print

Algues vertes : et si elles tuaient ?

samedi 4 octobre 2008

Deux chiens, le 12 juillet 2008, sont morts sur la plage de la Granville à Hillion (22).

Deux autopsies réalisées par deux organismes différents (l’école vétérinaire de Nantes et le laboratoire départemental de Vendée) confirment le décès par inhalation de gaz toxiques. La conclusion est claire : ces chiens sont morts d’un œdème aigu du poumon.

Aujourd’hui, des scientifiques commencent à le dire tout haut : la putréfaction des algues vertes peut représenter un réel danger pour l’être humain.

Certains, comme le docteur Claude Lesné, spécialiste au CNRS des polluants aériens et de leurs effets sur la santé, estime même que l’exposition à une grande quantité d’hydrogène sulfuré provenant de la putréfaction des algues peut s’avérer mortelle pour l’homme.

Deux affaires graves confortent cette thèse :
- le 5 mai 1999, un employé d’une entreprise de ramassage d’algues en baie de Saint-Michel-en-Grève (22), est tombé dans le coma. Il a mis un an à se remettre de son accident,
-  Gérard Jégou, lui aussi ramasseur d’algues pendant plusieurs années à Hillion, a eu une hallucination qui va se transformer en un écran noir quelques semaines plus tard.

En 2000, un rapport de l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques), commandé par le ministère de l’Écologie, indiquait que le seuil létal était atteint au bout de dix minutes lorsque le taux d’hydrogène sulfuré dans l’air est mesuré à 688 ppm (partie par million). Et pour la même durée, le seuil d’effets irréversibles est, lui, fixé à 150 ppm. En cas d’efforts, et donc d’hyperventilation, la dose de toxiques inhalés est multipliée par 10. La dose létale est alors atteinte au bout de 60 secondes. Chez un asthmatique, la crise peut se déclencher à partir de 19 ppm.

La Ddass a elle même mené des études sur l’hydrogène sulfuré et les algues vertes :

- en 2004, une première étude faisait apparaître des teneurs en hydrogène sulfuré inattendues en haut de plage, à Saint-Michel-en-Grève (22)

- en 2005, de nouvelles mesures indiquaient qu’en été, un tiers du temps, des mesures au-dessus du seuil fixé par l’OMS pour la gêne olfactive.

- enfin, en 2006, constat est fait qu’en manipulant des tas d’algues vieux de cinq jours, on obtenait des valeurs très élevées.

Circonstance aggravante : les algues vertes en putréfaction ne dégagent pas que de l’ hydrogène sulfuré, elles dégagent d’autres gaz toxiques que on ne connait pas encore bien les effets.

Source : journal Le Télégramme du 4 octobre 2008

Forum
Brest ouVert - http://www.brest-ouvert.net