TGV Ouest : plus vite pour qui ?
30 mai 2008. "Union sacrée autour du rail" écrivait un journaliste présent à la signature en grandes pompes de l’engagement de la région pour 1,1 milliard dans le programme "Bretagne à Grande Vitesse".
Plus question ni de droite ni de gauche, oubliées les querelles et les surenchères, chacun y va de sa tirade enthousiaste. Qui oserait encore critiquer ?
Et bien osons.
Petit rappel des chapitres précédents
Je me souviens de ce débat aux élections régionales de 1998 entre les représentants de toutes les listes. Un seul mot d’ordre :
la priorité est un TGV en site propre entre Brest et Rennes !
Seul le candidat Vert que j’étais alors faisait remarquer qu’un simple coup d’œil sur une carte montrait clairement qu’il faudrait dans ce cas raser toutes les zones industrielles du Nord Finistère et traverser les derniers espaces protégés .
Peine perdue, on ne s’embarrasse pas de ces détails pendant une campagne électorale et personne ne voulait entendre parler de ce "train pendulaire" utilisant les voies actuelles que les Verts proposaient alors.
Aux régionales 2004 l’état d’esprit avait évolué et l’idée du train pendulaire avait fait son chemin. Il était à présent dans presque tous les programmes avec une priorité :
avant de rapprocher encore Rennes de Paris, il fallait rapprocher Brest de Rennes.
Ne pas oublier en effet que les élections régionales se font sur des listes départementales. Du coup : Union Sacrée des Finistériens contre les Rennais !
Et puis tout le monde en convenait : la première des priorités finistériennes était la liaison Brest-Quimper !
Union sacrée autour des promesses oubliées
Donc en ce mois de mai 2008, miracle : toute la Bretagne politique, de Rennes jusqu’à Brest ou Quimper, est réunie autour du TGV.

Regardons donc de plus près.
Première annonce : fini le train pendulaire. Trop cher ! En échange on aménagera certains secteurs pour pouvoir dépasser les 120 km/h (mais sans dépasser 220km/h), on relèvera certaines courbes, on supprimera 102 passages à niveau (il est temps !), on aménagera certaines traversées de gare et tout cela pour gagner... 1/4 d’heure entre Rennes et Brest !
D’ailleurs il n’est qu’à regarder le budget régional de l’opération : 896 millions pour la liaison Le Mans-Rennes contre 214,4 millions pour Rennes-Brest et Rennes-Quimper confondus !
Que font nos élus Finistériens ? Ils protestent ? Ils s’insurgent ? Ils se révoltent ? Ils appellent à la mobilisation générale ?
Non : ils signent !

Rennes banlieue de Paris
Par contre côté Rennais on a le triomphe discret. On était à deux heures de Montparnasse, on en sera à 1h24 ! Mieux que beaucoup de "parisiens" habitant en banlieue.
Et Rennes va encore drainer un peu plus l’essentiel de l’activité bretonne ! Est-il si important d’investir des milliards pour gagner cette 1/2 heure ? Les Rennais ont la chance d’être à deux heures de Paris, ne peuvent-ils s’en contenter ?
Mais où sont-ils ces élus de l’Ouest qui se gargarisaient avec l’aménagement harmonieux du territoire breton et s’engageaient à défendre leur département contre tout centralisme rennais !
Propos démagogiques que nous n’avons jamais tenus : Rennes est une merveilleuse ville universitaire et culturelle qui mérite d’être un pôle régional. Encore faut-il que ses élus ainsi que les élus régionaux comprennent la responsabilité qu’ils prennent en choisissant de lier son sort à Paris plutôt qu’à l’ensemble du territoire breton.
Il y a mieux à faire avec ces trois milliards !
Aménager et développer les lignes internes à la Bretagne, voilà la priorité. La liaison Brest-Quimper est un vrai scandale. Il faut également développer la fréquence des liaisons TER, réactiver les petites gares délaissées, adapter les rames à la bicyclette afin que le rail devienne le moyen de transport le plus quotidien pour les courts trajets.
Et tant de choses encore. A chacun d’imaginer comment, avec trois milliards, on peut mieux vivre les déplacements en Bretagne.
Et si jamais vous rencontrez vos élus régionaux, peut-être pourriez vous leur en toucher un mot.
Et la protection des terres agricoles ?
2089 hectares seront nécessaires à la construction de la LGV dont 1884 sont déjà acquis. Que disent les organisations agricoles si promptes à dénoncer la disparition des terres agricoles ? Il semble que là aussi le silence soit la règle. image haut menu
Site: Dommage qu’on ne puisse pas monter dans le Transilien capturé sur cette photo pour rejoindre la banlieue parisienne sans changements !


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Brest en Bretagne
