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1 000 milliards de dollars pour démanteler les installations nucléaires d’aujourd’hui : les générations futures en paieront la plus grande part

jeudi 2 octobre 2008

Mille milliards de dollars seront nécessaires pour démanteler les centaines d’installations radioactives en fin de vie, chiffre fourni, en 2004, par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

La moitié de cette somme faramineuse concerne le démantèlement d’installations liées au nucléaire militaire.

L’autre moitié devra être consacrée aux laboratoires de recherche et aux 440 réacteurs producteurs d’électricité qui fermeront d’ici à environ trente ans. Encore que là, le coût réel de la déconstruction est difficile à établir, les estimations varient de 500 à 800 millions de dollars par réacteur. Fourchette large à prendre cependant avec du recul, les exigences en matière de sécurité augmentant régulièrement, les coûts suivent en permanence.

L’enjeu du démantèlement des centrales nucléaires est de taille, c’est l’avenir même de la filière qui est en jeu. Pour la Société française d’énergie nucléaire (SFEN), principal lobby nucléaire : "Pour maintenir l’option nucléaire ouverte, il faut montrer qu’on sait démanteler".

Le Commissariat à l’énergie atomique (CEA) ou l’Agence de l’énergie nucléaire de l’OCDE estiment que l’on est parvenu, aujourd’hui, à une phase industrielle. Effectivement, le démantèlement est devenu une activité représentant un chiffre d’affaires, en augmentation régulière, de 5 à 6 milliards de dollars par an.

Les pratiques varient selon les pays :

- En France ou aux Etats-Unis, le démantèlement est engagée, en principe, dès la fin de l’activité (ex : pour la centrale de Brennilis, dans le Finistère, qui a fonctionné de 1967 à 1985, le démantèlement a commencé en 1985 mais n’est toujours pas terminé )

- L’Espagne ou le Royaume-Uni repoussent le problème à vingt-cinq ans

Au bout du compte, seuls une dizaine dans le monde ont été totalement démantelés.

La question du traitement des déchets produits par les opérations de démantèlement (notamment les déchets à vie longue ou moyenne) pose de gros problèmes car les solutions définitives manquent, faute de sites appropriés.

La question du système de financement est elle aussi fondamentale :

- en France, les opérateurs doivent constituer des fonds pour les opérations prévisibles (le CEA a provisionné 7 milliards d’euros, EDF 7,8 milliards, Areva 10 milliards).

- la Suisse et la Suède privilégient un fonds géré par une autorité indépendante.

- au Royaume-Uni, c’est le gouvernement qui abonde une grande partie des dépenses annuelles.

- aux Etats-Unis, les compagnies ont versé 22 milliards de dollars dans le fonds de gestion des déchets géré par le gouvernement. Mais il n’en resterait de disponible que 6 milliards !

Devant ces coûts énormes, une autre "solution" semble se généraliser, elle consiste à allonger la durée de vie des réacteurs, jusqu’à soixante ans....

Source Le Monde - 2 octobre 2008

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