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Retour sur une séance "édifiante" du conseil municipal de Brest du 1 décembre 2006

Pour les élus socialistes de Brest, la machine à voter est un élément utile pour la démocratie dans notre pays

Au moment même où de plus en plus d’organisations politiques (Parti communiste, Alternatifs, Radicaux de gauche, les Verts) ou des candidat-e-s aux élections présidentielles telles Dominique Voynet, Marie Georges Buffet, ... prennent position pour un moratoire sur les machines à voter, il n’est pas inutile de revenir sur la séance du conseil municipal de Brest du 1 décembre 2006

Une délibération comprenant l’achat de 18 nouvelles machines à voter, y a été, en effet, largement débattue. La prise de position des élus Verts contre cet achat, exprimée dans une conférence de presse, quelques jours avant la séance, a sans doute été l’élément déclencheur de ce débat.

Lors de la séance, les élus verts ont demandé un moratoire laissant une place au débat public sur l’usage des machines à voter à Brest. Cette proposition a suscité de vives réactions le plus souvent négatives des autres composantes du conseil politique, de droite et de gauche.

Après celle de Patrick Appéré pour le groupe des élus Autre Gauche BNC, nous reproduisons aujourd’hui l’intervention in-extenso d’Alain Masson, 1er adjoint socialiste du maire, suite à celle de l’élu vert Michel Briand.

Nous continuerons à le faire pour les autres composantes.

Monsieur Alain MASSON

Oui, Monsieur le Maire, avant de parler des machines, parlons d’abord du découpage électoral.

C’est vrai, qu’avant, nous comptabilisions 104 bureaux avec le système papier et qu’on est passé à 80 bureaux, pensant que les machines pouvaient faire un petit peu d’économie sur le nombre de bureaux. Nous avions donc mis en place des bureaux comptant 1 000 et 1 200 électeurs. L’expérience nous montre qu’au-delà de 1 000 ça devient un peu compliqué à gérer. D’abord par les espaces mis à disposition pour voter. Et puis, il y avait aussi une nécessité –compte-tenu du nombre d’électeurs qui était un peu en hausse. Il nous a semblé plus utile d’augmenter le nombre de bureaux et de passer à 98 pour assurer un bon fonctionnement de ceux-ci.

Concernant les machines, moi aussi j’aurais tendance à ne pas rentrer aujourd’hui dans le débat technique. J’entends bien certains dire : « est ce que toutes les conditions sont réunies pour la confidentialité et pour la fiabilité des machines » ? Moi, le constat que je peux faire, c’est que ces machines –je parle des machines que nous utilisons- sont utilisées au Pays-Bas depuis de très nombreuses années et ont été utilisées lors du dernier scrutin qui a eu lieu il y a moins d’une semaine. Excepté Amsterdam, pour être tout à fait précis, cette ville n’a jamais utilisé les machines à voter. L’ensemble du pays les utilise, sauf Amsterdam.

Ces machines ont été testées dans un certain nombre de pays, avant que Brest ne prenne la décision. A mon avis, les machines qu’on utilise, sont tout à fait conformes au Code électoral et aux demandes qui sont exprimées par les divers organismes qui sont amenées à vérifier ce genre de machine. Après, on me dit : « on peut savoir si la personne a voté de telle ou telle façon ». Alors, je ne sais pas sous quelle forme, car là, la technique me dépasse un peu.

Mais je rappellerai tout simplement à l’ensemble de mes collègues – qui sont tous présidents de bureau de vote - c’est que dans le bureau de vote, sont seuls habilités à rester dans le local lors du dépouillage, les membres du bureau et les représentants des candidats. Donc, quelqu’un qui reste dans un bureau plusieurs heures pour éventuellement vérifier la manière dont votent les gens, cela n’est pas autorisé par la loi. Cet élément-là me paraît certes intéressant pour des mathématiciens ou des chercheurs qui tenteraient de casser l’idée que les machines sont inviolables. Je ne le pense pas, il faut toutes les conditions pour qu’elles ne soient pas susceptibles d’être violées. Et les conditions sont réunies à Brest, dans la mesure où elles sont protégées et que les conditions de mises en œuvre sont assurées par le service Élections depuis 2004 et de manière satisfaisante.

Ceci étant, je comprends bien mes collègues de Grenoble ou d’Amiens qui voient sans doute arriver sur leur pupitre une délibération leur demandant d’acheter des machines à voter.
Je rappellerai que, pour Brest, on s’est intéressé aux machines en 1985. Le service des élections travaille sur le sujet depuis cette date et cette évolution et cet achat en 2004 n’est pas le fait du hasard.

Je crois que ça a été travaillé et analysé. Ce n’est sans doute pas la panacée, mais je peux constater aussi –m’intéressant aux élections depuis de nombreuses années- que le vote démocratique sur support papier est de plus en plus un problème. Maxime l’a indiqué. De plus en plus, on a du mal à avoir des assesseurs, des présidents ça va encore, mais ça commence à être difficile. Des membres de bureau, au premier tour en général, il n’y a pas de problème. Au deuxième tour, ça devient plus problématique. Et je rappellerai qu’aux dernières élections, de nombreux bureaux n’auraient pas dû être ouverts –même avec des machines à voter- car il n’y avait pas les quatre membres du bureau –y compris le président- requis à 8 heures.

On me dit : « On peut demander à la personne qui arrive pour voter de prendre la place de quelqu’un ». La personne en question ne revient pas deux fois. Elle attendra plutôt 18 heures pour venir voter que de venir à 8 heures et se faire piéger pour rester quelques heures.

Donc, le problème existe et il existe encore plus lors du dépouillement. Parce que, de plus en plus, ce sont les membres du bureau qui dépouillent. Les citoyens sont certainement plus intéressés par ce qui se passe à 20 heures que de venir dépouiller dans les bureaux de vote.

Toutes ces conditions font que, la machine à voter –avec un certain nombre de précautions- est un élément utile pour la démocratie dans notre pays.

- voir : « Machines à voter : pour les élus Communistes, il s’agit avant tout d’un débat politique et non pas technique »->l’intervention de Maxime Paul

- voir : « Machines à voter, pour les élus Autre Gauche BNC, il ne faut pas jeter le doute sur les modalités actuelles du vote à Brest »-> l’intervention de Patrick Appéré, pour le groupe des élus Autre Gauche-BNC

Posté le 22 février 2007
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Nouveau commentaire
  • Mars 2007
    01:34

    Pétition pour le maintien du vote papier

    par Chris Perrot
    Une pétition nationale est désormais dismponible sur le site internet Ordinateurs-de-vote.org (ex Recul-democratique.org)
  • Février 2007
    00:03

    Pour les élus socialistes de Brest, la machine à voter est un élément utile pour la démocratie dans notre pays

    par Jop Zoetemelk, cycliste
    Précisons que les élus communistes brestois restent infailliblement solidaires du Parti socialiste, en incompatibilité avec les consignes éthiques de leur propre parti. Sur ce sujet... comme sur d’autres !
  • Février 2007
    18:41

    Une règle de trois pour le vote en électronique

    par Chris Perrot

    Plus qu’une règle de trois, Roberto Di Cosmo, professeur d’informatique à l’université de Paris VII propose "un test élémentaire à la portée de tous, qui permette à chacun d’entre nous de vérifier par lui même si oui ou non, peut considérer acceptable un mécanisme de vote."

    lire l’intégralité de son article ...

  • Février 2007
    17:54

    Sûres les machines à voter NEDAP ?

    par Chris Perrot

    Après François Cuillandre, Alain Masson adhère à méthode Coué pour s’auto convaincre de la pseudo fiabilité des machines NEDAP.

    Quand nos élu-e-s préférent le marketing mensonger des marchands du temple au souci des exigences de notre démocratie. Que les électeurs ne puissent plus contrôler les scrutins ne semble pas être la priorité des élu-e-s brestois dans leurs majorités.

    Voir en ligne : Des ordinateurs de vote fraudablent en deux minutes...