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Toulouse, un débat ouvert

jeudi 2 septembre 2004
Une petite réaction matinale à la lecture de mon quotidien ce matin : " à tres bientot Les Verts, le dernier parti politique ou l’on débat" ?

A lire nos quotidiens, la guerre ferait rage chez les Verts. Comme quoi chacun voit ce qu’il a envie de voir.

Pour ma part, présent trois journées de suite à Toulouse aux universités d’été j’ai trouvé un parti politique en bonne santé.

Du débat certes il y en a eu mais comment reprocher a un parti politique de mener des débats ? C’est son rôle essentiel.

Faut il dire oui ou rejeter le projet de constitution européenne ? Avouez que cette question mérite pour le moins un échange d’arguments.

C’est vrai que chez les Verts le débat a lieu en public, avec le risque du débordement verbal. Pour ma part je préfère cette solution, certes brouillonne, à celle plus propre, qui consiste à rassembler dans une ville ceux qui sont pour et dans une autre ceux qui sont contre.

Dans un monde ou l’on voit les matières premières et en particulier l’énergie fondre à la vitesse de la banquise, peut on continuer à poser la croissance comme moteur de la société ? Il y a là de quoi s’interroger. Et si les Verts sont largement majoritaires pour dire que nous allons dans le mur avec notre mode de développement, ils sont aussi conscients des difficultés rencontrées pour proposer une autre forme de progrès.

Quand à savoir si le mariage des homosexuels, officialisé dans sa Mairie de Bègle par Noèl Mamère était une priorité, là également le débat a eu lieu. Posant en cela le rôle des élus et leur responsabilité pouvant aller jusqu’à la désobéissance civile. Cette question étant également présente dans le cadre du fauchage des cultures OGM. 

Tout ceci pour dire aux lecteurs de nos quotidiens que pendant que les journalistes sont prioritairement mobilisés pour saisir la petite phrase qui fera dire que Voynet est réconciliée avec Lipietz ou l’inverse, les militants travaillent, débattent et se préparent à assurer leurs mandats d’élus car plus de la moitié des participants à ces journées d’été sont des élus locaux.

Bien sûr que la question des responsabilités à l’intérieur du Parti est présente. Désigner un secrétaire national c’est aussi choisir celui ou celle que la population identifiera comme le porte parole du mouvement. Il devra donc être assuré que sa parole, sans forcément faire l’unanimité, sera majoritairement reconnue par les adhérents. Il est donc normal et sain que des textes d’orientation soient déposés et défendus.

Le débat a donc lieu, il nécessite la confrontation, et le ton monte quand les convictions sont profondes. C’est la richesse des Verts de pouvoir vivre ces débats passionnés et de conserver une remarquable unité quand il s’agit de vivre au jour le jour leur engagement politique. Dommage que la presse, invitée permanente de nos échanges, sans doute peu habituée à vivre cette démocratie directe dans les autres formations, ou trop pressée par le temps, ne s’intéresse pas plus au fond donc au débat pour ne retenir que la petite phrase dont, il faut bien l’avouer, nos « leaders » sont généreux.

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