Brest ouVert

Lancé par les élu.e.s Europe Ecologie Les Verts de Brest, Brest-ouVert.net est un site d’information et de débat public ouvert à chacun.e selon la charte

Nouvelle norme à l’école publique ?

44 enfants pour une institutrice de la maternelle bilingue de l’école Jacquard à Brest !

Le groupe scolaire Jacquard est le seul à accueillir une filière bilingue publique français-breton à Brest (de la Petite Section au CM2).

La filière compte 79 élèves repartis dans trois classes et on compte en classe maternelle 44 enfants inscrits de la petite section à la grande section, or si les enfants de moins de trois ans sont régulièrement présents en classe, il ne sont pas, officiellement, comptabilisés par l’Inspection d’Académie, créant ainsi une situation ubuesque : une institutrice en charge de 44 enfants de maternelle âgés de deux à cinq ans.

Les parents d’élèves de la filière bilingue publique français-breton adhérents et non adhérents de Div Yezh Brest (association de parents pour la promotion du breton à l’école publique) sont donc particulièrement mobilisés pour que cesse cette situation. A cet effet, plusieurs actions ont déjà été réalisées : envoi de courriers à l’Inspection d’Académie, au Maire de Brest notamment, mais aussi distribution de tracts à la sortie de l’école. Lors de l’action du vendredi 18 février, André le Gac, conseiller général en charge de la langue bretonne, est venu soutenir les parents des classes bilingues de l’école Jacquard qui demandent la création d’un quatrième poste d’enseignant dans la filière bilingue. L’élu exprime son incompréhension devant un tel sureffectif : « 44 bugel, n’eo ket posubl ! »
(Retrouver l’intégralité des propos d’André le Gac sur le blog de Franck Bodenès, http://envazao.over-blog.com/).

Bien entendu, les arguments de l’Inspection d’Académie sont toujours les mêmes.

D’abord, il suffirait de refuser l’inscription des enfants de moins de trois ans, bien sûr. Mais outre que ce choix est contestable en lui-même, si l’on considère que rien n’est plus important que les premières années de scolarisation si l’on veut promouvoir une véritable égalité des chances, il faut tenir compte du fait que peu de familles pratiquent le breton au quotidien, ce qui rend nécessaire un bilinguisme précoce à l’école.

Ensuite, les enseignants devraient réorganiser les classes au nom de la sacro-sainte moyenne par classe. Il suffirait ainsi d’intégrer les enfants de grande section de maternelle à la classe de CP-CE1. C’est tenir peu de compte du rythme de l’enfant, dont le ministère semble pourtant se soucier si fort ! En effet, les besoins d’un enfant de maternelle sont des besoins spécifiques : il doit bénéficier d’un temps de repos en début d’après-midi, de récréations plus longues, de temps de jeu.

L’époque est à la rentabilité, certes, mais ne peut-on laisser les jeunes enfants profiter pleinement du rythme adapté que leur offre la maternelle ? Sans oublier les difficultés matérielles que cela soulève : à l’école Jacquard, il y a deux cours de récréation, l’une pour les élèves de primaire, l’autre pour les petits de maternelle : serait-ce à la mairie de pallier, une fois de plus, les insuffisances de l’État en affectant un poste d’ATSEM supplémentaire à l’école Jacquard ?

Enfin, les classes bilingues sont le plus souvent des classes multi-niveaux, ce qui présente de multiples avantages pour les élèves (émulation, prise d’autonomie, solidarité), mais représente aussi une charge de travail supplémentaire pour les enseignants. Augmenter ainsi les effectifs, c’est donc leur imposer des conditions de travail inacceptables.

On le voit, refuser l’ouverture d’un quatrième poste bilingue à l’école Jacquard ne se justifierait que par un souci d’économie purement comptable dans des domaines pourtant essentiels et qui nous concernent tous, l’Éducation et la Culture.

Pierre et Sophie Guézennec, parents d’enfants scolarisés à l’école jacquard en filière bilingue.

Posté le 21 février 2011 par Pierre Guézennec
©© Brest-ouvert, article sous licence creative common info