Le collège Saint Pol Roux à Brest veut vivre !
interview de Jacques Tafforeau, président du conseil local des parents d’élèves Saint Pol Roux, animateur du collectif "Saint Pol vivra"
L’annonce dans la presse de la fermeure possible du collège Saint Pol Roux à Brest, à la rentrée prochaine 2004/2005, a souleve une forte réprobation de la population de la rive droite toute entière.
La mobilisation menée par le "Collectif saint Pol vivra" est belle et exemplaire : des milliers de signatures ont été recueillies, un défilé a réuni plus de 600 personnes, des soutiens politiques ou syndicaux se sont multipliés.
Elle est déjà payante, car l’éducation nationale a annoncé que le projet de fermeture n’était plus à l’ordre du jur pour la rentrée prochaine mais parents et enseignats restent méfiants et veulent des engagements plus précis et sur du plus long terme.
La mobilisation continue donc à Saint Pol Roux ; le collectif appelle à participer à la manifestation départementale du 24 janvier à Brest, pour protester contre la suppression annoncée d’une quarantaine de postes d’enseignants dans le Finistère à la rentrée prochaine.

Jacques, tu es président du conseil local des parents d’élèves du collège St Pol Roux, tu es membre du collectif de« Saint Pol Roux vivra » qui a mobilisé fortement les parents et la population de la rive droite de Brest les dernières semaines , est-ce que tu peux nous rappeler l’objet de cette mobilisation ?
Il faut revenir à la première semaine de décembre en fait, je crois que c’était le lundi 8 décembre, on a appris par la presse le projet de l’inspection d’académie d’opérer une fermeture progressive de notre collège.
Nous tous, partenaires acteurs du collège nous avons ressenti un énorme choc. Nous avons profité du débat national sur l’école qu’il y avait le 12 décembre 2003, donc le vendredi de cette semaine-là pour transformer ce débat national sur l’école en débat surl’avenir d’une structure comme la nôtre ( 240 élèves un établissement à taille humaine, de proximité, à forte mixité sociale)
Les parents mais aussi certains professionnels , et professeurs ont décidé de boycotter ce débat national (avec des questions plus ou moins tronquées car déjà listées et des réponses quasiment orientées).
A la place, on a créé des ateliers , ateliers argumentaires, ateliers actions , un bon travail qui en fait a été mis tout de suite dans le concret le soir même ; le vrai détonateur a vraiment été cette fameuse journée du 12 décembre
C’est aussi ce jour là où nous avons fait venir Pierre Maille président du conseil Général dans la salle mais aussi membre du conseil d’administration du collège. Il y avait 200 personnes, la presse était là également Pierre Maille nous a alors effectivement donné l’assurance que lui aussi apprenait ce projet de l’inspection d’Académie. Ce qui a rassuré les participants c’est de voir que dès le soir même, il prenait fait et cause pour le maintien de la structure
Ce qui nous a beaucoup choqué aussi c’est de voir que nous , administrateurs du collège y compris le président du Conseil Général c’est que cette fermeture ne prenait absolument pas en compte tous les travaux effectués récemment dans le collège : par exemple l’été dernier des travaux ont eu lieu, la salle de technologie a été refaite à neuf ; nous avons une dotation en matériel informatique de 15 ordinateurs qui vont arriver, la chaudière a été remplacée, les huisseries également, le standard est neuf, donc on ne comprend vraiment pas cette annonce ;
Nous avons poursuivi par une série d’actions dans la semaine suivante
On peut dire que c’est quand même tout un quartier qui s’est mobilisé dans ce secteur de la ville, il y a eu des pétitions, il y a eu un peu partout chez les commerçants des réactions, ça débordait largement le cadre du collège en fait ?
Tout à fait on s’est rendu compte effectivement du fort attachement qu’a la population de la Rive droite on va dire pour ce collège de quartier. C’est vrai que c’est un établissement qui travaille beaucoup en réseau , c’est une structure qui est implantée dans la quartier qui travaille notamment avec la MPT de Saint-Pierre, avec l’aide aux devoirs au groupe scolaire de Kerargouyat,
Nous avons 3 écoles primaires également, Paul Eluard, Prévert, Kerargouyat qui sont notre vivier et alors que les prévisions données par Madame Le Bris, la principale, étaient plutôt à la hausse par rapport à l’effectif de cette année pour les sixièmes, cette décision était incompréhensible
Parce qu’on continue encore à construire dans ce secteur à Saint Pierre ? Voilà un des éléments essentiels qui fait qu’on ne peut pas fermer ce collège , c’est que l’urbanisation future est importante. En janvier 2004 , 50 logements OPAC qui ont été livrés à proximité dans le complexe de la Résistance à 250 m de l’établissement . Le Plan Local d’Urbanisme est actuellement en cours de révision, il va faire changer de zonage un certain nombre de parcelles allant du collège vers Ste Anne du Porzic. Toute cette bande maritime va bénéficier de lotissements, donc c’est vrai que les projections futures en matière d’urbanisation plaident vraiment en notre faveur
Alors est-ce qu’on peut dire aujourd’hui que cette mobilisation, cette belle mobilisation, forte mobilisation a gagné ? Est-ce que vous avez gagné sur tous les plans ?
Cette mobilisation s’est manifestée aussi par des pétitions. Aujourd’hui nous en sommes à 2 000 signatures, çela montre l’attachement de la population à ce collège.
Nous avons a beaucoup distribué, des tracts nous avons procédé plusieurs jours, notamment le samedi, dans le centre commercial à proximité, également sur les marchés
Nous avons créé un site Internet qui a été beaucoup consulté, sur lequel les gens ont pu échanger.
Le point d’orgue de notre mobilisation a été la marche très réussie du vendredi 19 décembre qui a démontré notre forte capacité à mobiliser.
Lors de cette marche aux lampions on s’est retrouvé du collège jusqu’au pont de Recouvrance on peut dire 600 personnes, on peut dire de toutes générations, puisque ça allait de l’enfant de primaire jusqu’au grand-père qui a eu ses enfants au collège Saint-Pol Roux. C’est vrai que nous avons mobilisé beaucoup, nous avons gagné une bataille.
Mais vous restez très vigilants parce que les annonces de suppression de postes dans le département sont inquiétantes ?
Les annonces de suppression de postes dans le département effectivement se chiffrent à 41 postes supprimés sur le Finistère.
Il y a également une chose, c’est que au printemps, l’inspection d’Académie va retravailler la carte scolaire, nous on souhaite effectivement qu’une carte scolaire soit instaurée, mais qu’elle intègre nos critères de mixité sociale, de proximité, et d’établissement à taille humaine dans lequel on puisse dispenser un enseignement de qualité pour des enfants qui vraiment n’ont pas forcément , à la maison, des conditions idéales.
Il ne faut pas oublier que notre quartier a les critères d’une ZEP, on ne peut pas fermer un telcollège de proximité.
Nous restons mobilisés parce que ces suppressions de postes vont se faire qu’il va falloir avoir peut-être moins de moyens humains dans notre établissement et ça on n’est pas d’accord.
Donc vous restez plus que jamais mobilisés ?
Après la marche du 12 nous avons samedi dernier participé également à un rassemblement place de la Liberté, avec l’intersyndicale du personnel enseignant , samedi prochain nous allons donc chez Marguerite Lamour, à Ploudalmézeau, lui remettre les 2 000 signatures recueillies.
On vous a accordé toute une série de soutiens, aussi bien sur le plan syndical que sur le plan politique ?
Oui et là quelque part c’est aussi un fait marquant , c’est vrai que notre collectif fédère des tas de personnes , des prents d’lèves FCPE, mais aussi des parents indépendants, il y a aussi des professeurs, du personnel ATOS, il y a toutes les équipes pédagogiques des trois écoles primaires et maternelles du secteur, notre vivier d’enfants pour les années futures.
Au-delà de tous les clivages nous avons donc réuni un consensus politique et syndical très large sur notre action ,
Dans les soutiens politiques mais il y a eu tous les élus communistes, verts, Jacques Quillien, le maire-adjoint de saint Pierre qui dans son courrier au recteur, a beaucoup insisté sur le développement urbanistique futur.


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