OGM – Comprendre
Article publié par les verts 44 et repris de leur site
Informer
Tout d’abord, il faut distinguer les OGM conservés en milieu confiné pour les besoins de la médecine ou de la recherche scientifique et les OGM cultivés dans nos champs et présents dans nos assiettes (via les filières d’élevage notamment). GreenPeace, Les Faucheurs Volontaires, Les Verts, La Confédération Paysanne entre autres font clairement cette distinction ; ils ne remettent pas en cause les OGM créés et cultivés en laboratoire, mais les OGM qui envahissent nos campagnes et nos aliments.
Pour saisir la profondeur du sujet, je vous invite vivement à lire l’article du magazine "Le grand soir" et à visionner le DVD "OGM ?" , qui contient une conférence de Christian Vélot, enseignant-chercheur en génétique moléculaire à Paris-Sud XI. Celui ou celle qui n’a pas vu ce documentaire scientifique très pédagogique peut débattre longtemps des OGM sans rien y comprendre. Les mécanismes de création des OGM y sont décrits de manière didactique et permettent véritablement de prendre conscience de l’état d’avancement des connaissances. Je ne peux que vous recommander de voir ce film qui a permis à beaucoup de gens de sortir de l’ignorance sur ce sujet extrêmement intéressant et préoccupant.
Alerter
En raison du déni de démocratie qui occupe le devant de la scène médiatique (75 % des français sont contre les OGM alimentaires et pourtant leurs représentants élus s’apprêtent à adopter une loi pro-OGM, cf. l’article du monde diplo ), les vrais dangers sont occultés.
Les OGM en pleine nature, c’est :
- Disséminer de manière irréversible et incontrôlable plantes et animaux aux caractéristiques non maîtrisées (transmission non voulue de gènes, propriétés conférant des pouvoirs à certains OGM qui modifient les chaînes alimentaires et de prédation, conséquence sur la reproduction, dégénérescence… cf. http://www.infogm.org/spip.php ?article2735) ;
- Contaminer des cultures de terroir (AOC), conventionnelles, biologiques en faisant croire qu’il suffit d’un espacement de quelques mètres avec des champs d’OGM pour les protéger alors que l’on sait pertinemment que les pollens sont portés par le vent et les insectes sur des dizaines de kilomètres (au moins 35 km, cf. Le Monde du 13 mai 2008) et que l’on sait également que la transmission horizontale est possible (c’est-à-dire le fait que certaines plantes non-OGM comme la ravenelle ou la moutarde sont infestées par des gènes issus de plantes OGM) ;
- Accepter le brevetage du vivant par les industriels en biotechnologie (Monsanto, Syngenta, Novartis…) qui rachètent des semenciers dans le monde entier pour s’accaparer les graines, mettre le couteau sous la gorge des paysans, affamer les peuples en favorisant des cultures formatées pour l’Occident au détriment de cultures vivrières diversifiées (remarque : il faudrait être naïf pour ne pas voir les ambitions cupides des multinationales des biotechnologies au regard de leur histoire passée et des enjeux financiers) ;
- Nuire à la biodiversité par l’expansion des mono-cultures et du clonage alors même que l’association française Kokopelli, qui s’attelle à sauver plus de 2000 variétés de plantes, est attaquée par les producteurs de semences captives ;
- Jouer aux apprentis sorciers en franchissant la barrière des espèces sans aucun contrôle (gène de scorpion dans le peuplier, de poisson dans la fraise, d’araignée dans la chèvre… cf. L’écologiste n°25, et plus récemment embryon humain fluorescent cf. Le Monde du 13 mai 2008). Pour illustrer les problèmes causés par la culture de plantes OGM, GreenPeace a collecté des témoignages de paysans très instructifs.
Démentir
Stop aux arguments mensongers sur les soi-disant gains apportés par les OGM :
- Non, les OGM ne suppriment pas les pesticides : soit c’est la plante elle-même qui contient un insecticide (maïs BT par exemple), soit elle est au contraire rendue résistante aux pesticides (maïs RoundupReady) ce qui permet d’en épandre sans vergogne. Bien entendu, ces pesticides se retrouvent dans un cas comme dans l’autre dans les aliments et dans les champs.
- Non, les OGM ne sont pas plus productifs, au contraire, de récentes études américaines montrent une diminution allant jusqu’à 10 % de productivité. De toute façon, les OGM n’ont nullement pour objectif de lutter contre la faim dans le monde, d’ailleurs, ils se développent dans de nombreux pays et la crise alimentaire (qui ne leur est pas forcément imputable pour le moment) ne cesse de croître et ce n’est pas fini malheureusement.
• Non, les OGM ne répondent pas aux problématiques environnementales : on n’a pas besoin de fruits, de légumes, d’animaux calibrés, résistants au transport ou destinés aux biocarburants… Aujourd’hui, il est primordial de relocaliser l’économie et en particulier l’agriculture, de revenir à une société plus raisonnable, moins consommatrice en ressources matérielles limitées et plus respectueuse des écosystèmes (êtres humains inclus). Comment peut-on accepter de cloner des plantes ou des animaux et vouloir les vendre sur toute la surface du globe, et en même temps, faire semblant de s’inquiéter pour l’avenir des espèces sur notre planète avec la création du « coffre-fort de l’Apocalypse » pour stocker des échantillons de centaines de milliers de semences au coeur d’un glacial bunker de béton et d’acier, à plus d’une centaine de mètres dans le permafrost montagneux sur un archipel de l’Arctique avec le soutien de Bill Gates. Comment les occidentaux peuvent-ils en être rendus à un tel niveau d’absurdité ?
Analyser
Voici quelques pistes de réflexion :
- N’oublions pas un « petit détail » : beaucoup de nos agriculteurs sont devenus des techniciens spécialisés sur deux ou trois cultures (maïs, blé, colza…) ou un type d’élevage industriel (poulet, porc…), ils possèdent parfois des terres de plusieurs centaines d’hectares, ils pilotent des mastodontes souvent équipés du GPS, ils inondent les sols d’intrants polluants… et ils ne connaissent plus grand chose sur la diversité des pratiques agricoles, sur l’agronomie la plus élémentaire, sur la richesse des milieux végétal et animal. Ce constat est d’autant plus prégnant lorsque l’on côtoie des agriculteurs biologiques travaillant sur de petites exploitations. On comprend alors toute la connaissance de la nature qu’ils acquièrent dans leur métier et tous les savoir-faire qu’ils mettent en oeuvre. A titre d’exemple, pour se prémunir contre la pyrale ou le doryphore, il suffit de pratiquer la rotation des cultures sur plusieurs années ; évidemment, quand on ne cultive que du maïs sur des centaines d’hectares, ce n’est pas possible (remarque : il ne s’agit pas ici de jeter la pierre aux gros producteurs, qui se contentent de suivre les politiques agricoles menées à coups de subventions).
- Autre « petit détail » : aucune compagnie d’assurance ne veut prendre en charge les risques encourus par la dissémination des OGM ! Serait-ce dû aux scandales sanitaires récents (amiante, farines animales, hormones de croissance…) ?
- Dernier « petit détail » : les personnes se battant contre l’invasion des OGM sont la plupart en dehors du circuit économique que génèrent ces OGM ; ce sont des citoyennes et citoyens comme vous et moi. A contrario, les pro-OGM (UMP, FNSEA, semenciers, industriels des biotechnologies…) sont parties prenantes dans les marchés colossaux et juteux créés autour des OGM. L’intérêt général est sacrifié sur l’autel des intérêts financiers privés.
Espérer
Il est urgent de se poser des questions sur le sens de la vie, sur nos modes de production, sur le monde que nous construisons et dont hériteront nos enfants. L’homme n’est pas omnipotent et ne contrôle pas l’écosystème dans lequel il évolue, il est dedans, il en est un maillon. La nature ne négocie pas.
Gwendal REVAULT
MEDITATION DE LA FRSEA SUR LES OGM SIDERANT !
Peut-être intéressant à refiler à la presse pour obliger les agriculteurs FNSEA et leurs représentants du syndicat "majoritaire" à prendre position plus "franchement" ?
L’EDITO : MEDITATION signé Paul Jégat - rédacteur en chef du du journal de la FRSEA, des Jeunes Agriclteurs et Chambres d’agriculture de Bretagne... « Ainsi donc le projet de loi OGM a été finalement adopté la semaine passée, sans surprise, et sans débat, par la commission mixte parlementaire. Passons sur les subtilités de procédure qui auront permis le rattrapage du texte par une majorité étrangement démobilisée au moment des délibérations de l’assemblée, passons encore sur la succession d’affirmations contradictoires et de volte-face qui a accompagné la procédure depuis les débats du Grenelle jusqu’au non-débat final, cette affaire là aura au moins une conséquence sur laquelle la profession agricole aurait raison de méditer (mais le fera-t-elle ?), c’est l’incompréhension que cette loi ne manque pas de générer auprès des consommateurs. Tous les sondages d’opinion, toutes les enquêtes ont traduit le même rejet des OGM par le consommateur. Mais le projet de loi, contesté comme peu de textes l’ont été, est devenu loi sans vote, passée comme une lettre à la poste, une fin en beauté au prétexte que les Français auraient été manipulés par les médias et par les écolos. Les semenciers quant à eux se réjouiront, comme les importateurs de céréales et autres végétaux OGM, à qui cette loi profitera en premier lieu puisq’elle justifiera qu’on puisse aussi introduire en masse et à moins cher des produits ici autorisés à la culture. Bref, cette loi OGM qui ne dit pas si les OGM sont bons ou mauvais n’est pas la loi de protection qu’elle prétendait être, elle ressemble surtout à un juteux contrat commercial que se seraient écrits firmes céréalières, semencières et phytopharmaceutiques ».
Début de la convergence des luttes ? Ou méditation de jeunes agriculteurs moins cernés par les banquiers céréaliers du CA


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