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Pour un contrôle rapide des conditions de stockage des produits phytosanitaires dans les points de vente et de transit (coopératives agricoles, jardineries, supermarchés,...)

Incendie de la coopérative Le Goussant : 15 kilomètres de cours d’eau pollués

Lettre ouverte d’Eaux et Rivières de Bretagne au préfet du Finistère

Suite à l’incendie, le 1er juin 2011, de la coopérative Le Goussant (Ploudaniel) qui stockait des produits phytosanitaires (herbicides..) entrainant une pollution des eaux de l’Aber Wrac’h sur 15km, le préfet décide donc de maintenir l’interdiction de pêche et de ramassage des coquillages dans l’Aber Wrac’h.

France Nature Environnement a déposé plainte en gendarmerie et estimé « inadmissible que les mesures de confinement des eaux d’extinction d’incendie ne soient pas mises en place ni opérationnelles » et que « l’information des populations concernées n’ait pas été organisée par les pouvoirs publics ».

De son côté Eaux et Rivières de Bretagne vient d’écrire au Préfet du Finistère.

Monsieur le Préfet,

Préfecture du Finistère

Monsieur le préfet du Finistère,

Vous avez pris le 4 juin 2011 un arrêté portant interdiction temporaire de la pêche, du
ramassage, du transport, de la purification, de l’expédition, de la distribution, de la
commercialisation de toutes espèces de coquillages, crustacés, gastéropodes et poissons
ainsi que du pompage de l’eau de mer à des fins aquacoles provenant de l’Aber Wrac’h.

Soit près de 15 kilomètres de cours d’eau pollués.

Cet arrêté fait suite à l’incendie survenu le 1er juin 2011, sur le site de l’entreprise Le
Gouessant à Ploudaniel et la pollution par des pesticides en découlant.

L’usine de potabilisation de Kernilis a par ailleurs été contrainte de cesser son pompage
et la retenue attenante à la prise d’eau a été vidée pour créer un effet de chasse et
permettre de reprendre le pompage à des fins d’alimentation en eau potable. Ce dernier
point posant d’ailleurs un problème collatéral, celui de la rupture de la continuité
écologique du cours d’eau en pleine période de migration.

Au vu des éléments qui nous sont parvenus, l’entreprise, qui par ailleurs ne brille pas par
la gestion de ses effluents, beaucoup de matières en suspension issues de son activité de
lavage de pommes de terre, colmatent le lit du cours d’eau sur plusieurs dizaines de
mètres, et stocke à Mescoden plus de 50 kg de substances toxiques classées T+.

Ceci fait
de cette entreprise une installation classée soumise à autorisation et à laquelle
s’applique l’arrêté ministériel du 13 juillet 1998 qui impose un dispositif incendie.

Dès lors qu’il est établi que des pesticides ont rejoint le cours d’eau, la question de
savoir si l’entreprise respectait bien les prescriptions techniques qui lui sont imposées est
légitime.
.../...

C’est pourquoi nous vous demandons de nous communiquer la copie du rapport
d’incident, que l’exploitant vous aura produit au titre de l’article R512-69 du code de
l’environnement, ainsi que celle du rapport de la DREAL concernant la conformité des
installations au regard des dispositions du code de l’environnement ainsi que de celles
de l’arrêté du 13 juillet 1998.

Après l’importante pollution survenue sur le Guillec en octobre dernier, ce nouvel
accident rappelle que ces substances sont hautement toxiques et que leurs usages tout
comme leur commercialisation ne peuvent être banalisés.

C’est pourquoi nous vous demandons de veiller à faire contrôler rapidement les
conditions de stockage de ces produits dans les points de vente et de transit
(Coopératives agricoles, jardineries, supermarchés,...) et prioritairement, ceux situés à
proximité de sites sensibles.

Dans l’attente de vous lire à ce sujet,

Veuillez agréer, monsieur Le Préfet, l’expression de nos sentiments les plus distingués.

http://www.eau-et-rivieres.asso.fr

Posté le 7 juin 2011
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