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Intervention en conseil de Métropole

Conseil de Métropole : Révision du Plan Climat

Intervention de Ronan Pichon

Conseil de Métropole réuni le vendredi 30 mars 2018
Lancement de la procédure de révision Plan Climat

"Monsieur le Président, chers collègues,

Nous, écologistes, tenons à souligner l’importance de l’initiative qu’a prise la Métropole de Brest il y a 5 ans, le 19 octobre 2012, lorsqu’elle a adopté son premier Plan Climat. Aujourd’hui il nous est demandé d’approuver le lancement de la procédure de révision de ce plan et nous souhaitons donc, à cette occasion, renouveler notre soutien mais également rappeler certains enjeux qu’il ne faudra pas sous-estimer.

La Loi sur la Transition énergétique du 18 août 2015 renforce la responsabilité des territoires dans le domaine de l’efficacité énergétique et intègre un volet « qualité de l’air » aux Plans Climat-Air-Energie Territoriaux. Ce volet est primordial car il nous permettra de préserver la qualité de vie des habitantes et des habitants de la métropole ainsi que celle de leurs enfants. Pour rappel, c’est, encore aujourd’hui, plus de 500 000 personnes qui décèdent chaque année à cause de la pollution de l’air rien qu’en Europe. Et la France se classe au 6ème rang, au sein de l’Union européenne, en ce qui concerne les dépassements des niveaux légaux de pollution de l’air.

La Métropole de Brest n’échappe pas à ces statistiques. En effet, malgré une qualité de l’air plutôt satisfaisante en moyenne, chaque année la ville subit des pics de pollution ayant un impact sur la santé des personnes les plus fragiles.
Pour lutter efficacement contre ce fléau, la ville de Rennes a adopté très récemment la vignette CRIT’Air pour lutter contre les pics de pollution. Cette vignette permet de mettre en place une circulation dite « différenciée » qui, à partir du quatrième jour d’une alerte pollution, interdit aux véhicules ne la possédant pas de rouler dans la capitale Bretonne. C’est une piste qu’il faudra étudier sérieusement.

Une autre piste qui ne doit pas être négligée c’est la politique en matière de transport en commun. Il nous paraît nécessaire d’introduire dans la future délégation de service public des tarifs préférentiels voir une gratuité des tickets journée en cas d’alerte pollution.

Enfin, les modes de déplacements actifs (vélo et marche) doivent impérativement être placés au cœur de notre politique de lutte contre la pollution de l’air puisqu’ils représentent le moyen de déplacement le plus écologique qui soit.

Par ailleurs, de nouvelles obligations réglementaires devront être respectées notamment avec la prise en considération des enjeux liés à la qualité de l’air, comme nous venons de le dire, mais également la mise en place de mesures en faveur du développement du stockage carbone.
En effet, favoriser l’accumulation à plus ou moins long terme des matières organiques dans les sols a été admis parmi les modalités d’application du protocole de Kyoto de 2003.

Le principal constituant de la matière organique est le carbone, ce qui fait du sol le plus grand réservoir de carbone de la planète. Ce stock a considérablement diminué durant le XXème siècle notamment en raison de l’intensification de l’agriculture, la généralisation des labours profonds et la transformation d’hectares de prairies en terres cultivées. Lorsque les sols perdent leur carbone, ils rejettent du CO2 principalement. Ainsi, une augmentation de ce stock pourrait jouer un rôle significatif dans la limitation du flux de gaz à effet de serre vers l’atmosphère.

Grâce aux rotations longues, à la diminution de la fréquence du travail du sol, à la culture d’engrais verts, à la diversification des cultures ou encore au maintien des éléments semi-naturels du paysage, les exploitations bios parviennent à stocker une plus grande quantité de carbone dans leurs sols.
En effet, une étude de grande ampleur a révélé que les réserves en carbone des sols de l’agriculture biologique sont supérieures à celles des sols de l’agriculture conventionnelle d’en moyenne 3,5 tonnes par hectare.

De nouvelles actions susceptibles de contribuer à atteindre ces objectifs sont donc à poursuivre, et notamment l’accompagnement du développement des prairies humides et de l’agriculture biologique autour de la Métropole Brestoise. "

Vous pouvez retrouver une retransmission du conseil municipal à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/channel/UCd6AIzSnT8Oxb2SzQmn-PQw
Posté le 3 avril 2018 par Ronan PICHON
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