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Les matières plastiques dans les océans sont l’un des problèmes environnementaux les plus critiques à l’échelle planétaire

Omniprésents dans les produits industriels et les biens de consommation, les plastiques, une fois dans l’environnement, en particulier dans le milieu marin, peuvent mettre des centaines d’années à disparaître et entraînent pour les espèces marines des risques d’étranglement ou d’ingestion.

On estime à 10 millions de tonnes de déchets, pour la plupart plastiques, qui finissent chaque année dans les océans et les mers du globe et en font progressivement la plus vaste décharge de déchets plastiques du monde, . Ces immenses zones de déchets qui flottent dans les océans Atlantique et Pacifique sont estimées à 100 Mt, dont environ 80 % de matières plastiques qui vont finalement se poser sur le fond des mers.

Une pollution venue de terre

Les experts estiment qu’environ 80 % des déchets plastiques marins proviennent de la terre. Les principales sources terrestres de déchets plastiques marins sont les suivantes : les déversements d’eaux pluviales, les débordements d’égouts, les déchets liés au tourisme, les déversements illégaux, les activités industrielles, les transports inappropriés, les produits cosmétiques, les supports synthétiques de sablage et les fibres de polyester ou d’acrylique

Le scandale de la « pêche fantôme »

Il s’agit d’un phénomène qui entraîne la capture non intentionnelle de grandes quantités de poissons par de larges pans de filets de pêche abandonnés, flottant dans l’eau.

Une pollution à double détente

Les matières plastiques ne sont pas inertes : sous leur forme conventionnelle, elles contiennent un grand nombre, et parfois une grande proportion d’additifs chimiques, qui peuvent être des perturbateurs endocriniens ou des agents cancérigènes ou provoquer d’autres réactions toxiques, et qui peuvent, en principe, migrer dans l’environnement, en quantités toutefois limitées

Les polluants organiques persistants (POP), tels que les pesticides comme le DDT et les polychlorobiphényles (PCB), peuvent se fixer à partir des eaux environnantes sur des fragments plastiques potentiellement nocifs et entrer dans la chaîne alimentaire via la faune marine qui ingère des matières plastiques (effet « cheval de Troie »).

Ces POP ne se désagrègent pas facilement, mais s’accumulent dans les tissus corporels, avec des effets potentiellement cancérigènes et mutagènes et autres effets sur la santé

Les petites particules fines (appelées « micro-plastiques »), résultant de décennies de photodégradation et d’abrasion mécanique, sont particulièrement préoccupantes. Elles sont omniprésentes et atteignent même les régions les plus reculées, avec une concentration dans l’eau parfois supérieure à celle du plancton. Ces micro-plastiques, et les additifs chimiques qu’ils contiennent ( renforçateurs, des plastifiants, des colorants, des stabilisants, des auxiliaires technologiques, des retardateurs de flamme, des péroxydes et des agents antistatiques), peuvent, en cas d’ingestion de grandes quantités par la faune marine, représenter un risque élevé de contamination de la chaîne alimentaire du fait de l’interaction « prédateur-proie ».
On trouve ces particules plastiques dans la plupart de nos océans, même dans des zones non industrialisées, comme le Pacifique du Sud-ouest.

Le pire est peut être à venir !

La production mondiale de matières plastiques est passée de 1,5 million de tonnes (Mt) par an en 1950 à 245 Mt en 2008. La production des dix dernières années représente la production totale au cours du vingtième siècle !
Il est estimé qu’au niveau mondial, cette production pourrait tripler d’ici à 2050
L’industrie des matières plastiques devrait connaître une croissance mondiale à long terme d’environ 4 % par an,

- source : le LIVRE VERT
sur une stratégie européenne en matière de déchets plastiques dans l’environnement
http://ec.europa.eu/environment/waste/pdf/green_paper/green_paper_fr.pdf

Posté le 12 mars 2013