trop tard pour tenter d’influer sur la pertinence du projet. Il ne reste dès lors plus qu’aux pauvres associations du coin à se battre pieds à pieds scientifiquement contre l’argumentaire proposé. Mais las faute de temps et de moyens ,que leur reste t-il sinon l’incantation médiatique ? A défaut de médiation honteusement escamotée et d’une volonté de pédagogie avortée des pouvoirs publics locaux , cette usine une fois de plus n’est vouée qu’à un echec ...heureux pour les "écologistes", et porteur d’interrogation sur le monde paysan.


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